Abdelfattah Rahhaoui, directeur de l’école Al-Badr comparaissait aujourd’hui au tribunal correctionnel de...

Abdelfattah Rahhaoui, directeur de l’école Al-Badr comparaissait aujourd’hui au tribunal correctionnel de Toulouse

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L’imam Abdelfattah Rahhaoui, directeur de l’école islamique Al-Badr, située dans le quartier Bellefontaine comparaissait aujourd’hui au tribunal correctionnel de Toulouse. Accusé d’avoir poursuivi ses activités scolaires malgré une mise en demeure de l’Education Nationale, ainsi que de violences volontaires sur mineurs, il se dit « victime d’un acharnement administratif ».

Bien plus timide face à la Présidente du Tribunal Correctionnel que lors de ses interventions au Salon du Bourget devant les membres de l’UOIF, proches de l’organisation islamiste des Frères Musulmans, le directeur de l’école Al-Badr, établissement regroupant des élèves de la maternelle au lycée s’est défendu face aux multiples accusation à son encontre.

Accusé de ne pas avoir cessé ses activités malgré une mise en demeure de l’Education Nationale au printemps dernier, au motif que l’enseignement proposé par cette école hors-contrat n’était pas conforme aux réglementations, il est de plus soupçonné d’être l’auteur de trois actes de violences volontaires sur des mineurs, âgées de moins de 15 ans entre 2013 et 2014.

Abdelfattah Rahhaoui, âgé de 43 ans, franco-marocain natif de Casablanca et père de 4 enfants est décrit comme proche des salafistes. Celui qui refuse de serrer la main à une femme, aurait donné des cours de religion à Souad Merah, la sœur de Mohammed, probablement encore en Syrie aux cotés de l’Etat Islamique. En 2012, il la décrivait comme « une femme de grande humanité, qui ne supporte pas les injustices. Elle est engagée pour la cause palestienne et je suis d’accord avec beaucoup de ses engagements ». En 2015, le conférencier avait annulé sa participation à une réunion aux côtés d’Alain Soral, sous prétexte que les hommes et les femmes ne sont pas séparés dans le public. Il est également membre du CCIF, Collectif contre l’Islamophobie en France, comme Karim, proche de Farouk Ben Abbes et fiché S, ancien gérant de Nissa Shop, magasin islamique du quartier Bagatelle, fermé suite à de nombreuses connivences avec le milieu djihadiste.

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Il s’est surtout fait remarqué publiquement en 2009 en créant le Collège Privé Musulman Alif dans le quartier du Mirail. De la sixième à la terminale, l’établissement compte une petite centaine d’élèves, en majorité des jeunes filles qui étudient et jouent séparées des garçons en classe comme dans la cour de récréation. Le directeur avouait à l’époque admettre en priorité les filles portant d’un voile islamique, « ces filles n’ont pas le droit d’aller à l’école publique, elles se dénuderaient ».

En 2013, il fonde donc l’école Al-Badr, pour lequel il touche un salaire de 1400 euros par mois, devenant par la même occasion le directeur du plus grand groupe scolaire islamique du Sud-Ouest. Depuis les attentats du 13 novembre, une vague d’inspections est lancée par la ministre de l’Education, Najat Valaud Belkacem afin de lutter contre la radicalisation. Après les dénonciations accusant Abdelfattah Rahhaoui de donner des cours de tirs à ses élèves, ce qui s’est révélé injuste puisqu’il s’agissait en réalité d’une sortie scolaire au « laser quest » afin de « travailler la concentration des élèves », il se dit victime d’un « acharnement administratif lié à ses positions politiques ». Publiée le 5 septembre sur Facebook, il défend son projet au travers d’une vidéo où il dit enseigner le « vrai coran » et être un « rempart contre la radicalisation ». Il encourage ses soutiens à mener une campagne de mobilisation auprès du Rectorat et de l’Académie de Toulouse.
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Son avocat, Me Hakim Chergui rappelle que son client « n’est pas fiché S et ne fait objet d’aucune condamnation ». Après une heure de réquisitoire, la procureur a réclamé une peine de 3 mois de prison avec sursis pour les violences aggravées sur les élèves mineurs, 3000 euros d’amende pour l’ouverture sans autorisation des classes de collège et 4 mois de prison avec sursis accompagné d’une interdiction de diriger un établissement éducatif et la fermeture de l’établissement Al Badr avec exécution provisoire. La défense, Mes Saliha Sadek et Hidem Droua ont dénoncé un dossier « à charge » appuyée sur une enquête « incomplète« . Les deux avocats de la défense ont réclamé la relaxe de leur client.

Le tribunal rendra sa décision le 15 décembre.