Hommage national rendu aux harkis hier, il était temps !

Hommage national rendu aux harkis hier, il était temps !

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Arnault Ménatory revient sur l’hommage fait aux harkis ce 25 septembre pour Terra Nostra :

Aujourd’hui, le président Hollande a déclaré reconnaître « la responsabilité des gouvernements français dans l’abandon des harkis ». Il était en effet grand temps que la République reconnaisse qu’elle avait lâchement abandonné ceux qui s’étaient battus pour elle, croyant en la parole donnée qu’on ne les lâcherait pas.

Cette reconnaissance, animée par une volonté électoraliste, ne doit pas faire oublier que le 19 mars dernier, François Hollande célébrait les accords d’Evian signés en 1962 avec les terroristes du FLN, ceux-là mêmes qui égorgèrent les harkis.
Si la reconnaissance par la République de sa responsabilité dans ce massacre de masse est importante, qu’en est-il des oubliés de la guerre d’Indochine ? Ceux qui, fidèles à la France, furent ignoblement lâchés en pâture à la vengeance des communistes ne méritent-ils pas que François Hollande s’émeuve de la sort ? A moins que ce ne soit leur moindre poids électoral qui empêche un tel élan de générosité de la part de celui qui ne s’exprime pas non plus sur le massacre des pieds noirs d’Oran. Massacre perpétré le 5 juillet 1962 par ce même FLN avec lequel la République a signé les accords d’Evian, célébrés en grande pompe il y a six mois.
Dans de telles circonstances, comment croire en la sincérité de la contrition de François Hollande ? Sans relever l’absence, dans son discours, du million de pieds noirs qui durent faire le choix entre « la valise et le cercueil », nous pouvons nous demander si cette reconnaissance est bien sincère, ou si elle est une tentative de faire oublier la trahison dans laquelle le président s’est vautré en célébrant les accords du 19 mars 1962. En ce qui nous concerne, nous ne retiendrons que l’électoralisme désespéré – et désespérant- d’un président aux abois.
Cependant nous tenons à rendre hommage aux harkis morts pour la France, morts pour avoir cru en la parole donnée. Et plus largement, nous voulons redire notre admiration et notre gratitude à tous ceux qui ont combattu – et qui combattent- pour la France.

Arnaud Ménatory