« La marche des imams contre le terrorisme » ne fédère pas à Toulouse

« La marche des imams contre le terrorisme » ne fédère pas à Toulouse

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Une cinquantaine de responsables musulmans ont entamé un tour de France en autocar pour se désolidariser des actes de terrorisme qui ont frappé la France depuis 2012. Bruxelles, Paris, Berlin et Toulouse figurent parmi les étapes. Ils se sont arrêtés au lycée Ozar Hatorah, mercredi 12 juillet. 

Pas facile de réunir les musulmans sur la question du terrorisme. Une cinquantaine de responsables religieux se sont rendus devant le lycée Ozar Hatorah, à Toulouse, pour se recueillir devant cet établissement juif, visé par Mohammed Merah en 2012. Arrivé en car en fin de matinée, les imams étaient attendu par de nombreux journalistes. Seule une cinquantaine de personnes était présente et ont échangé quelques temps, en mémoires des 4 victimes décédées.

Mais cette initiative n’est pas du goût de tous les responsables musulmans. Ahmet Ogras, représentant du Conseil du culte musulman français, Dalil Boubakeur et Abdallah Zekri de la Grande mosquée de Paris, ainsi qu’Amar Lasfar des Musulmans de France, ont condamné cette action, notamment en raison de la présence de certaines personnalités, comme l’ancien imam de Drancy, Hassen Chalghoumi. Lequel se défend dans les colonnes de La Dépêche « C’est indigne de leur part de ne pas s’associer ».

Localement, Abdellatif Mellouki, porte parole du Conseil français du culte musulman à Toulouse, juge l’initiative auprès d’Actu.fr « contre-productive. Les musulmans n’ont pas à être représentés par des imams déguisés. Nous ne comprenons pas pourquoi on donne autant d’importance à cette tournée qui est ridicule. »

Abderrahmane Oumachar, membre du Centre Toulousain de la Spiritualité Musulmane, estime  quant à lui que cette « démarche médiatique fait du tort à la cause prétendument défendue ». Abderrahmane Oumachar s’explique à actu.fr : « La question du terrorisme ne relève pas de la seule responsabilité des musulmans. »

Après cette cérémonie informelle, les représentants sont ensuite allés déjeuner à l’Espace du Judaïsme. Un espace qui avait été attaqué par un pro-palestinien en 2014. Le cortège devait initialement reprendre la route en direction de Nice, un an après l’attaque du 14 juillet sur la Promenade des Anglais. Mais leur réunion a été interdite par le Président de la République lui-même, tenant à éviter un énième épilogue, notamment sur la question sécuritaire.

Les fidèles musulmans de Toulouse n’ont, en tout cas, pas répondu à l’invitation de leur représentant.