Une statue d’Anne de Kiev offerte à la ville de Toulouse

Une statue d’Anne de Kiev offerte à la ville de Toulouse

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Statue d'Anne de Kiev, déjà existante à Senlis (60)

Lundi 23 octobre, le maire de Toulouse recevait son homologue de la capitale ukrainienne Vitali Klitschko. C’est la première fois, depuis le jumelage en 1975, que le maire de Kiev se déplaçait en personne au Capitole. Et pour marquer le coup, il n’est pas venu les mains vides. Une statue d’Anne de Kiev trônera désormais à Toulouse.

Jumelés depuis 1975, alors que l’Ukraine était encore sous le joug soviétique, Toulouse et Kiev entretiennent leur lien d’amitié. Et pour ce fait, Jean-Luc Moudenc recevait, lundi 23 octobre dernier, au Capitole, son homologue Kieviens. C’est la première fois, que le maire en exercice de la capitale ukrainienne se déplace jusque dans les bureaux de la mairie de Toulouse. Et pour célébrer cette amitié longue de 42 ans, il a offert à la municipalité une statue d’Anne de Kiev, symbole de l’union entre la dynastie kievienne et francs, par le mariage de la princesse avec le roi Henri Ier, au XIe siècle. Elle sera exposée, à une date non communiquée dans l’ancienne église désacralisée Saint-Pierre-des-Cuisines, jouxtant la place Saint-Pierre.

Dans le cadre du jumelage entre Toulouse et Kiev, j'ai eu le plaisir de recevoir le maire de la capitale ukrainienne Vitali Klitschko. De nombreux projets ont permis de rapprocher nos deux villes et son cadeau, une statue en bronze d'Anne de Kiev, prendra bientôt place dans Toulouse

Publié par Jean-Luc Moudenc sur lundi 23 octobre 2017

Vidéo de la mairie de Toulouse, publiée sur la page Facebook de Jean-Luc Moudenc.

Anne de Kiev, princesse de Kiev et reine des Francs

Il y a eu au long de la période médiévale de nombreuses reines qui ont façonné l’Histoire. Cependant nombre d’entre-elles sont tombées dans l’oubli de nos manuels scolaires. Parmi elles, Anne de Kiev, épouse de Henri Ier, au visage ovale délicat et au regard envoûtant, émouvant et sombre.

Anne de Kiev aussi appelée Anne de Russie, de Ruthénie, d’Ukraine ou bien d’Esclavonie descend de la lignée de la famille d’Iaroslav. Elle est la fille du vaillant Grand Prince de Kiev et d’Ingigerde de Suède et de Norvège. Elle naquit en l’an 1027. De part son rang social, elle acquit une excellente éducation. Selon sa lignée, être instruite est un don d’une richesse infinie de l’héritage même de Constantinople, Rome ou de la Grèce Antique.

Alors qu’Anne vivait une vie sainte et pieuse, au même moment en France, le roi Henri 1er devient veuf. Sa femme, Mathilde de Frise décède en couches. Henri, n’ayant pas d’héritier mâle, part en quête d’une nouvelle femme. Il envoie des diplomates à travers l’Europe pour lui trouver à marier. Il devra patienter 4 longues années avant de trouver la princesse n’appartenant pas de près ou de loin à sa parenté.

Puis en 1049, un émissaire revint, lui parla de la beauté sans pareille d’Anne, princesse slave. A partir de ce moment, son destin sera étroitement lié à celui de la France. Après une visite royale auprès de sa famille, le Prince cède sa fille au roi. Enchantée à l’idée de devenir reine de France, elle arrive après plusieurs mois de voyage à Reims en 1051. Selon Philippe Delorme, journaliste à Point de Vue, ce fut le coup de foudre entre eux, le roi, dès leur première rencontre, fut subjugué par sa beauté. Ils se marièrent le 19 mai 1051 et fut sacrée reine des Francs le même jour. Cette union signa les prémices d’une alliance franco-russe qui sera brève. En effet, le roi mourut le 4 août 1060. Heureusement, leur mariage donnera trois fils : Philippe, Robert et Hugues. A la mort de Henri 1er, Philippe, son aîné fut proclamé roi, mais étant trop jeune, Baudouin V, son oncle, s’octroya la régence.

Anne, reine des Francs, ne fut veuve que peu de temps, car elle tomba sous le charme d’un grand seigneur, à forte réputation de batailleur, Raoul le Comte de Valois et de Vexin. Il répudia son épouse, Haquenez et enleva la reine, qui était complice. Ils se marièrent en secret. Cet enlèvement et ce mariage non consenti par l’Eglise furent scandale à la cour. Le Pape, Alexandre II vit d’un mauvais œil le comportement des deux jeunes mariés. Il annula le mariage et excommunia le comte. En 1071, celui-ci rendit l’âme, la reine Anne revint à la cour où son fils, devenu Philippe Ier, gérait seul les affaires de l’Etat.

Les archives ne nous permettent pas d’affirmer la fin de sa vie, néanmoins il existe plusieurs hypothèses. En effet, sa tombe a été retrouvée en 1682 dans l’abbaye de Villiers, près de la Ferté-Alais. Cependant, la reine s’est également vu offrir une terre à Verneuil, près de Melun où elle aurait fini sa vie avant de mourir vers 1076 sans avoir connu son petit fils, futur Louis VI, né en 1081. Dès 1079, la reine Anne va tombé dans l’oubli de l’Histoire.