Benoît Hamon dans le creux de la vague insoumise

Benoît Hamon dans le creux de la vague insoumise

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Devant 6 000 militants et sympathisants, Benoît Hamon a donné une image d'unité au Zénith de Toulouse, ce mardi soir.
Devant 6 000 personnes venues de toute la région, Benoît Hamon a tenté de donner une image d’unité en s’affichant au Zénith avec les barons locaux de la gauche qui ne l’ont pas lâché. Carole Delga, Georges Méric ou encore Pierre Cohen était aux côtés de leur candidat qui a tenu un discours d’une heure et demie s’en prenant à ses concurrents et proposant ses projets pour la France. 
Il y a encore quelques semaines, personne n’aurait été en mesure de dire que le candidat du Parti Socialiste, Benoît Hamon, tomberait si bas. Surtout, peu de monde n’aurait pu prédire qu’il se ferait dépasser par le candidat de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Et pourtant aujourd’hui nous y sommes, le désastre des grands partis s’est bien produit.
Lâché par de nombreux camarades, notamment Manuel Valls, Benoît Hamon se retrouve seul. Incapable de tenir sa ligne jusqu’au bout, il renie sa mesure phare – le revenu universel – pour en faire un RSA amélioré. Son manque criant de charisme tranche radicalement avec l’envolée de Jean-Luc Mélenchon ou l’émergence des petits candidats. Le voilà dépassé de tous les côtés, par tout le monde.
Alors ce mardi soir, à Toulouse, sur des terres traditionnellement socialistes, il tente son dernier coup de poker : redonner une image d’unité autour des barons de la Gauche locale et  un élan à une campagne tristement ennuyeuse. Pierre Cohen, l’ancien maire terrassé par Jean-Luc Moudenc va tenter d’apporter à Benoît Hamon ce que lui même n’a pas pu apporter à la sienne : de la crédibilité.
Tour à tour les cadres, élus et économistes du Parti Socialiste se succèdent à l’estrade. Emmanuel Macron et, nouveauté, Jean-Luc Mélenchon concentrent les attaques ; Marine Le Pen et François Fillon sont abondamment hués pour les scandales et leur prétendu extrémisme. Pendant près d’une heure trente, Benoît Hamon expose un projet qui se veut solidaire, métissé, anti-discriminatoire, Européen et surtout qui lutte contre l’extrême droite.
Si la forme était bien là pour ce meeting rassemblant près de 6000 personnes, le manque de constance dans son programme, sa virulence contre l’identité et son absence de charisme confirment sa position de 5ème homme dans cette campagne présidentielle.

Les rideaux une nouvelle fois tirés

François Fillon aura été raillé deux jours pour l’histoire de rideaux déployés afin de masquer les sièges vides, Benoît Hamon a utilisé la même technique pour pallier au nombre de place restantes. Si le nombre de 6 000 personnes est tout à fait honorable, les équipes attendaient entre 8 000 et 9 000 militants. Plusieurs dizaines de cars ont été affrétés à Toulouse, depuis la région, voire au-delà. Heureusement pour le candidat socialiste qu’il n’a pas réservé comme prévu le stade Ernst-Wallon et ses 15 000 places, l’image aurait été différente.

Résumé du meeting de Benoît Hamon en quelques tweets :