Rencontre avec Loïk Le Priol, fondateur de Babtou Solide Certifié

Rencontre avec Loïk Le Priol, fondateur de Babtou Solide Certifié

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Attablé à la terrasse du Capitole devant le spectacle que nous offrent les pompiers (http://infos-toulouse.fr/2016/11/15/pompiers-de-toulouse-inondent-capitole/), nous retrouvons Loïk Le Priol, fondateur de la célèbre marque Babtou Solide Certifié, boutique en ligne de t-shirts, pulls et autres sérigraphiés. Passant quelques jours à Toulouse, le Parisien a bien voulu nous accorder un entretien.

Infos Toulouse : Bonjour Loïk, pouvez-vous nous expliquer les raisons de votre venue à Toulouse ?

Loïk Le Priol : Je suis venu ici quelques jours avec des amis et partenaires pour des raisons professionnels. Je présente mon projet entrepreneurial afin d’aider les autres à atteindre une certaine liberté financière.

IT : Parlons un peu de votre marque. Quelle est son histoire ?

L.P : Partant du constat de la dévalorisation du babtou [terme d’origine africaine, toubab, aujourd’hui connu pour être donné aux Français de souche par une certaine catégorie de la population. ndlr], souvent associé à la fragilité, la soumission, notre but était de redonner de la fierté et réaffirmer la virilité en voie de disparition chez ces mêmes babtous. C’est une marque plus contestataire, en réaction aux insultes que certains vivent au quotidien que nous avons créé, partant d’un délire entre amis.

IT : Quels moyens matériels avez-vous mis en œuvre pour la fabrication de vos produits ?

L.P : Nous avons bien évidemment privilégié le Made in France. Après avoir étudié le marché, il nous était impossible d’avoir un produit 100% français. Quel serait l’intérêt de proposer un t-shirt à un prix non abordable pour un jeune babtou ? Nous avons fait au mieux pour favoriser le rapport qualité/prix. Nous avons donc choisi de procéder à la sérigraphie et la couture des liserés en France.

IT : C’est un succès à la fois commercial et médiatique, comment en êtes-vous arrivé à cette popularité ?

L.P : Je pense que beaucoup de personnes se sont retrouvées dans cette expression. Cela leur a donné un sentiment d’appartenance perdu et d’une insoumission retrouvée. Notre buzz a commencé le jour où David et Gaël ont accepté de nous recevoir et de poser avec le t-shirt [en janvier 2014, ces deux Calaisiens ont été agressés jusque dans leur jardin en marge d’une manifestation pro-migrant. ndlr]. Ensuite, nous avons rencontré le Général Piquemal, qui s’était distingué lors de manifestations anti-migrants à Calais où il a été arrêté. Puis Julien Rochedy, ancien directeur national du FNJ nous a fait le plaisir de poser pour nous. La Fédération Française de Béhourd nous a également invité aux championnats de France. Dans le même temps Marianne, Canal+ et d’autres médias mainstream ont consacré un article ou un reportage sur la marque, ils ont contribué à notre essor, malgré leur antipathie flagrante, alors qu’ils ont applaudis la sortie de la marque Noir & Fier en 2004. Et puis bien évidemment, il ne faut pas oublier les réseaux sociaux où plus de 8 000 personnes nous suivent désormais.

IT : Aujourd’hui vous entamez une reconversion, quel avenir pour la marque ?

L.P : Nous pensions que cela ne durerait qu’un temps, mais la demande continue d’affluer ! Et malgré l’innovation dans de nouvelles séries, c’est surtout les t-shirts et pulls originaux qui s’écoulent. De mon côté je lance un projet entrepreneurial participatif dans le domaine de la santé. Mon but est de travailler à mon compte pour faire grandir les autres, afin de sortir du salariat. J’ai une certaine fibre sociale.

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