La LGV met tous les élus d’accord, mais peine à mobiliser les...

La LGV met tous les élus d’accord, mais peine à mobiliser les citoyens de la région

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Plusieurs centaines d’élus se sont rassemblé mardi 4 octobre à l’hôtel de région de Toulouse pour dire « oui » aux lignes à grande vitesse (LGV). Un bras de fer qui continue entre les élus de l’Occitanie et l’Etat, qui ne semble pas s’empresser de s’occuper du dossier.

Martin Malvy, Jean-Luc Moudenc, Philippe Saurel, Carole Delga et Robert Ménard côte à  côte en faveur d’un même projet ? C’est possible ! Mardi 4 octobre, plusieurs centaines d’élus d’Occitanie se sont rassemblés à l’Hôtel régional de Toulouse pour se mobiliser en faveur de la ligne à grande vitesse. Deux projets sont particulièrement souhaités : les lignes Bordeaux-Toulouse et Montpellier-Perpignan. Face aux réticences du gouvernement, Carole Delga dénonce une mise à l’écart des départements de l’Occitanie :

« Nous sommes la seule région qui a été écartée de la LGV. Nous ne voulons plus que Toulouse, Montpellier, Perpignan et nos départements soient mis à l’écart du reste du pays et de l’Europe ».

La LGV, Point de rupture avec le gouvernement.

Si Carole Delga a explicitement appelé à voter Emmanuel Macron à l’entre-deux tour de l’élection présidentielle, il semblerait que la question de la LGV a mis de l’eau dans le gaz entre les deux personnages. Sans jamais les citer, la présidente du Conseil régional s’en est pris au Chef de l’Etat et au Ministre de l’Ecologie, Nicolas Hulot.

« Je ne crois à une décision sacrée venue d’en haut, qui nous imposerait ce qui est bon ou pas pour nous. Ces deux lignes ne sont pas un caprice des élus ou des chefs d’entreprises mais une vision partagée du développement économique du pays », a-t-elle dénoncée.

De son côté, le maire de Toulouse, Jean Luc Moudenc a mis en avant la décentralisation qui fait la force de la France : « A l’heure de la création des grandes métropoles et des nouvelles régions, je rappelle que la France est décentralisée. Elle appuie sa croissance sur des moteurs situés sur l’ensemble de son territoire. De nombreuses villes qui ont la LGV sont loin d’avoir la croissance économique et démographique de Toulouse ».

La LGV. Une promesse vieille de 25 ans

Après avoir participé financièrement à la construction d’autres lignes, en attendant la desserte de Toulouse et Perpignan, la région se prépare depuis 25 ans à accueillir la LGV. Georges Méric, président du Conseil Départemental de la Haute-Garonne précise : « La Haute-Garonne aura payé 80 millions d’euros pour la ligne Bordeaux-Tours ».

Au Front National, Julien Leonardelli s’est chargé de communiquer au nom du groupe FN Occitanie. Favorable au projet, il espère que la LGV permettra « enfin de désenclaver le Grand Sud-Ouest. Ces lignes LGV sont plus que jamais nécessaires à un maillage territorial optimal, qui faciliterait les déplacements, favoriserait l’emploi et la croissance de notre région dans une France durable. »

Outre les personnalités politiques citées précédemment, de nombreux autres acteurs de la région se sont prononcés pour la ligne à grande vitesse. Parmi eux, Olivier Sadran, président du Toulouse FC, Claude Onesta, entraîneur de handball, Laurent Pourcel, chef étoilé à Montpellier, Michel Sarran, chef cuisinier.

Des élus à la recherche d’un soutien populaire

Si les élus sont déterminés à se battre jusqu’au bout pour convaincre le gouvernement de mettre en place la LGV, la mobilisation ne semble pas s’étendre à la population de la région. Alors que Carole Delga prévient le gouvernement : « Nous sommes dans une terre de rugby et aujourd’hui, nous sommes un très gros pack à vouloir ces lignes. » Plus tard, elle s’avance même : « Nous ne sommes pas juste quelques centaines dans cette salle, nous sommes en fait des millions ! »

Une phrase qui fait référence au sondage donnant le « Oui » à 88% d’habitants d’Occitanie et du Lot-et-Garonne. Une victoire éclatante ! Oui, mais, l’échantillon ne représente que 807 votants. Soit un nombre bien trop petit pour mesurer un quelconque engouement, et ce malgré le soutien du quotidien de Jean-Michel Baylet, La Dépêche, incitant ses lecteurs à voter « Oui » tous les jours.

N.R