Nazislamisme, les propos de Jean-Luc Moudenc émeuvent la communauté musulmane.

Nazislamisme, les propos de Jean-Luc Moudenc émeuvent la communauté musulmane.

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Lors de la cérémonie célébrant le 72éme anniversaire de la libération de Toulouse le 19 aout dernier, le maire de Toulouse s’est fendu d’un long discours au cours duquel il a osé comparer nazisme et islamisme utilisant pour cela le terme « nazislamisme » emprunté à Albert Chennouf, père d’un des soldats assassinés par Mohamed Mehra, et rappelant aussi que c’est l’ouvrage « Mein Kampf » qui servit de référence à l’idéologie national-socialiste :

 « Le terrorisme et la barbarie nous ont frappés et nous frappent encore… Notre premier devoir est de nommer le mal. Ceux qui préfèrent édulcorer la réalité se contentent de parler de « terrorisme » et de « barbarie », évitant soigneusement de désigner l’idéologie qui les inspire. C’est comme si, derrière Vichy, on avait ignoré qu’il y avait « Mein Kampf »… Ce mal c’est le « nazislamisme » … »

Il n’en pas fallu beaucoup plus pour émouvoir une partie de la communauté musulmane, ces derniers accusant Jean-Luc Moudenc de comparer l’ouvrage d’Adolf Hitler avec le Coran déclenchant ainsi depuis quelques jours une polémique ridicule.

Dans son discours, le maire invite aussi le gouvernement à prendre des mesures fortes et à continuer son action :

« La République doit se défendre et prendre des mesures exceptionnelles… Peut-on vaincre les ennemis de la République par les armes ordinaires de la Républiques ? Ou faut-il mettre entre parenthèse, quelque temps, certains de nos principes pour saluer des valeurs que véhiculent ces mêmes principes ?… Déjà le Gouvernement a pris d’utiles dispositions et le parlement à renforcer notre arsenal juridique »

Des paroles fortes et courageuses dans un contexte difficile et dans une ville ou la présence de nombreux « terroristes » potentielles peuvent légitiment inquiéter la population.

Mais cela n’est pas du goût de Nagib Azergui, fondateur du parti de l’Union des Démocrates Musulmans, qui dans un courrier en date du 14 septembre dernier et adressé au premier magistrat et consultable sur le site Oumma.com lui reproche ses paroles n’hésitant à faire un rapprochement plus que douteux avec les années sombres du gouvernement de Vichy, osant même comparer le sort des musulmans sur notre territoire avec celle des juifs pendant cette période. Ainsi ce dernier déclare :

« Nous avons vécu des mois où le Droit a été bafoué, où les perquisitions ont été orchestrées chez tous ceux s’apparentant de près ou de loin au « musulman », en plein Etat d’urgence. Des heures de débats stériles ont eu lieu sur la déchéance de la nationalité envers les binationaux, comme au temps de Vichy, et cela ne doit certainement pas être salué, ni pris en exemple ».

Nagib Azergui n’hésite pas non plus à accuser Jean-Luc Moudenc d’avoir la mémoire sélective. En effet, le maire de Toulouse n’a pas rendu hommage et rappelé le rôle « crucial » des combattants « indigènes » de l’armée d’Afrique lors des combats de la Libération :

«  Permettez-moi, ici, de vous dire que votre mémoire est sélective et vous n’êtes pas sans savoir qu’il n’est pas sain de réformer le passé. En effet, vous n’avez pas eu un mot, pas eu une pensée, pas eu un hommage envers les combattants issus de ce que l’on nomme l’armée d’Afrique constituée d’« Indigènes », parce que de confession musulmane. Ces soldats musulmans ont donné leur vie sur les champs de bataille européens pour défendre un pays qui n’était pas le leur et pour combattre le Nazisme »

Enfin le patron de l’UDMF invite dans sa lettre à «  faire appel à notre mémoire pleine et entière et à effectuer un travail sur les consciences au nom de valeurs communes, car avant tout humanistes, mais surtout universelles ».

Rappelons tout de même que dans son programme politique et économique, l’UDMF propose pour relancer une croissance exsangue de jouer la carte de la finance islamique, fondée sur les principes de la sharia, la loi islamique (interdiction de l’usure et de la spéculation, partage des profits et des pertes…) ainsi que de donner un sérieux coup d’accélérateur au développement de la filière « halal ». Avec la promesse, selon eux, de voir fleurir de nombreuses embauches en France. Tout un programme.