Un tract de Génération Identitaire affole la direction de l’Université Toulouse-Capitole

Un tract de Génération Identitaire affole la direction de l’Université Toulouse-Capitole

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Des tracts de Génération Identitaire ont été disposés dans une dizaine d’amphithéâtres de l’Université Toulouse-Capitole, mercredi 8 novembre. Une action qui n’a rien d’inédit dans l’enceinte de la faculté, mais le sujet de ces flyers n’a pas plu à la direction de l’UT1. 

Pas de migrants en Europe. C’est le slogan du tract disposé à plusieurs milliers d’exemplaires sur les tables des amphithéâtres de l’Université Toulouse-Capitole. Leurs auteurs ? Les militants de Génération Identitaire, un mouvement européen de jeunes qui s’engagent contre l’immigration, l’islamisation et la globalisation. Une action qui n’a pas été du goût de la Présidente de l’Université, Corinne Mascala.

Dans un courriel adressé à l’ensemble des étudiants et des professeurs, Corinne Mascala a condamné « des pratiques porteuses de violences et de haine » et assure vouloir « renforcer ses mesures de sécurité ».

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De son côté, la Corpo Arsenal, association étudiante de la faculté a dénoncé ces « tracts prônant l’islamophobie et l’intolérance » et a appelé à « lutter contre toute forme d’obscurantisme et d’œuvrer pour l’inclusion sociale ».

Chers étudiantes, chers étudiants, Suite à la diffusion de tracts prônant l’islamophobie et l’intolérance dans les…

Publié par Corpo Arsenal sur mercredi 8 novembre 2017

Des réactions de soutiens à Génération Identitaire

Sur les réseaux sociaux, Quentin Lamotte, conseiller régional du Front National a apporté son soutien aux militants de Génération Identitaire. Dans un tweet, il a dénoncé un « deux poids, deux mesures avec la prolifération de tracts d’extrême-gauche qui appellent à la haine de la France ».

Julien Leonardelli, secrétaire départemental du FN31 s’est lui aussi exprimé sur Twitter dénonçant les accusations de Corinne Mascala.

Chez les étudiants la question divise. Si pour une majorité d’entre eux, contexte toulousain oblige, le message « a choqué » et « n’a pas sa place ici », quelques uns tentent de défendre la liberté d’expression. « Si l’on condamne pour les uns, il faut condamner les autres » nous confie un étudiant de Droit.

Génération Identitaire Toulouse réagit

De son côté, le mouvement politique justifie son action : « nous nous adressons avant tout aux jeunes de notre pays. Les universités sont donc naturellement des espaces que nous fréquentons, au même titre que les lycées et plus généralement la rue. » Ce n’est pas la première fois que ce genre de tractage est effectué, « nous diffusons notre message à la moindre occasion. » A travers sa page facebook, la fédération toulousaine revendique « des messages de soutien et de nouvelles adhésions. Pas une semaine ne passe sans retours positifs ».

Les fameux tracts déposés sur les tables des amphis présentent leur dernière campagne : « Défendons l’Europe ». « En effet, nous nous sentons profondément européens et il nous apparaît primordial de protéger notre civilisation. Mais attention, nous militons contre cette Union Européenne multiculturelle, véritable passoire pour migrants clandestins et pour islamistes. Nous défendons une Europe fière de ses racines gréco-latines et qui assume son héritage helléno-chrétien. Nous voulons une Europe forteresse qui protège » présente Adrien Dominguez, responsable local de Génération Identitaire.

En réponse à la Présidente de l’Université, le porte-parole toulousain émet une hypothèse. « Madame la présidente s’est sûrement mal exprimée : elle voulait sans aucun doute elle aussi dénoncer la haine et la violence des islamistes. A l’heure où nos sœurs et nos frères se font mitrailler, écraser ou égorger aux 4 coins de l’Europe au cri d’ « Allah Akbar », nous nous étonnons qu’il puisse en être autrement. » Quoi qu’il en soit, à défaut de faire l’unanimité, les militants de GI « se félicitent que leur action puisse permettre d’élever le niveau de sécurité de l’Université, ce qui n’est pas une mauvaise chose en ces temps de menace terroriste. »

Quelle place pour la politique dans les facultés ?

Théoriquement, seules les associations étudiantes, reconnues par la faculté peuvent distribuer des tracts à l’intérieure de l’enceinte. Mais dans la pratique, plusieurs étudiants nous confient « avoir déjà vu des tracts pour Philippe Poutou, Jean-Luc Mélenchon ou Benoît Hamon durant la campagne pour l’élection présidentielle » sans que cela ne pose problème. De plus, la sélection des associations par la direction de l’université ne laisse pas beaucoup de place à la pluralité. En effet, le Collectif Marianne (proche du Front National) et La Cocarde (association transpartisane souverainiste) « s’étaient vu refuser la reconnaissance par la faculté », selon leur fondateur. Autre sujet politique au sein de l’enseignement supérieure, l’écriture inclusive. Si l’Université du Capitole n’est pas directement concernée, le nouveau langage imposé depuis quelques semaines dans le débat public par l’extrême gauche fait sa rentrée dans les universités de Toulouse. Ainsi, deux professeurs de la faculté Jean-Jaurès et trois de Paul Sabatier ont cosigné une tribune annonçant la fin de l’enseignement de la règle du masculin l’emportant sur le féminin. Un acte politique de la part de professeurs qui n’enseigneront plus la langue Française et ses règles grammaticales.

N.R