Victoire des autonomistes corses : un exemple pour les occitanistes ?

[Reportage] Victoire des autonomistes corses : un exemple pour les occitanistes ?

198
PARTAGER
corse autonomie occitanistes

Le score de Pè a Corsica, atteignant les 45,36% dès le premier tour des élections territoriales Corses illustre une renaissance de l’esprit régionaliste dans le cœur des Européens. Infos-Toulouse est parti à la rencontre des Occitanistes, partisans d’un plus fort pouvoir des régions. 

L’Etat Jacobin une fois de plus fragilisé. Les résultats du premier tour des élections territoriales corses, placent le parti nationaliste Pè a Corsica largement en tête. Avec plus de 45,30% des voix, Gilles Simeoni est bien parti pour garder la tête de l’assemblée insulaire. Un scrutin qui redonne vie au sentiment régional dans une Europe où l’Etat-Nation perd son influence.

Si ces scores dépriment les partis jacobins, largement distancés, les régionalistes de tout pays reprennent enfin espoir. Les Républicains et La République en Marche arrivent, respectivement, à la troisième et quatrième place avec 12,77% des voix pour l’un et 11,26% pour le parti du gouvernement. Le Parti Communiste ne recueille que 5,68% et le Front National s’écroule avec 3,28%, soit 7 points de moins qu’au dernier scrutin.

De quoi envisager sereinement le second tour des élections qui apparaissaient comme un vrai test – presque un référendum – sur la volonté des Corses de rompre en partie avec la France. L’accord passé entre autonomistes et nationalistes vise en effet à l’obtention d’un véritable statut d’autonomie dans les trois ans et sa mise en œuvre effective dans les dix ans. Dans cette deuxième manche, les listes de Valérie Bozzi (LR), Jean-Charles Orsucci (LREM), Jean-Martin Mondoloni (Droite régionaliste) et le président sortant Gilles Simeoni (Pè a Corsica) s’affronteront dimanche 10 décembre.

Quelques points à noter sur ce scrutin. D’après Gabriel Robin, journaliste pour L’Incorrect, le score détonnant de Gilles Simeoni « démontre la satisfaction des Corses quant à sa gestion de l’île depuis 2015 ». « Mais il faut nuancer avec le recul du taux de participation (52,17%, soit 7 points de moins qu’en 2015), qui montre que les électeurs n’ont pas trouvé beaucoup d’intérêt à cette élection », continue t-il.

Le 1er janvier 2018, la Corse changera à nouveau de statut, une conséquence de la loi NOTRe. Ses deux départements fusionneront et la Corse deviendra une collectivité territoriale unique, avec une seule instance pour gérer les compétences habituellement gérées par les départements et la région (avec en plus les compétences spécifiques que possède la Collectivité territoriale de Corse).

Lire aussi : Corse. Ecrasante victoire des nationalistes. Le Front national en déroute

La Corse, un modèle pour les occitanistes ?

Le monde occitaniste Toulousain est en ébullition depuis hier. « Cette victoire est symptomatique » commente Jean-François Laffont, président de l’association Convergence occitane. Une structure regroupant une centaine d’associations occitanes dans ses locaux de l’Ostal, à deux pas du Capitole. Et pourquoi pas une autonomie en Occitanie ? « Notre nouvelle région est plus grande que l’Autriche, contine Jean-François Laffont, nous pouvons dès lors faire valoir plus d’autonomie que l’on a aujourd’hui ». Mais pas question de parler d’indépendance, « je me sens Européen, Français et Occitan » affirme t-il.

Dans la célèbre boutique occitane Macarel, située rue du Taur, René Cantournet espère que l’Etat écoutera la voix des autonomistes. « Nous avons besoins d’hommes politiques du terroir, du territoire, qui ne roulent pas pour Paris ».

Retrouvez notre reportage.