Maïthé Carsalade, la tête de liste de l’ouverture

[Portrait d’élu 7/7] Maïthé Carsalade, la tête de liste de l’ouverture

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L’officialisation de son arrivée au Front National avait fait grand bruit dans la presse locale. Symbole des ex-électeurs UMP qui se dirigent vers Marine Le Pen, Maïthé Carsalade a été nommé tête de liste en Haute-Garonne par Louis Aliot pour les élections régionales de 2015. Passée de Dominique Baudis à Marine Le Pen, la surprenante conseillère régionale reste une interrogation pour beaucoup d’observateurs.

Maïthé Carsalade, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je me suis engagée en politique en 1983 à la demande de Dominique Baudis élu maire de Toulouse, sur le quota des Verts. Avant gardiste en matière d’égalité hommes/femmes, il avait largement ouvert sa liste des municipales.J’ai passé 18 ans auprès de lui a des postes divers en tant qu’adjoint au Maire : communication, Fêtes et Manifestations, l’animal dans la ville, maire de quartier de la Côte Pavée, membre de ce qui deviendra plus tard Toulouse Métropole, je me suis familiarisée (à bonne école) à la politique. Je ne me posais absolument pas la question d’adhérer à un parti politique. J’étais Baudisienne. Il avait défini une ligne pour « sa » ville, dans un grand respect de son opposition et nous avons travaillé dur pour respecter ses engagements.

Ce n’est qu’avec Philippe Douste Blazy que la politique s’est invitée au Conseil Municipal. Je me sentais centriste et me suis présentée aux élections législatives en 2002 avec l’étiquette UDF. Trahie entre les 2 tours puisque Bayrou (alors président du parti) a retourné casaque et appelé à voter Ségolène Royal. On peut dire que c’est à partir de ce moment que petit à petit je ne me suis plus sentie en adéquation avec la droite de gouvernement. Il y a eu d’abord l’affaire des « racines chrétiennes » que Chirac a refusé d’inscrire dans la constitution européenne, puis le traité de Lisbonne que Sarkozy et Fillon ont imposé aux Français malgré leur vote largement négatif, la création de l’UOIF, le voile à l’école, la violation quasi quotidienne de la laïcité, la dégringolade de notre système scolaire, l’immigration massive, l’Europe, la mondialisation…

Entre temps il y a eu les élections municipales de 2008 où j’ai été éjectée entre les 2 tours pour laisser ma place au Modem. Malgré tout je ne me suis pas détournée de la politique. J’ai beaucoup lu et me suis intéressée aux municipales d’un village Fleury d’Aude. J’ai complété la liste Front National que présentait un jeune homme de 28 ans. Il y a eu 2 élus Front National. Puis les européennes, les départementales où le FN faisait un très beau score.

En passant de l’UMP au Front National vous avez entraîné avec vous Chantal Dounot-Sobraques, quelles ont été les raisons de votre arrivée au FN ?

J’ai adhéré au FN en 2012 après l’élection de Marine Le Pen à la présidence du mouvement, c’est le « seul » parti politique qui correspondait à mes valeurs, tous les autres avaient trahi.. En 2015 Louis Aliot me demandait de prendre la tête de liste du Front National pour la Haute Garonne. Nous rejoignaient également ma collègue Chantal Dounot Sobraquès (ajointe à la culture de D. Baudis, P. Douste Blazy, puis J.L Moudenc ) et Didier Carette, ancien directeur du théâtre Sorano. Louis Aliot avait compris qu’il était temps d’ouvrir le mouvement aux gens de bonne volonté qui ne se reconnaissaient plus dans les partis politiques traditionnels, qui se « passaient » depuis plus de 30 ans, la responsabilité de gouverner la France, en aménageant dans leur seul intérêt l’alternance, sans se rendre compte qu’ils ne représentaient qu’eux mêmes.

Votre ancien parti a organisé pour la première fois à droite des primaires. Que pensez-vous de ce procédé ? Serait-il envisageable au Front National ?

Au sujet des primaires, je pense sincèrement que c’est une mascarade et une immense preuve d’impuissance. Les partis pensent qu’en monopolisant les médias matin, midi et soir ils arriveront à convaincre et feront leur pub…Les primaires, c’est le grand déballage, le concours d’égo, la course aux mensonges. Les programmes annoncés sont déjà trahis. Les politiques font semblant de ne pas comprendre que les Français en ont par dessus la tête. Quelle confiance avoir dans ces gens là qui nous mentent depuis des années et qui ont bafoué la démocratie ?

Marine Le Pen a été plébiscitée par les instances du parti. Elle est le chef incontesté et incontestable. Pendant que les autres passent d’un studio à un autre, elle bosse, va à la rencontre de tous les Français, fait la synthèse des collectifs de réflexion et peaufine ses propositions. Elle a un programme clair. Tant que nous serons dans le carcan européen nous n’auront aucune liberté pour engager les réformes que nous, les Français, voulons pour notre pays. La France doit retrouver sa souveraineté et le peuple français doit redevenir « maître » de son destin. De plus en plus de Français ouvrent les yeux, de plus en plus d’intellectuels adhèrent, de plus en plus d’économistes soutiennent son programme économique.

Vous avez déclaré « ne pas être contre l’immigration ». Quelle politique doit être menée envers les flux migratoires qui se déversent actuellement sur l’Europe et la France ?

En ce qui concerne l’immigration, c’est une réalité dans notre pays. Mais jusqu’alors nous avions accueilli une immigration économique dans un premier temps européenne puis une immigration d’Afrique du Nord essentiellement. Les migrants avaient à coeur de s’intégrer. Ils n’avaient pas de revendications communautaires. L’immigration aujourd’hui est d’une autre nature : elle est massive, elle est rarement politique, elle est orchestrée, manipulée et financée. Elle n’a pas la même finalité…Notre système social qui est le plus généreux d’Europe accueille les migrants à bras ouverts et constitue une pompe aspirante. Le décor n’est plus le même qu’il y 20 ou 30 ans. L’Europe nous a imposé la libre circulation des biens et des personnes.

L’Allemagne envisage de déplacer 500 000 migrants qui vont aller où ? L’Allemagne durcit l’obtention des aides sociales…Ils iront donc vers des cieux plus cléments. Le problème le plus grave à mes yeux c’est que la France n’a plus les moyens. Beaucoup de Français vivent en dessous du seuil de pauvreté, nombreux sont ceux qui sont en découvert dès le début du mois et qui vivent à crédit. Ils subissent comme une profonde injustice de voir des « étrangers » bénéficier d’aides, de logement, de soins médicaux, de retraites sans jamais avoir travaillé ou cotisé. Le Français a toujours été généreux, mais le peuple sent que cette immigration n’a pas de limite. Il y aura toujours plus malheureux, plus mal logés, plus affamés.Pour les Français, la France c’est autre chose qu’un pays sur la mappemonde. La France c’est 2000 ans d’Histoire avec des noms qui leur sonnent aux oreilles : Clovis, Charlemagne, Henri IV, Louis XIV, Napoléon, Pierre et Marie Curie, Pasteur, La Caravelle, le Concorde… Et, ce que les Français constatent tous les jours un peu plus, comme une blessure profonde, c’est que l’identité de la France se dilue, se dissout.

Membre de la commission Patrimoine et Langues catalanes et occitanes. Quelle place doit avoir l’identité locale dans notre région ?

Je suis membre de la commission Patrimoine et Langues catalanes et Occitanes. Si je défends le droit d’apprendre et de parler ces langues, qui sont des langues romanes, je considère qu’elles doivent rester optionnelles. C’est la langue Française qui est notre langue, c’est elle qui a contribué à l’unité de la France et la France doit rester « Une et Indivisible ». Je souhaiterais que apprendre le Français, bien le parler et bien l’écrire soit une priorité absolue. La langue Française c’est notre bien commun.