Emmanuel Crenne : « Carole Delga utilise des méthodes staliniennes »

Emmanuel Crenne : « Carole Delga utilise des méthodes staliniennes »

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Emmanuel Crenne fait l’actualité depuis hier où lors de son intervention, à l’assemblée plénière du Conseil Régional, Carole Delga est sortie de ses gonds. Alors qu’il rappelait aux socialistes l’héritage historique de son mouvement, le conseiller Front National s’est vu agressé par la présidente PS de l’assemblée, lui arrachant le micro des mains. Quelques minutes plus tard, le téléphone portable de Julien Sanchez faisait les frais de la colère des socialistes, quand le président du groupe Christian Assaf a asséné un violent coup au maire FN de Beaucaire. Emmanuel Crenne revient sur ces évènement, heureusement rares dans les assemblées françaises.

Infos-Toulouse : Bonjour Emmanuel, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Emmanuel Crenne : « Je suis Secrétaire Départemental du Lot et élu régional du Front National depuis un an. J’appartiens au groupe présidé par France Jamet. Autrement je suis banquier, j’ai passé 20 ans en Angleterre avant de revenir vivre en France. »

I.T : Hier, vous avez fait indirectement l’actualité en mettant la gauche face à ses responsabilités historiques. Racontez-nous le déroulement de l’affaire.
E.C : « J’étais en train d’intervenir sur la clause Molière (l’obligation de la langue française sur les chantiers gérés par la région). Des voix se sont élevées dans les rangs de la majorité, jugeant notre proposition nauséabonde, alors qu’elle est appliquée dans bien d’autres régions. Jean Luc Bergeon m’a alors interpellé à propos de ses parents d’origine espagnole qui ont fui Franco.
Je lui ai répondu que je n’avais pas de leçon à recevoir de part mes racines italiennes, mes parents qui ont subi Mussolini, mon grand oncle fusillé par des SS. J’ai rappelé les responsabilités historiques de sa famille politique qui a voté les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain en 1940 et ont fait élire un président qui a eu la Francisque. De là je me retourne et je sens le micro m’échapper. Carole Delga était devant moi, hystérique.
C’est une violation des droits d’expression politique dans une assemblée qui doit par définition en permettre la tenue. C’est aussi une violation du droit de temps de parole, puisque je n’ai pas pu aller au bout de mes cinq minutes imparties. Puis c’est une voie de fait sur un élu, puisque Carole Delga n’était pas présidente de séance au moment des faits, elle venait de laisser sa place à Sylvia Pinel. C’est un comportement puéril et violent de sa part. Le groupe et moi-même considérons en ce moment une action juridique contre la socialiste.
Ils ont démontré là leur méthode fasciste. Les journaux à la botte du pouvoir comme La Dépêche et l’Indépendant ont déformé la réalité pour défendre Carole Delga. Durant la réunion des présidents de groupe, il n’y a pas eu d’excuse. La présidente de la région a même affirmé sa volonté de couper systématiquement le micro. »
I.T : Ce comportement de Carole Delga illustre bien son caractère très…autoritaire….

E.C : Carole Delga utilise des méthodes staliniennes. Nous sommes arrivés à un point culminant. La cession précédente, elle avait déjà diffamé ma famille sans que je ne puisse répondre. Et puis le nouveau règlement intérieur de l’assemblée porte atteinte aux libertés d’expression de l’opposition. L’ambiance est délétère : jeudi, Jean-Christophe Sellin a dit « regretter que la terreur républicaine se fut arrêtée en 1794 » sans qu’aucun socialiste ne s’offusque. Quelle est la prochaine étape ? La prison du Temple ? La roue ?

I.T : Les Républicains ont donc choisi leur camp ?
E.C : « Une grande partie de leurs élus se sont rangés derrière Carole Delga. Et ce, malgré que Sacha Briand s’est aussi vu couper la parole lors de son intervention la veille. Certains nous soutiennent de façon timide, mais la grande partie des élus ne veut pas s’opposer à la présidente de la région. »
I.T : Comment aborder sereinement ces quatre futures années avec une opposition souvent bâillonnée ?

E.C : « Nous allons utiliser nos droits, engager des procédures qui nous permettrons de travailler et de pouvoir proposer des solutions dans l’intérêt des habitants de la région. Nous sommes déterminés à représenter le peuple. »

I.T : Votre motivation n’en ressort donc que plus grande ?

E.C : « Carole Delga se couvre de ridicule. Nous sortons renforcés publiquement et médiatiquement dans nos convictions. Nous ne lâcherons pas et continuerons à défendre les français de notre région. »