Aéroport de Toulouse. Première mesure des actionnaires chinois, démettre le directeur

Aéroport de Toulouse. Première mesure des actionnaires chinois, démettre le directeur

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Le directeur de l’aéroport de Toulouse Blagnac, vient d’être démis de ses fonctions par les nouveaux actionnaires chinois de Casil Europe. Un limogeage surprenant, après que les repreneurs lui ont renouvelé leur confiance lors de sa réélection en mars 2017. Jean-Michel Vernhes partira dès 2018, après 19 ans de bons et loyaux services. 

C’est un premier bouleversement depuis l’arrivée des investisseurs Chinois de Casil Europe au sein de l’Aéroport de Toulouse-Blagnac. Jean-Michel Vernhes, directeur depuis 1999, sera démis de ses fonctions dès 2018, alors même qu’il venait d’être réélu pour un nouveau quinquennat, en mars dernier. C’est au cours d’une convention interne que les salariés ont eu la confirmation de cette information, le 14 septembre dernier.

Un cabinet de recrutement spécialisé, dirigé par la présidente du Conseil de surveillance de l’aéroport, Anne-Marie Idrac, a été mandaté pour lui trouver un successeur. De leur côté, les salariés et leurs représentants syndicaux s’inquiètent de la signification de cette nouvelle. Quel virage s’apprête à prendre l’aéroport ? « Je crains qu’il ne soit là que pour faire du chiffre et couper des têtes si nécessaire. Ce qui n’était absolument pas la philosophie de Jean-Michel Vernhes. » confie l’un d’entre eux à nos confrères de Touleco.

L’aéroport de Toulouse était pourtant sur une pente ascendante

Si les raisons officielles de son départ restent encore floues, l’aéroport de Toulouse-Blagnac reste sur une année 2017 fructueuse. La plateforme a accueilli 792 781 passagers, rien que sur la période d’août 2017, soit 23,1% de progression en l’espace d’un an. Un record.

Surtout, les actionnaires empochent de plus en plus de dividendes. Fin juin 2017, un versement de 7,85 millions d’euros sur les résultats 2016 avait fait polémique, les collectivités locales préférant pour leur part investir sur le développement des infrastructures. Rappelons que les parts de l’entreprise sont partagées. 50% appartiennent depuis avril 2015 aux actionnaires Chinois du groupe Casil Europe, 25% pour la Chambre de commerce et d’industrie de Toulouse, 10% à l’Etat. Les 15% restants étant divisés équitablement entre la Région Occitanie, le Département de Haute-Garonne et Toulouse Métropole. L’intégralité de ces dividendes (5,8 M€) auxquels se sont ajoutés 1,5 M€ ponctionnés dans les réserves de l’aéroport, ont été versés. Soit 14 années de dividendes… versées en deux ans !

La nouvelle décision de démettre Jean-Michel Vernhes ne fait pas l’unanimité au sein des actionnaires. Mais si les rumeurs faisant état de la vente de nouvelles parts de l’Etat, au profit des Chinois, se confirment, plus rien n’empêchera Casil Europe d’imposer sa loi. Le groupe aurait la majorité absolue au sein du conseil d’administration.