Toulouse. L’école Saint-Stanislas devrait accueillir en son sein… un hôtel de luxe

Toulouse. L’école Saint-Stanislas devrait accueillir en son sein… un hôtel de luxe

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La cour de l'école Saint Stanislas, aujourd'hui au cœur d'un débat fondamental pour l'avenir de l'école.

En grande difficulté financière, l’association Bellegarde, présidée par Monseigneur Le Gall, archevêque de Toulouse, a décidé de céder pratiquement la moitié de la cour de récréation de l’école Saint-Stanislas à une filiale de Vinci afin d’y construire… un hôtel de luxe. Révélée mi-octobre, cette solution n’est pas du goût de tout le monde, notamment du côté des parents d’élèves.

C’est un vent de colère qui souffle depuis un mois dans les couloirs de l’école Saint-Stanislas à Toulouse. Et pour cause, le 17 octobre dernier, lors d’un conseil d’établissement, les parents d’élèves ont appris que leurs enfants devront bientôt cohabiter avec les clients d’un hôtel quatre étoiles, directement implanté dans la cour de l’établissement. « On devait discuter de la rénovation et des mises aux normes de l’école mais on a appris qu’une partie de la cour de récréation avait été vendue pour construire cet hôtel de 99 chambres sur trois étages, avec un restaurant sur le toit » explique Claire-Marie Dragonet, présidente de l’association des parents d’élèves.

C’est la solution qu’a trouvé l’archevêché pour pallier au coût des travaux de rénovation que doit connaître cette école privée (plus de 2,1 millions d’euros) : « l’autre solution était de vendre le bâtiment et donc de fermer l’école Saint-Stanislas ! » se défend-il. Les parents, de leur côté, s’inquiètent pour le bien-être et la sécurité des enfants : « c’est un projet énorme, les travaux vont durer plusieurs années, c’est complètement incompatible avec le maintien des activités de l’école ! » fustige Sandrine, mère de deux enfants, tous deux scolarisés à Saint-Stanislas. La création d’un étage sur pilotis avançant sur la cour et la couvrant en partie indigne tout le monde…

Pris de court, les parents d’élèves se sont de suite mobilisés et ont lancés une pétition en ligne : Sauvons l’Ecole Saint Stanislas, comptant aujourd’hui pas moins de 3150 signatures. Ils poursuivent également le dialogue avec l’archevêché de Toulouse pour revoir le projet à la baisse et envisagent de lancer un financement participatif auprès de professionnels et de banques pour financer les travaux de réhabilitation de l’école. La Mairie de Toulouse a maintenant le dossier entre ses mains; elle a jusqu’au 31 janvier 2018 pour donner le feu vert au projet ou le rejeter.

L. Fandor