L’Action Française fait sa rentrée à Toulouse, le 16 septembre

L’Action Française fait sa rentrée à Toulouse, le 16 septembre

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L’Action Française se reforme en Occitanie et organise pour l’occasion une réunion de rentrée à Toulouse, le samedi 16 septembre prochain. Rencontre avec le responsable de l’AF Occitanie. 

« Ce laboratoire idéologique de la réaction, hélas non dénué de talent, qui poursuit son travail de subversion. » C’est par ces mots qu’Edwy Plenel, journaliste à Médiapart a décrit l’Action Française. Si le mouvement, fondé en 1898 par Maurice Pujo et Henri Vaugeois, a connu de nombreux coups durs à travers son histoire, l’AF a su résister et survit toujours à l’heure actuelle.

En Occitanie, la nouvelle section tient à se développer. Le responsable local, Pierre de Meuse a bien voulu répondre aux questions d’Infos-Toulouse.

Bonjour, pouvez-vous tout d’abord présenter l’Action Française, son histoire et l’évolution de ces dernières années ?

PM : L’Action Française est le plus ancien mouvement politique français, puisqu’il a été fondé dans les toutes dernières années du XIX° siècle. Il s’est fondé sur une doctrine élaborée par Charles Maurras et ses collaborateurs comme Jacques Bainville ou Léon Daudet et bien d’autres. Il pose comme une nécessité la perpétuation de la France et la soumission de toutes les questions politiques à cette prémisse. Il critique sans concession les bases des institutions de la France républicaines parce que leurs bases philosophiques conduisent à l’abaissement et finalement à la destruction de notre pays. Il se rattache à la Contre-révolution doctrinale et intègre les apports de l’anarcho-syndicalisme et du catholicisme social. L’AF n’est pas seulement un mouvement de pensée, mais aussi un mouvement d’action politique, dans le but de permettre la condition du renouveau national, la restauration de la monarchie avec la dynastie nationale de la France.

Vous organisez une réunion de rentrée à Toulouse, quel sera le programme ?

Nous expliquerons d’abord pourquoi nous sommes royalistes et quels sont les arguments. Puis nous présenterons les grandes lignes de l’action que nous comptons mener dans la ville rose et dans la région afin d’étendre notre influence. Nous constituerons à cet effet des équipes en sollicitant les bonnes volontés et nous terminerons cette réunion par des agapes amicales.

Depuis quelques années l’Action Française était absente des rues de Toulouse, aujourd’hui elle fait son retour. Toulouse est-il réceptif aux messages royalistes ?

Il y a eu naguère une section florissante dans cette ville, et les anciens sont invités à reprendre le combat. Nous avons encore en mémoire le colonel Borius, hélas décédé, Philippe de Cours, Philippe Bellan et tant d’autres. On constate aujourd’hui un regain d’intérêt pour notre lutte et nous nous efforcerons de ne pas décevoir ceux qui nous rejoignent.

Vous revendiquez des sections dans toute l’Occitanie, comment cela s’organisera t-il ? Sur combien de militants pouvez-vous vous appuyer ?

La section de Toulouse a été créée l’an dernier et nous avons vu affluer plusieurs dizaines de sympathisants aux réunions de formation avec des débats roboratifs. Je pense que nos efforts permettront, à Toulouse et dans tout le pays d’Oc, la constitution de réseaux et d’équipes efficaces.

Quels sont les projets et les objectifs de l’Action Française Occitanie ?

D’abord un objectif est d’être reconnus comme des interlocuteurs et des partenaires par tout ce qui réagit contre la trahison hélas si répandue. Nous devons fournir une réplique de proximité à tout ce qui interpelle l’opinion, et donner la réponse adaptée. Ni salonnards, ni marginaux, ouverts à tous mais sans peur de déplaire, comme des gens responsables, les militants d’AF ont une place à tenir dans cette ville et la tiendront.

Les autres sections de l’AF ont la vie dure, comme à Lyon et Marseille (locaux saccagés, attentats…), dans une ville réputée très à gauche, ne craignez pas pareille fronde ?

Nous en sommes parfaitement conscients mais ne la craignons pas. Il faut que chaque action soit menée en évitant des risques inutiles, mais en sachant que nos ennemis souhaitent nous éliminer. Comme nous ne voulons pas être étouffés, il faut s’organiser afin d’être forts.

En quoi cela consiste d’être un militant de l’AF ?

Un militant d’AF doit d’abord être un homme libre. Il doit effectuer une analyse politique constamment renouvelée de ce qui nous entoure afin de formuler une opinion lucide et motivée ; Il ne doit pas être un nostalgique, mais accepter joyeusement, à son niveau l’héritage culturel de notre pays. Il doit se tenir à l’écart des espérances trompeuses et mettre sa personne au service de son idéal, dans l’action commune, raisonnée, solidaire et hiérarchique.

Un dernier petit mot ?

Bien des choses renaîtront, comme l’écrivait Horace il y a 2030 années, que l’on croyait mortes.

Propos recueillis par N.R