Retour sur le déplacement d’Emmanuel Macron à Toulouse

Retour sur le déplacement d’Emmanuel Macron à Toulouse

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Après avoir esquivé Toulouse durant la campagne présidentielle, c’est en Président de la République dans la tourmente qu’Emmanuel Macron s’est rendue dans la ville rose. Officiellement, le but de ce déplacement était de parler Logement. Officieusement, c’est un coup de communication qui s’est ajouté au programme. 

C’est un déplacement qui s’annonçait périlleux pour le président de la République à Toulouse. En pleine tourmente suite à ses propos sur « les fainéants », sa chute estivale dans les sondages et la rentrée syndicale qui mobilise la gauche en ce début de semaine, Emmanuel Macron a souhaité paraître pour un président proche des Français, en s’offrant notamment une déambulation dans les rues et un bain de foule très médiatisé sur le Capitole.

Venu présenter son plan au logement, Emmanuel Macron a débuté sa journée en visitant le Centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) dans le quartier des Carmes, rencontrant des travailleurs sociaux et deux résidentes. Accompagné du maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, le Président de la région Carole Delga, et le député-référant sur le département Mickaël Nogal, la délégation s’est ensuite élancée en direction du Capitole. Une marche déambulatoire marquée par quelques interpellations de citoyens et de journalistes. Un militant du Droit Au Logement 31 a réussi à questionner le président.

Macron répond au DAL Toulouse

TOULOUSE – Des militants du DAL interpellent Emmanuel Macron.

Publié par DAL – Droit Au Logement sur lundi 11 septembre 2017

 

Place du Capitole avec plus d’une heure de retard, le président est attendu par quelques centaines de curieux et de militants d’En Marche installés derrière des barrières tout autour de la place. Emmanuel Macron s’est donc offert un tour d’honneur très médiatique, serrant les mains et multipliant les selfies. Un jeune homme n’a pas pu retenir ses larmes, lorsque le Chef de l’Etat s’est adressé à lui.

https://twitter.com/KhagnibAlex/status/907279787231719424

Mais ce bain de foule n’a pas manqué d’être moqué par les détracteurs du Président, arguant qu’ils n’étaient peut-être pas autant d’admirateurs que les images des caméras le laissait penser.

https://twitter.com/JimHemaer/status/907505273354452992

« Ce n’était pas la citoyen lambda. Car ils l’ont attendu longtemps même s’il était en retard » nous confirme un témoin de la scène.

Au Capitole, là où aucun président de la République en exercice ne s’était rendu depuis 30 ans, Emmanuel Macron a annoncé la création de 50 000 places supplémentaires pour le logement aidé dans des pensions de famille (10 000) ou le parc locatif (40 000), pour remplacer les nuitées d’hôtels très coûteuses, et ce dès 2018 et « sur tout le quinquennat ».

Jean Luc Moudenc interpelle Emmanuel Macron sur la sécurité

Ce n’était pas un sujet à l’ordre du jour, mais la situation Toulousaine est telle, que le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc s’est permis un petit écart en demandant au chef de l’Etat des moyens supplémentaires en matière de sécurité, « l’État n’est pas au rendez-vous des enjeux » a t-il lancé.

Il est vrai que la colère des policiers, en nombre insuffisant et victimes chaque semaine de nouvelles attaques de la part de trafiquants de drogue et de racailles dans les quartiers du Grand Mirail, s’est accentuée ces derniers mois. Surtout depuis les deux règlements de compte à La Reynerie en l’espace d’un mois. Impuissant en matière de compétence de la police nationale et dans l’impossibilité financière à augmenter les effectifs de la municipale, Jean-Luc Moudenc n’a pas eu d’autres choix que de miser sur le système de vidéosurveillance. Un choix discutable tant que les caméras ne pourront descendre de leur poteaux pour parer à quelque agression.

 

Une journée marquée par la polémique après les propos de Macron sur « les fainéants »

Crédit photo : Infos-toulouse.fr

Depuis la Grèce, la semaine dernière, il avait qualifié de « fainéants, cyniques et extrémistes », les opposants à la réforme du Code du travail. « Mon discours était très clair, s’est défendu le président en précisant qu’il visait toutes celles et ceux qui pensent qu’on ne doit pas bouger en Europe et en France. » Une défense qui ne calme pas les ardeurs de la gauche. Ils étaient plusieurs centaines à s’être réunis sous le monument aux morts de François Verdier pour accueillir le président. A l’appel des réseaux sociaux, des militants de la France Insoumise, du DAL31, de Voie Prolétaire et des syndicats Sud et CGT battaient le pavé en guise d’échauffement avant le grand rendez-vous de ce mardi 12 septembre.

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