5 janvier 1159 : Quand le roi d’Angleterre voulait prendre Toulouse

5 janvier 1159 : Quand le roi d’Angleterre voulait prendre Toulouse

355
PARTAGER

En l’an de grâce 1152, Aliénor d’Aquitaine, huit semaines après sa séparation d’avec Louis VII, roi de France, devient reine d’Angleterre, par son union avec Henri II Plantagenêt. En 1154, Constance de France épouse Raimond V, comte de Toulouse, faisant de lui le beau frère du roi Louis VII. Ces deux mariages seront déterminants pour les événements qui suivront quelques années plus tard, dans le comté de Toulouse.

L’Empire Plantagenêt comprenait alors l’Angleterre, l’Anjou, le Maine et Tours, ainsi que la Normandie. Inspiré par sa jeune épouse, Henri II d’Angleterre ne tarde pas à clamer ses droits sur le comté de Toulouse. Louis VII ne peut, sans un mortel péril, tolérer ce nouvel agrandissement d’un vassal déjà bien trop puissant. Une première fois dans l’histoire des Capétiens, Toulouse va jouer un rôle qui peut être qualifié de national !

Pour parvenir à ses fins, Henri II Plantagenêt crée une alliance avec Raimond-Bérenger IV de Barcelone, le puissant rival de Raimond V, qui affirme aussi avoir des droits sur le comté de Toulouse. Le 5 janvier 1159 commence l’avancée des armées : le roi anglais prend Cahors, Verdun-sur-Garonne, Castelnaud d’Estrètefonds… les pillages sont nombreux jusqu’à Toulouse, atteinte en août.

Malheureusement pour lui, la malchance avait précédé Henri II : Louis VII a eu le temps de rejoindre son beau-frère pour la défense de la cité toulousaine. Trois mois durant l’armée anglaise fait le siège de Toulouse, à l’issue desquels le Plantagenêt renonce… affirmant qu’il ne saurait porter les armes contre son seigneur légitime !

Sentiment de loyauté vassalique soudain reparu ? Ou prétexte pour masquer un échec cuisant ? Néanmoins, il ne renonce nullement à ses vues : deux nouvelles tentatives en 1162 et 1164 le prouvent. En 1164, il sera même soutenu par l’archévêque de Bordeaux, qui a conduit une expédition jusqu’aux portes de Toulouse au nom de Henri II !

Par respect pour ce grand guerrier, Raimond V rend hommage à Henri II, mais ce n’est qu’un hommage tout théorique : l’Anglais n’a pu mettre une seule fois la main sur Toulouse.