20 janvier 1309 : reconnaissance des reliques de Saint-Gaudens

20 janvier 1309 : reconnaissance des reliques de Saint-Gaudens

344
PARTAGER
peint pour l'Žglise de st. Saturnin ˆ Toulouse. Iconostase

Deux siècles après le martyre de Saint Saturnin, évêque de Toulouse, c’est au tour d’une petite ville, le Mas Saint Pierre, de connaître la consécration.

Aux alentours de l’an 475, la région toulousaine est incluse dans le royaume des Wisigoths. Bien que le christianisme soit ancré dans les esprits, nombreux sont ceux qui pratiquent l’arianisme, hérésie démentant la divinité de Jésus-Christ, fils de Dieu, faisant de lui un simple homme. Dans ce contexte de tensions entre les Wisigoths et le Saint-Siège, le roi Evaric de Toulouse, arien, désire imposer sa religion aux populations de son royaume et n’hésite pas pour cela à multiplier arrestations et exécutions. Il envoie ainsi son général, Malet, vers les campagnes.

Malet parvient au Mas Saint Pierre, petit hameau autour d’une chapelle à Saint Pierre bâtie par Saint Saturnin lui-même lorsqu’il convertissait les populations païennes. Avisant un berger de 13 ans du nom de Gaudens, il lui demanda d’abjurer sa foi chrétienne. Devant le refus du garçon, le général fait appeler sa mère, veuve, pensant par son influence plier sa volonté. Malheureusement pour Malet, la mère de Gaudens, Quitterie, annonce qu’elle préfère voir son fils mourir plutôt qu’il renie son Dieu. Quitterie assiste à la décapitation de son garçon et meurt aussi le jour même.

C’est alors que Gaudens se relève, ramasse sa tête et s’enfuit avec jusqu’à la chapelle Saint Pierre. Devant un tel spectacle, les ariens terrifiés tentent de l’arrêter. Les portes de Saint Pierre se referment sur Gaudens, empêchant les soldats d’y pénétrer. On raconte qu’ils y firent lancer leurs chevaux pour enfoncer le portail et que les fers des animaux y restèrent cloués.

Devant un tel miracle, les ariens s’enfuient et les habitants rebaptisent leur village Saint Gaudens. Une chapelle a été construite à l’endroit même où l’enfant eut la tête coupée, au lieu-dit la Caoué, en haut de la côte de Valentine. Une fontaine y coule, elle porte le nom de fontaine du bourreau pour rappeler que le soldat qui décapita Gaudens lava ses mains et son glaive dans son eau fraîche. La chapelle a constamment été rebâtie au même endroit pour conserver le souvenir.

Presque mille ans s’écoulent pourtant avant que le pape Clément V, dans la bulle Vita Perennis Gloria, le 20 janvier 1309, ne reconnaisse les reliques de Saint Gaudens, quelques jours après qu’il y ait fait un pèlerinage. L’enfant entre alors aux yeux de l’Eglise dans la communauté des martyrs.