Toulouse. Nouvelle fusillade mortelle à La Reynerie : un quartier sous haute...

Toulouse. Nouvelle fusillade mortelle à La Reynerie : un quartier sous haute tension

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Pour la deuxième fois de l’été, une fusillade a éclaté dans le quartier de La Reynerie, faisant un mort et trois blessés. Un mois après le décès dans les mêmes circonstances de Djamel Tahri, le quartier fait une fois de plus parler de lui pour des faits de violence.

Dans la nuit de dimanche à lundi, vers minuit, la guerre des gangs a repris ces droits dans le quartier de La Reynerie, chemin André Messagé. Alors que quatre hommes se trouvaient dans leur véhicule, une voiture s’arrête à leur hauteur. Les coups de feu résonnent. Les quatre assaillants, cagoulés, tirent avec au moins une kalachnikov. Une quarantaine de douilles sont retrouvées prêt de la Fiat des victimes, ne laissant que peu de chances à Redouane Bouzegou, âgé de 29 ans, et ses amis à ses côtés. Après avoir riposté, les victimes se sont eux-même rendus à l’hôpital sans attendre les forces de l’ordre, alertés par des riverains.

Des victimes bien connues de La Reynerie

Si Redouane Bouzegou a été déclaré mort dès son arrivé aux urgences, son frère Yassir et Abdelkrim Koulel, tous deux 26 ans ont été grièvement blessé mais sont aujourd’hui hors de danger. Deux autres individus ont été blessés plus légèrement. Tous, sont particulièrement connus des services de police, comme trafiquants notoires de stupéfiants. Le frère de Redouane avait été soupçonné dans l’affaire de l’assassinat de Nabil Bennani en décembre 2013, d’une rafale de kalachnikov aux Izards. Il avait été incarcéré puis remis en liberté. Le parquet vient d’ailleurs de requérir un non-lieu à son égard dans ce dossier. Abdelkrim Koulel, de son côté, a déjà échappé à plusieurs tentatives d’assassinat. Il avait notamment été blessé par balles aux jambes, en août 2016, près d’un établissement de nuit des allées Jean-Jaurès à Toulouse.

L’homme décédé, Redouane Bouzegou, père de famille, était plus connu dans le milieu du ju-jitsu brésilien que de la justice. Était-il particulièrement visé ?

Une enquête pour « assassinat et tentatives d’assassinats » sera menée par le service régional de la police judiciaire. « Au regard des circonstances des faits, la piste d’un règlement de comptes est privilégiée», a indiqué le parquet de Toulouse.

La Reynerie, un été sous haute tension

Depuis le début de l’été, la vie dans le grand ensemble du Mirail est loin d’être aussi réjouissante que dans le documentaire de François Chilowicz. Entamé par une première fusillade, où un tireur vêtu d’habits islamiques a tué un homme et blessé six personnes le 3 juillet dernier, l’été s’est poursuivi avec quelques délits quotidiens, dont les policiers semblent s’habituer au fil du temps. Mais le premier week-end d’août aura été chargé : deux jours avant cette fusillade, une ambulance a été la proie d’un incendie, criminel semble t-il, alors qu’elle intervenait auprès d’une jeune femme en détresse, victime d’un malaise. L’incendie de ce véhicule d’urgence n’avait heureusement pas fait de victime. Les services médicaux et de secours ont exprimé par la suite leur « dégoût » et leur « crainte de se rendre dans ce secteur ».

Si Toulouse n’est pas encore Marseille, la guerre des gangs est bien entamée dans la ville rose.