Le 3 mai 1323 : Création des Jeux floraux à Toulouse

Le 3 mai 1323 : Création des Jeux floraux à Toulouse

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Détail de la fresque représentant les jeux floraux, palais du Capitole

A la Toussaint 1323, les Capitouls se réunirent avec ceux que nous nommerons plus tard « les Sept troubadours » : Bernard de Panassac, le capitoul Guillaume de Lobra, Berenguier de Saint-Blanca, Pierre de Mejanasserra, Guillaume de Gontaut, Pierre Camo et le greffier Bernard Oth. Ils fondèrent le Consistoire du Gai Savoir afin de maintenir le lyrisme courtois de la langue romane. Un concours poétique est créé qui se déroule le 3 mai 1324 dans un verger des Augustines (actuel quartier Saint-Aubin). Le prix est une violette d’or. C’est la naissance des Jeux Floraux

Peu à peu les Sept changent ce simple concours lyrique en véritable magistère. Le chancelier Guillaume Molinier fixe par écrit les règles de la rhétorique et de l’art poétique dans un ouvrage immense, paru en 1356. Deux nouvelles fleurs d’or sont au concours : une églantine et un souci.

La fin du XVème siècle marque un tournant dans ces fêtes : en raison d’une grave crise économique et des ravages de la peste, les concours lyriques disparaissent progressivement. Il faut attendre les dernières années de ce siècle pour qu’une noble dame toulousaine, issue de l’illustre famille des Isaurès pour que les séances du Gai Savoir soient organisées chaque année. Pour ce faire, la belle Clémence Isaure, amoureuse des arts et de la poésie, aurait légué tous ses biens à la ville.

A partir de 1549, suite à une ballade de Jean de Saint-Anian sur Dame Clémence, une messe est célébrée chaque année dans la basilique durant laquelle sont bénites les fleurs des Jeux floraux avant la remise des prix. Le gisant de Clémence Isaure, ôté du cimetière de la Daurade, orne aujourd’hui la salle de conférences de l’hôtel d’Assézat.

Le Télégramme, bâtiment mythique du centre ville toulousain construit en 1912, ouvre la rue des Sept Troubadours, quartier Jean-Jaurès

Le Consistoire du Gai Savoir devient par des lettres patentes du 26 septembre 1694, l’Académie des Jeux floraux, dirigée par une quarantaine de mainteneurs et de maîtres, hommes et femmes confondus, chargés de perpétrer les traditions de 1323.

La Révolution, terrible en région toulousaine, a supprimé quelques temps l’Académie. Rétablie par le Consulat, elle est modifiée en interne : la disparition des capitouls et du chancelier ont permis leur remplacement par le Préfet de la Haute-Garonne et le Maire de Toulouse.

Dans les grands noms des poètes modernes récompensés par l’Académie, l’on compte Victor Hugo, maître en 1820 à l’âge de dix-sept ans et Chateaubriand en 1821. Frédéric Mistral est nommé maître en 1878, mais il a fallu attendre 1895 pour que soient rétablis les prix de poésie en langue occitane.

A. de B.

Actualités

MERCREDI 3 MAI 2017

à 17h au Capitole ont lieu les remises des prix.

MARDI 16 MAI 2017

à 17h30 Salle Clémence-Isaure

Conférence de Madame Chantal Toulemonde, professeur agrégée.

« Monsieur de La Pérouse et le Capitaine Phillip – L’improbable rencontre de deux gentilshommes des mers en Terre Australe »

 

Plus d’informations sur http://jeuxfloraux.fr/index.html