Les députés sortants sanctionnés, le bipartisme disparaît en Haute-Garonne

Les députés sortants sanctionnés, le bipartisme disparaît en Haute-Garonne

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Le premier tour des élections législatives passé, il est temps d’en faire un bilan. L’abstention élevée dans le département, le déferlement de la vague En Marche, les faibles scores du Front National, l’écroulement des candidats Les Républicains, le sursaut de la France Insoumise… Mais les principales victimes du scrutin sont les députés sortants et le Parti Socialiste. 

Longtemps considéré comme l’un des principaux bastions du Parti Socialiste, la Haute-Garonne a abrité en son sein de nombreuses personnalités influentes du parti : parmi elles le plus connu reste Lionel Jospin. Mais aujourd’hui le PS local ressort brisé de ses élections législatives, cuvée 2017. Si les élections présidentielles laissaient entrevoir le destin tragique du parti dans le département, Benoît Hamon n’arrivant que cinquième avec 8,37% des voix, le scrutin de dimanche dernier semble avoir anéanti sa domination jusqu’à présent incontestée.

Avec un bilan contrasté des neuf députés socialistes élus en 2012 en Haute-Garonne, les uns s’illustrant par leur médiatisation et leur activité comme Christophe Borgel ou Catherine Lemorton, les autres se retrouvant au cœur de l’inactivité ou des affaires judiciaires comme Carole Delga ou Kader Arif. La sanction a été inévitable et seule la 8ème circonscription, où Carole Delga a investi son poulain, verra un candidat du Parti Socialiste affronter un faux-jumeau du mouvement En Marche!. Monique Iborra a eu du flair. A quelques mois du scrutin, la députée sortante s’est engagée aux côtés d’En Marche!, ce qui lui a permit de surfer sur la vague et d’arriver en tête dans la 6ème circonscription.

Voir aussi : Tous les résultats des 10 circonscriptions de Haute-Garonne

La chute est plus difficile encore pour Kader Arif, dont la campagne a été gâchée par une affaire, il est distancé dans son propre fief par En Marche!, la France Insoumise, Les Républicains et même le Front National. N’atteignant que 7,82% des voix, il est le député sortant obtenant le plus faible pourcentage du département.

Les Républicains en passe de perdre leur seul siège

Il y a quelques mois encore, Les Républicains pensaient renverser la suprématie socialiste dans le département. Hélas pour eux, la fin du bipartisme, devenu désuet, a empêché la droite de bénéficier de l’alternance traditionnelle. Au contraire, dans le même cas que le Parti Socialiste, Les Républicains n’auront qu’un seul candidat, ou plutôt candidate, au second tour. C’est Laurence Arribagé, survivante du « dégagisme » qui est qualifiée sur la 3ème circonscription. Mais la patronne de Les Républicains 31 est en ballottage défavorable puisqu’elle compte 7 500 voix de retard, et 15 points de moins que son adversaire Corinne Vignon (LREM). N’ayant que très peu de réserve de voix, la dernière candidate de droite du département ne peut compter que sur les abstentionnistes du premier tour. Mais là encore, c’est la circonscription qui compte le moins d’abstention du département. Les dés semblent jetés.

Le Front National en perte de vitesse

Bénéficiant dans toutes les élections intermédiaires depuis 2012 d’une progression sans précédant dans le département, les élections législatives ont là encore eu raison du Front National. Ayant pourtant récolté un score somme toute honorable lors des élections présidentielles, Marine Le Pen arrivant troisième en Haute-Garonne avec 23% des voix au premier tour et 27% au second tour, la dynamique semble s’être inversée et seuls deux candidats sont en ballottage. Et parmi ces circonscription, Marie Dombes, candidate sur la 7ème, a même perdu 1 500 voix depuis les élections législatives… de 2012. Ne recueillant que 16,68%, elle se qualifie grâce à sa seconde place mais accumule un retard de 10 000 voix sur Elisabeth Toutut-Picard de La République En Marche. Dans la cinquième circonscription, Julien Leonardelli obtient 16,67% et accuse le même retard que Marie Dombes. Difficile d’obtenir une majorité sans réelle réserve de voix.

Toulouse n’étant pas le terrain de jeu favori du parti de Marine Le Pen, ses candidats n’ont recueilli qu’autour de 7% des suffrages. Malgré sa volonté de montrer son implantation, sa proximité en personnalisant au dernier moment, suite à la défaite de Marine Le Pen, la campagne, le Front National s’est trompé. Ils ne sont pas les seuls, le mouvement En Marche! efface les élus de proximité au profit du Président de la République porté par les urnes en avril dernier. La communication nationale a vaincu la politique locale. C’est ce qui a longtemps été reproché aux candidats du FN : faire du national lors des campagnes locales. Lorsqu’ils ont tenté de corriger le tir, la roue s’est inversée.