Emmanuel Macron à Albi, Toulouse délaissée

Emmanuel Macron à Albi, Toulouse délaissée

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Emmanuel Macron sera en meeting à Albi (Tarn) ce jeudi 4 mai. Lui qui ne s’est jamais rendu à Toulouse et qui laissait entrevoir une visite lors de l’entre-deux-tours ne sera donc pas au rendez-vous dans la ville rose, mais à une heure de là. Peut-être ne souhaite t-il pas se confronter aux Toulousains qui n’ont pas oublié son mensonge concernant la privatisation de l’aéroport Toulouse-Blagnac, en juillet 2014. Une mesure restée impopulaire. 

Pour conclure une campagne longue de dix mois, Emmanuel Macron donnera un meeting jeudi 4 mai à Albi (Tarn), place du Vigan à 18 heures. En perte de dynamique face à la bonne campagne de Marine Le Pen depuis le premier tour, le candidat d’En Marche! tentera de conforter sa place de favori sur les terres de Jean Jaurès et de Georges Pompidou.

Malgré de très bons scores réalisés en Haute-Garonne, en en particulier dans la métropole toulousaine, l’ancien ministre de l’Économie, contrairement à François Fillon, Benoît Hamon ou Jean-Luc Mélenchon avant le premier tour, ne tiendra donc pas de meeting dans la Ville rose, mais dans le Tarn, qui a décidé de placer Marine Le Pen en tête du scrutin lors du premier tour de l’élection présidentielle.
Un choix loin d’être anodin puisque la cité albigeoise est le symbole de la jeunesse et d’une partie de la scolarité de l’ancien président de la République Georges Pompidou et la patrie de Jean Jaurès. Un mélange historique droite-gauche ancré dans la ligne défendue par l’initiateur du mouvement En Marche !

Macron face à son mensonge

Venir à Toulouse aurait pu être l’occasion de se voir rappeler le mensonge qu’il avait tenu en juillet 2014, lorsque le gouvernement a lancé la vente de 49,99% du capital de l’Aéroport de Toulouse-Blagnac, sur les 60% qu’il possédait aux côtés de la chambre de commerce et d’industrie de Toulouse et de trois collectivités territoriales. A la fin de l’année 2014, le consortium Symbiose, détenu par le Chinois Shandong Hi-Speed Group Co. et le fonds de Hong-Kong Friedmann Pacific Asset Management, fait, par l’intermédiaire de la société Casil Europe, une offre de 308 millions d’euros.

« Il ne s’agit pas d’une privatisation mais bien d’une ouverture de capitale dans laquelle les collectivités locales et l’Etat restent majoritaires avec 50,01% du capital » avait alors déclaré Emmanuel Macron dans les colonnes de La Dépêche du Midi. Mais cela était sans compter sur les révélations de Médiapart et la signature d’un pacte d’actionnaires entre l’Etat et Casil Europe. La disposition 2.2.3 est explicite : « L’Etat s’engage, sauf motif légitime, à voter au conseil de surveillance dans le même sens que l’acquéreur pour les décisions importantes ». Les propos d’Emmanuel Macron sont donc faussés, l’Etat a bien laissé les clés de la Société de l’aéroport de Toulouse-Blagnac (SATB) au groupe Chinois.

Conséquence de cette signature : en 2016, l’assemblée générale de la SATB a adopté le versement de 15 millions d’euros de dividendes. Pour les petits actionnaires, il s’agit d’un « siphonnage du pactole de l’aéroport ».