Semaine du 9 juin : La Bataille de Toulouse, le 9 juin...

Semaine du 9 juin : La Bataille de Toulouse, le 9 juin 721

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Eudes d'Aquitaine 9 juin 721
Illustration de la bataille du 9 juin 721.

On y est ! Jeudi 9 juin 2016, soit 1295 ans après, Infos Toulouse est le seul média a vous relater la bataille décisive qui se déroula sur le plateau, lieu actuel Ramonville St Agne, qui permit à l’Aquitaine de rester elle même, la Gaule intacte et l’Europe telle qu’elle.

On en parle très peu dans les médias, encore moins dans les livres d’histoire, et pourtant la bataille de Toulouse du 9 juin 721 a été un revers décisif pour les Sarrasins qui projettaient de conquérir l’Europe.

En 717, les événements de la péninsule Ibérique (envoyer vers article 1) arrivaient aux oreilles du Duc d’Aquitaine, Eudes. Celui-ci prit immédiatement la menace au sérieux et envoya ses messagers alerter la noblesse locale du danger potentiel ; aussi, convaincu que l’envahisseur traverserait les Pyrénées, il ordonna à tous les forgerons du royaume de fabriquer autant d’armes et d’armures que possible afin de se préparer à une éventuelle guerre. Bien lui en pris car en effet les Maures, après des centaines de razzias, attaquaient Perpignan, Narbonne et Nîmes… Une fois ces villes tombées, Toulouse demeurait le dernier rempart contre l’invasion de l’Aquitaine et, au delà, du royaume franc. C’est en novembre 720 que près de 5.000 musulmans, l’Émir Al-Samh ibn Malik à leur tête, se tinrent devant Toulouse ceinte de remparts de plus de huit coudées (4m environ) renforcés par vingt-cinq tours.

Les fortifications restant imprenables, l’émir ordonna la construction de tours, béliers et autres machines de siège plus performantes que les simples échelles utilisées jusque-là. Eudes, de son côté, était parti à travers son royaume afin de rassembler la plus importante armée de son histoire. Il laissait 2.000 soldats pour défendre la ville.

Le 9 juin 721 Eudes revint enfin, à la tête d’une armée égalant en nombre celle de son ennemi. La stratégie était simple : envoyer une charge de 2.000 hommes afin d’attirer les Sarrasins sur le plateau (actuellement Ramonville Saint-Agne) pour ensuite les prendre en tenailles avec le reste de son armée, y compris les troupes qui demeuraient pour l’instant à l’intérieur des fortifications. « Sur mon honneur, je vous le dis, jamais on ne parlera l’arabe ici ! » C’est sur ces mots que le Duc ordonna la charge. Son plan fonctionna à merveille et il fallut moins d’une journée pour mettre les Sarrasins en déroute. Ces derniers, anéantis en voyant tomber l’Émir de Cordoue, durent se replier sur Narbonne tout en étant poursuivis et massacrés par Eudes et ses troupes. On estime les pertes à environ 4.000 morts côté Sarrasin contre un peu plus de 1.000 parmi les Toulousains.

La route qui reliait Toulouse à Narbonne fut par la suite baptisée « La Chaussée des Martyrs » tant le carnage fut important. Il faut savoir que la débâcle des Musulmans fut si effroyable, leurs pertes si nombreuses pour l’époque et les conséquences si désastreuses pour l’Islam que pendant presque 400 ans cette défaite a fait l’objet d’une commémoration dans tout le monde islamique de Cordoue à Damas. Les Toulousains portèrent en ce 9 juin un coup mortel à l’invasion musulmane de la « Gaule ».

Ci-dessous, la complainte arabe sur la bataille de Toulouse :

« Longue est la plainte des arabes car leur cœur est bien lourd. Les Francs chantent leur petite victoire à Poitiers, mais nous, nous pleurons notre immense défaite devant Toulouse. Et nous implorons Allah d’accueillir au paradis, nos morts restés sur la chaussée des martyrs. » Ibn Hayyan ben Abou Djebbala (fakys du khalife Omar au VIIIe siècle) Cité par l’historien El Maqqari El Tlemcani (1591-1632)