Des effectifs supplémentaires réclamés par les syndicats de policiers toulousains

Des effectifs supplémentaires réclamés par les syndicats de policiers toulousains

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Après le règlement de compte sanglant qui a eu lieu lundi soir dans le quartier de la Reynerie, laissant le corps de Djamel Tarhi, 27 ans, criblé de balles sur la chaussée, les syndicats de policiers réclament des effectifs en plus dans la ville rose pour stopper cette guerre des gangs qui a déjà tué 13 personnes depuis 2011. 

Djamel Tarhi, 27 ans est la treizième victime d’un règlement de compte depuis 2011. La liste qui s’allonge année après année plonge Toulouse au cœur d’une guerre des gangs que la police a bien du mal à stopper. « On tombe les équipes les unes après les autres. À peine arrêtée, déjà remplacée. Un puit sans fond », témoigne un policier de la brigade des « stups » à La Dépêche. D’autres agents regrettent, toujours dans le quotidien, le temps où Nicolas Sarkozy était ministre de l’intérieur « On a laissé se développer le deal pour gagner un peu de paix et moins d’émeutes. Aujourd’hui, nous payons le prix de ces erreurs ! ».
« Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre » disait Winston Churchill.

Ce n’est pas la première fois que le sujet est remis sur la table, mais à chaque fois les plaintes restent lettres mortes. Alors, les syndicats de police remontent au créneau après le drame de ce début de semaine et réclament des effectifs supplémentaires dans la capitale de l’Occitanie.

Le nombre d’habitants augmente, les effectifs de police stagnent

Rappelons que les Policiers en Colère qui se sont régulièrement réunis depuis octobre 2016, portaient déjà ces revendications. Sans succès. Alors que la démographie de la ville rose reste l’une des plus attractive de France (8 000 habitants supplémentaires en 2016), les effectifs de police stagnent encore autour des 900 agents. Un chiffre bien insuffisant, malgré l’arrivée de quelques fonctionnaires depuis 2015. Déjà en 2010, celui qui n’était alors pas maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc demandait une hausse du nombre de force de l’ordre dans la ville. Mais n’étant pas du ressort du maire, il ne peut que constater ce manque depuis 2014 et essaie de le palier en réarmant la police municipale et en recrutant quelque peu. Mais les pouvoirs étant différents, l’une ne peut pas remplacer l’autre.

Notons qu’à Bordeaux, ville plus petite avec une délinquance moins importante, la ville d’Alain Juppé compte 200 policiers de plus qu’à Toulouse. Sans compter que de nombreux policiers sont mobilisés sur des opérations statiques (protection de lieux de cultes ou autres) et ne sont donc pas disponibles pour aller sur le terrain.

Pour le syndicat des cadres de la sécurité interieure SCSI-CFDT, la fusillade meurtrière de la Reynerie est un nouvel exemple de désertion du quartier par les forces de police. Dans un communiqué, ils écrivent :

« ce quartier regarde s’égrainer d’une année à l’autre, les effectifs de police qui fondent comme neige au soleil, passant en quinze ans de 200 fonctionnaires à moins de 150 actuellement, avec dans le même temps une population progressant de plus de 70.000 habitants, au cœur d’une zone fortement impactée par la radicalisation, où le lien entre trafics divers et terrorisme n’est plus à démontrer. Depuis de nombreuses années, cette ville n’a pas bénéficié des moyens matériels et humains nécessaire à endiguer l’ensemble de sa délinquance. La mise en œuvre d’un véritable plan d’action pluriannuel est impérative« .