10 février 1589 : Assassinat du Président Duranti

10 février 1589 : Assassinat du Président Duranti

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Fils d’un conseiller aux requêtes du parlement de Toulouse, Jean-Etienne Duranti exerce la profession d’avocat et est élevé au capitoulat en 1563. Il est avocat général au parlement en 1568 puis premier président en 1581.

Dans les années 1580, Jean-Etienne Duranti met en place de nombreuses mesures destinées à sauver Toulouse du fléau de la peste, ainsi que le la famine qui a suivi. Il fonde le Collège de l’Esquille et deux confréries particulières : l’une venant en aide aux jeunes filles pauvres en difficulté pour se marier, l’autre pour soulager les prisonniers. Il rédige un répertoire de 127 questions de droit Questiones notatissima ex utroque jure, et un ouvrage religieux De Ritibus Ecclesiae, qui seront publiés à titre posthume, en 1621 pour le premier, 1591 pour le second.

L’année 1588 marque un tournant dans la vie politique française : en effet, la création d’un parti catholique, nommé tantôt la Ligue catholique, Sainte union ou Sainte Ligue, se donnant pour but de de défendre la religion catholique contre l’avancée grandissante du protestantisme, ira jusqu’à chasser le roi Henri III de la capitale.

Malheureusement pour le notable toulousain, sa fidélité au roi Henri III en ces temps de troubles, et ce malgré toutes les œuvres accomplies, lui vaut de multiples tentatives d’assassinats auxquelles il échappe toujours par miracle. Devenus maîtres de la ville, les ligueurs parviennent à faire arrêter Jean-Etienne Duranti et l’interner au couvent des Jacobins. Le 10 février 1589, la foule mène l’assaut contre lui : à peine assassiné, il est traîné dans la ville, son corps est frappé de toutes parts, son nez et sa barbe sont arrachés par la furie populaire.

Attaché au pilori, un portrait du roi Henri III cloué derrière lui, les ligueurs lui lançaient « Le Roi t’était si cher, te voilà maintenant avec lui ! ».

A. De B.