Didier Carette, l’artiste du Conseil régional

[Portrait d’élu 2/7] Didier Carette, l’artiste du Conseil régional

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Élu pour la première fois conseiller régional il y a un an jour pour jour, Didier Carette est passé de la scène théâtrale à la scène politique. Jouant son rôle pleinement au sein de l’assemblée, où il remercia ironiquement Carole Delga pendant une envolée de plus de deux minutes trente, il est aussi membre des commissions « Culture, Communication, Patrimoine et Langues catalane et occitane », « Education et Jeunesse » et « Méditerranée ». Collaborateur de Marine Le Pen pour établir le programme culturel en vue des élections présidentielles à venir, c’est un homme haut en couleur qu’Infos Toulouse a rencontré, dans le cadre de sa série « Portrait d’élu » qui présentera chaque jour de la semaine un conseiller régional Front National du département, un an après leur entrée en force au sein de l’Assemblée.

 

Didier Carette, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs qui ne vous connaisse pas encore ?

Comédien, metteur en scène, adaptateur, auteur, formé au Conservatoire, j’ai rejoint le Grenier de Toulouse dans les années 1970. Puis comédien sous la direction de plusieurs metteurs en scènes nationaux, je reviens à Toulouse dans les années 1980. Metteur en scène et comédien pour le Centre Dramatique National sous la direction de Jacques Rosner, co-directeur du Théâtre du Pavé, créateur de la Baraca et de ses « bistrots littéraires », je suis nommé à la direction du théâtre Sorano jusqu’à l’arrivée du maire socialiste Pierre Cohen.

Il y a un an vous étiez la recrue de marque du Front National. Vous êtes passé de la direction du monde culturelle au Front National, un parcours étonnant pour beaucoup d’observateurs, pouvez-vous nous expliquer votre choix ?

Pendant les longues années de ma vie professionnelle, j’ai réussi, essentiellement dans mes adaptations et mises en scène, à subvertir le discours ambiant du politiquement correct et du moralement correct. L’engagement au Front National est le résultat d’une réflexion et d’une pensée qui m’ont toujours habitées et ce depuis mon adolescence, bien avant, donc, la création du Front National. J’ai toujours réfuté à la fois les idéologies de droite et de gauche.

Vous avez ensuite réussi à être élu au conseil régional, avec 40 autres élus des listes menées par Louis Aliot. Comment avez-vous appréhendé votre nouveau mandat ?

Le plus tranquillement du monde, ne sachant que bien peu de chose sur le « rôle » d’un élu, si je peux me permettre le jeu de mot.

12 mois que vous êtes élu. Vous vous êtes fait remarqué notamment dans une tirade en direction de la présidente de la Région, Carole Delga, comment se passe la vie dans l’assemblée avec elle ?

Carole Delga est l’archétype de la militante politique qui ne laisse aucune possibilité de dialogue démocratique. Femme de pouvoir, elle l’exerce de manière dictatoriale cherchant à museler toute opposition. En ce qui concerne la culture, sa pensée m’apparaît très limitée, voire même inexistante.

Quel bilan pouvez-vous faire de cette première année au sein du groupe, mené par France Jamet à la Région ?

Le rôle d’un élu de l’opposition FN est ingrat. Tout le travail opéré par la majorité socialiste consiste à museler et empêcher tout débat lancé par le FN, l’opposition des Républicains de droite n’étant pas à en reste de ces mêmes procédés. La droite et la gauche votant sans divergence au moins 80% des programmes politiques, notre rôle consiste essentiellement à s’opposer au diktat d’une pensée profondément obsolète.

France Jamet a du courage et a bien du talent. Elle a su, je crois, créer une émulation et surtout une cohésion au sein du groupe FN. Je suis très admiratif devant sa force de caractère, sa détermination et sa créativité face aux obstacles qui se dressent.

Vous êtes engagé dans le « CAP Culture », quel est votre rôle dans ce collectif ?

Les Comités d’Action Programmatiques (CAP) ont pour objectif de fournir le plus d’informations et d’avis autorisés à la Présidence du FN sur des thématiques très différenciées et posant problèmes. Composés de professionnels et d’experts reconnus, sous la direction du Docteur Joëlle Mélin, ils réalisent des diagnostics, émettent des avis et des propositions par grands domaines. Ils travaillent dans l’ombre, laissant aux divers collectifs et au CLIC (pour le Collectif Culture) un rôle, dirons-nous, plus médiatique et d’effets d’annonce.

Vous avez notamment participé à la Convention Présidentielle de Marine Le Pen sur le thème de la Culture, en quoi ce thème sera capital dans la campagne ?

Je ne sais encore, nous sommes hélas loin de savoir si la culture s’invitera aux débats des présidentielles ou si elle ne jouera qu’un rôle mineur.

Il est certain qu’elle n’a plus aujourd’hui ce rôle déterminant qui fut le sien dans les années 1980. Les problèmes économiques et sociétaux ont pris le relai. On peut le déplorer, mais c’est un état de fait.

Le CAP Culture laissant toute liberté aux experts convoqués, travaille sans se soucier des choix que cette campagne pourra induire. L’enjeu étant pour ces mêmes experts de travailler à la reconstruction d’un pays en ruine sur le plan culturel et patrimonial, de refonder une trajectoire de développement et de modernité sur les bases immuables de notre civilisation.

On parle souvent de bataille culturelle de la droite. Où en sommes-nous ? Comment reprendre le monopole face à une gauche qui semble omniprésente dans ce domaine ?

Je ne me suis jamais senti de droite (ni de gauche d’ailleurs). La droite n’a jamais rien compris à la culture laissant à la gauche le soin d’avoir un monopole certain. Croyant (comme Gramsci) que la culture est déterminante pour opérer une véritable révolution dont l’Europe de l’Ouest, dans sa totalité, a besoin, je pense que la bataille civilisationnelle a commencé depuis quelques temps déjà. La culture trop souvent (merci Jack Lang!) est bien mal comprise. Le « tous culturels » dérivé lui-même de la dérive du « tout culturel » règne en maître ! Or, l’enjeu, j’y reviens est capital : il s’agit de la sauvegarde de notre civilisation, pas plus, pas moins.

Quel rôle jouerez-vous lors des élections législatives, en juin prochain ? Seriez-vous candidat ? 

Je ne jouerai aucun rôle lors des élections législatives et ne serai donc pas candidat.