Après les émeutes, mobilisation du FFOC à Toulouse

Après les émeutes, mobilisation du FFOC à Toulouse

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Image d'archive. Manifestation des Policiers en Colère, Janvier 2017. Crédit N.B / Infos-Toulouse

Un rassemblement de policiers en colère et de femmes des forces de l’ordre (FFOC) a eu lieu, samedi 6 janvier devant le commissariat central de Toulouse. Une cinquantaine de personnes a répondu à l’appel, en réaction aux émeutes de la Saint-Sylvestre. 

A Champigny-sur-Marne comme à Toulouse, le réveillon du nouvel an n’a pas été de tout repos pour les forces de l’ordre. En réaction à ces nouvelles attaques, devenues régulières, contre les policiers, le FFOC a organisé à la hâte un rassemblement, samedi 6 janvier, devant le commissariat central de Toulouse. Plus d’une cinquantaine de personnes était présente dans le silence pour demander « plus de moyens et de respect ».

Dans la foule, des proches de policiers, encadrés par la responsable des Femmes de Forces de l’Ordre en Colère 31, Michelle Delages, quelques citoyens et des hommes politiques, essentiellement de droite. Parmi eux, Jean-Louis Reland, conseiller délégué à la Ville de Toulouse. Il est venu pour « exprimer le sentiment des Toulousains et des Français qui enragent quand ils entendent les médias parler de jeunes, à la place de voyous. Qui enragent de voir la justice traiter ces délinquants avec trop de mansuétude, de voir des quartiers livrés aux caïds ». Après les efforts de la municipalité depuis trois ans, où les effectifs de la police municipale ont doublé, que les agents sont désormais armés et travaillent nuit et jour, l’élu espère que l’Etat fasse de même. « A Toulouse l’effectif des policiers nationaux est largement insuffisant. Il y a moins de policiers à Toulouse qu’à Bordeaux, alors qu’il y a plus d’habitants et de délinquance ici ». Et puisqu’on est en période de vœux, Jean-Louis Reland formule les siens : « J’attends de l’Etat que nos députés votent des lois plus sévères contre les délinquants, que la justice fasse davantage son travail, que les juges condamnent à des peines fermes les  personnes coupables de violence contre la police ».

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Le Front National était lui aussi représenté par deux élus : Julien Leonardelli et Quentin Lamotte. « Les policiers ont besoin de notre soutien puisque le gouvernement les laisse tomber » a déclaré le benjamin du Conseil Régional. « Nous aimerions que l’Etat prenne des mesures à la hauteur du malaise qui règne parmi les forces de l’ordre », continue t-il. Parmi ces mesures que le Front National souhaite voir instaurées : le réarmement moral des policiers, la remise en place de la présomption de légitime défense, et la réinstauration des peines planchers pour les faits commis contre des policiers. Julien Leonardelli s’est quant à lui exprimé sur une vidéo publiée sur la page du Front National 31.

Les FFOC attendent des actes de la part du Gouvernement

Porte-parole des FFOC 31, Michelle Delages explique la faible mobilisation par une organisation tardive. « Les médias ont annoncé les événements de Champigny très tardivement. Mais honnêtement, je m’attendais pas à voir autant de monde ». Pour répondre au malaise grandissant et gravissime dans la profession, Michelle Delages attend des actes. « On aura un combat très long, mais on ne lâchera rien ». Comme beaucoup de Français elle a été choquée de voir les deux policiers lynchés à Champigny-sur-Marne. Mais la goutte d’eau a sans doute été la déclaration du Ministre de l’Intérieur, quelques heures seulement après l’agression des agents. « Les festivités se sont bien passées » avait annoncé Gérard Collomb. La porte-parole des femmes de force de l’ordre préfère répondre avec humour. « Je suis contente pour lui si son réveillon s’est bien passé, mais pour les policiers ce ne fut pas le cas, loin de là ».

Sur le traitement médiatique de l’affaire, Michelle Delages se félicite de la visibilité de la vidéo sur internet. « Heureusement que la vidéo a tourné sur les réseaux sociaux et dans les médias alternatifs. Sinon est-ce que les médias en auraient parlé ? » Pas sûr, comme l’analyse Jean-Yves Le Gallou dans le dernier numéro d’I-média sur TV Libertés.