Toulouse Big Brother. La vidéosurveillance se développe à défaut des effectifs de...

Toulouse Big Brother. La vidéosurveillance se développe à défaut des effectifs de police

819
PARTAGER

Pour faire face à la montée de la délinquance dans la ville rose, la mairie a décidé de développer son système de vidéosurveillance. Si la commune est habituée à voir se fixer des caméras un peu partout dans ses rues, beaucoup de Toulousains haussent le ton et reprochent à l’État de ne pas augmenter les effectifs de police.

316 caméras, c’est le chiffre à retenir lorsqu’on parle de sécurité à Toulouse. Avec la dernière vague d’installation datant d’août dernier, la ville s’est parée d’importants atouts sécuritaires, mais semble toujours en difficulté face aux problèmes quotidiennement rencontrés par ses policiers.

D’ici la fin de l’année, la municipalité espère atteindre les 350 caméras, réparties entre le centre-ville, extrêmement criminogène à cause des nombreuses sorties de soirées étudiantes, et de la délinquance tractée par le métro. Un effort considérable a également été fait pour couvrir les quartiers de Bellefontaine-Reynerie-Bagatelle, déjà tristement célèbres pour les faits divers à répétition, souvent liés aux trafics en tout genre. Aussi, le quartier de Sept Deniers, dont la population croît avec constance, voit également s’installer davantage de caméras. Si la marie souhaite désormais se concentrer sur les quartiers périphériques de Toulouse, certains au centre-ville connaîtront toutefois une attention renouvelée, notamment la rue Bayard, réaménagée durant l’été, à l’approche de la rénovation de gare Matabiau et de la construction de la Tour Occitanie.

Ce plan d’installation demeure l’un des plus ambitieux en France. Avec un coût de près de 5 millions d’euros, il vise à doter la ville d’un nombre suffisant de caméras dont la gestion est confiée à la police municipale, mais aussi à augmenter les effectifs de celles-ci. Dans cette optique, de nombreux agents ont été recrutés et assurent, en lieu et place d’une police nationale débordée, les interventions de lieux communs. En ce sens, la ville s’était dotée il y a 2 ans d’une application (AlloToulouse) permettant ainsi une liaison plus directe entre la police municipale et ses administrés.

Toujours dans cette même veine sécuritaire, la mairie étudie toujours la possibilité que les agents de la police municipale portent des caméras. Celles-ci servent de preuve devant les tribunaux ; mais elles ont surtout pour effet de dissuader certains comportements « anti-policiers ».

La vidéosurveillance pour combler un manque criant d’effectif de police

Si l’installation de caméras ne suscite que peu d’opposition, le manque d’effectifs policiers mobilise davantage. Sujet récurant à Toulouse, les effectifs ne semblent toujours pas devoir augmenter. Pourtant, du côté des syndicats, comme du côté de la marie, la demande est unanime, comme l’a spécifié Jean-Luc Moudenc au président de la République lors de sa visite, le 11 septembre dernier ! Et pour cause, si Toulouse est la quatrième ville de France, elle est dotée de 300 agents de moins qu’une ville comme Bordeaux dont la population est moindre et dont la croissance démographique stagne.

La situation semble donc particulièrement difficile à améliorer, alors que dans le même temps, les règlements de compte se font de plus en plus nombreux, au point de menacer la sécurité des policiers qui assurent leurs patrouilles dans les différents quartiers toulousains.

Dans le même temps, d’autres idées sont évoquées dans le but de renforcer la présence policière sur le terrain. Jean-Luc Moudenc s’est ainsi montré intéressé par la perspective de recevoir, en expérimentation, la police de proximité que souhaitait rétablir le candidat Macron. Il s’agirait selon le maire de renforcer la lutte contre la criminalité organisée liée à la vente de drogue, mais aussi contre le terrorisme.
En attendant de recevoir sous des auspices favorables la promesse de voir les effectifs de police augmenter, la ville devra se contenter de l’installation toujours dense de caméra de vidéosurveillance.

Les esprits critiques noteront toutefois que les caméras ne savent toujours pas descendre de leurs poteaux pour stopper une agression.

L.P