Entretien exceptionnel avec Alexandre Mendel : Toulouse djihadiste !

Entretien exceptionnel avec Alexandre Mendel : Toulouse djihadiste !

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Invité ce jeudi 20 octobre par le Cercle des Capitouls, Alexandre Mendel, auteur de la France Djihadiste, a répondu aux questions d’Infos Toulouse.

Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs, ainsi que votre dernier ouvrage : La France Djihadiste ?

Je suis journaliste depuis une quinzaine d’années. J’ai longtemps travaillé dans des titres de la presse quotidienne régionale avant de devenir collaborateur régulier à l’hebdomadaire Valeurs actuelles. C’est d’ailleurs pour ce dernier titre que je me suis intéressé à la vingtaine de djihadistes, originaires de Lunel, cette petite ville de 25000 habitants, située entre Montpellier et Nîmes, et partis en Syrie et en Irak.

C’est en partant du constat que d’autres territoires, tel que celui de Lunel, avaient été arrachés à la République que j’ai voulu écrire ce livre. Je suis donc allé sur leur terrain, celui qu’ils avaient quitté pour le djihad, ou qu’ils s’apprêtaient à quitter. Je parle de ces jeunes qui placent la charia avant la loi de la République, qui donnent tout pour l’islam et rien à la France. Cette enquête m’a effaré. C’était pire que ce que j’imaginais. Et pourtant, nous ne sommes qu’au début de cette guerre.

Pourquoi ce tour de France des Molenbeek ?

Le public a assez peu d’estime pour les journalistes – et je dois le dire, il a le plus souvent tort : beaucoup travaillent énormément pour décrire la réalité avec la plus grande fidélité possible. J’ai voulu faire une enquête de terrain, c’est-à-dire où l’on prend le temps de vérifier ses informations, d’interroger les gens (y compris les islamistes… j’ai envie de dire surtout les islamistes), et de prendre des risques.

J’ai dû visiter des dizaines de mosquées, être chassé presque manu militari de plusieurs d’entre elles, du nord au sud de la France.

Toute cette enquête n’avait qu’un seul but : montrer sans fard – mais sans espèce d’arrière-pensée idéologique – la réalité de la France. Aujourd’hui, en plus des habituelles no-go zones liées à la délinquance, vous avez une vingtaine de no-go zones tenues par l’islam le plus dangereux, celui qui hait l’Occident et qui non seulement mord la main de celui qui le nourrit mais veut, sans complexe, nous tuer.

Quelle réaction attendiez-vous de la part des lecteurs lors de la sortie de votre livre ?

C’est difficile de généraliser. Les réactions, je les ai surtout eues de la part des gens qui n’ont pas lu m’ont livre et m’ont classé, de fait, dans la catégorie des journalistes fascistes et réactionnaires, pour ne pas dire racistes ! J’ai aussi été classé comme « ultra sioniste » – il faut dire qu’une photo de moi en train de manger une glace à Tel-Aviv circule sur le net. Je ne veux être le penseur de personne ni être récupéré par qui que ce soit. Je ne suis pas islamologue. Je suis journaliste. Je rapporte des faits, tels qu’ils sont. Il se trouve que certains faits plaisent à l’extrême droite. D’autres passages de mon livre peuvent plaire à la gauche, notamment quand je décris le communautarisme fabriqué pendant dix ans par Sarkozy. J’espérais être classé dans « les inclassables ». Et de ce point de vue, c’est assez réussi : je reçois autant de messages d’insultes de la part des salafistes que de la part de militants du Front national. Pour les uns, j’ai sali leur religion, pour les autres, je suis coupable de ne pas adhérer à un parti.

 Je répète : mon travail n’est pas de plaire à telle ou telle portion de la population mais de décrire la France telle qu’elle est.

Et la France, du point de vue de sa résistance à l’islamisation, va très mal. C’est le moins qu’on puisse dire.

 

En septembre, M6 a diffusé un reportage qui a fait du bruit : Dossier Tabou. Cette émission ressemble en de nombreux points à votre enquête : quel a été votre ressenti à l’issue de la diffusion ?

Je ne saurais vous dire. Je n’ai pas de télévision. Et donc mon « ressenti », comme vous dites, est nul. J’imagine que la star de télé qu’est Bernard de la Villardière, accompagné dans les quartiers chauds de l’islamisme par toute une équipe de télévision, alors que moi, je m’y rendais seul, a dû passer pour un héros, à défaut de passer pour un journaliste, auprès des ménagères de plus de 50 ans, entre deux coupures pub. C’est très bien pour lui. Il pourra sans doute s’acheter une nouvelle voiture ou changer de villa.

Je suis toujours surpris, cela dit, de la méconnaissance des Français sur leur pays et sur la réalité de l’islam de France.

En règle générale, elle est bien pire que deux plans pris à la volée en caméra cachée… Ces quelques plans sont, pour le Français moyen, souvent le seul lien qu’ils font entre l’islamisme et le terrorisme. C’est malheureux à dire : il faut mieux un bouquin de 400 pages sur le sujet, qu’un « 90 minutes » avec musique et effets dramatiques intégrés.

 

Toulouse est souvent qualifié de plate-forme du Djihadisme…

Il y a eu des filières. Toutes ne sont pas démantelées. Hors de Paris, Toulouse partage avec Nice la triste réputation d’être l’une des bases arrière du salafisme le plus mortifère. Le terreau est favorable : le nombre de mosquées, dans des quartiers pourris où plus personne ne va, est impressionnant. Et puis, Toulouse a ses héros du djihadisme : la famille Merah, les frères Clain, les frères Chassin, etc.

S’il y avait des Oscars du djihadisme, c’est certain que la ville rose en obtiendrait quelques-uns.

Pas sûr que cela ravisse sa population. Mais en termes de décentralisation, le djihadisme a davantage de succès pratiques que les Lois Defferre.

Un dernier mot pour les Toulousains qui comptent se rendre à la conférence de jeudi prochain ?

Ce n’est pas parce que la guerre contre le djihadisme est perdue dans certains de vos quartiers, comme La Reynerie ou Bellefontaine, qu’il faut s’empêcher de penser. L’essentiel désormais est de contenir ce qui ne peut plus l’être.

Des territoires entiers de Toulouse sont passés sous contrôle islamiste : vous ne les récupérerez plus jamais.

Voyez le bon côté des choses : contenez les territoires qui sont encore régis par les lois de la République et non par la Charia !

 

mendel-flyers

Conférence organisée par le Cercle des Capitouls et animée par Alexia de Bermont

Jeudi 20 octobre 2016, 20 heures

Hôtel Clocher de Rodez, place Jeanne d’Arc, Toulouse.

Entrée : 3€

Vente et dédicace de la France Djihadiste sur place.

Informations et réservations : cercledescapitouls@gmx.fr