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« Il y aura une liste « Les Patriotes » à la mairie de Toulouse », entretien avec le nouveau référent du mouvement de Philippot

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Logo des Patriotes.

Après le départ de Florian Philippot du Front National, l’ancien vice-président vole désormais de ses propres ailes. Fondé en octobre dernier Les Patriotes souhaitent rassembler plus largement que Marine Le Pen. Si pour le moment seules quelques fédérations FN de l’Est et du Nord se sont déchirées, les nouvelles sections patriotes du sud-ouest n’attirent guère les foules. Infos-Toulouse est allé à la rencontre de Jérémy Rochet, le référent Les Patriotes 31.

 

Bonjour Jérémy Rochet, vous êtes désormais le référent du mouvement « Les Patriotes » en Midi-Pyrénées, qui êtes vous et pourquoi avoir choisi de suivre Florian Philippot ?

Alors je suis un étudiant en droit, donc je connais pas mal de choses, par exemple sur l’Union Européenne. Je suis également un étudiant souverainiste, donc je suis pour les États Nations, et non pour un grand État qui regrouperait les nations de l’Union Européenne actuelle. Il faut garder notre souveraineté monétaire, territoriale et legislative que l’on a perdu avec l’Union Européenne. Pourquoi Florian Philippot ? Il a apporté tout le côté social qu’il n’y avait pas au Front National. Il a modifié certaines choses, et de plus, on voit que le Front National recule de plus en plus et se replie sur lui-même malheureusement. Ce que j’aime chez Philippot, c’est qu’il est ouvert sur tout les sujets, que ce soit sur la question de l’abattage des animaux, alors que c’est un sujet très fermé au FN. Pareil pour la question du mariage pour tous, c’était un débat fermé au FN, on ne peut pas trop en parler. Chez « Les Patriotes », nous sommes ouverts et avons une position très claire : on gardera la loi !

« Sur le mariage pour tous, nous sommes ouverts et avons une position très claire : on gardera la loi ! »

Comment se passent les relations avec les autres acteurs de la vie politique locale ?

Alors par exemple pour Debout La France, nous avons des relations très cordiales. Forcément, il y’avait un lien entre Nicolas Dupont-Aignant et Floriant Philippot. Pour le Front National, il y’a évidemment des tensions, ils nous font une petite « guéguerre » en disant que nous ne sommes pas cohérents. Mais concernant Les Républicains, nous n’avons pas eu de contact pour le moment.

Combien d’adhérents et de sympathisants pouvez-vous compter dans la région Midi-Pyrénées à l’heure actuelle ?

On s’approche de la centaine, nous sommes actuellement 94 sur l’ensemble de l’ancienne région Midi-Pyrénées. Je pense que c’est un très bon chiffre pour l’instant car nous existons depuis seulement deux mois (ndlr. trois mois). Nous sommes très peu connus mais on progresse beaucoup. Nous sommes passés en deux semaines à plus de 30  adhérents. En Haute-Garonne, nous sommes actuellement 50.

Quelle est la particularité du mouvement que vous présentez, qui vous donne la prétention d’exister indépendamment des autres partis ?

Je dirai le fait qu’on est pas placés sur un échiquier politique. Nous ne sommes ni de gauche, ni de droite, ni d’extrême-gauche, ni d’extrême-droite. On est ouvert à tous les débats, et nous prenons des décisions en fonction de l’intérêt de la France, c’est notre seul objectif. C’est cela qui nous démarque des autres partis qui prennent des décisions en fonction de leurs intérêts partisans. Je pense que c’est un grand point qui nous sépare des partis traditionnels.

« il y’aura une liste patriote pour la mairie de Toulouse. »

Que répondriez vous aux gens qui disent que « Les Patriotes » est un parti de gauche ?

Je pense que c’est faux, le parti regroupe des gens de gauche comme de droite. Notre seul interêt est celui de la France. Donc si demain nous devons prendre une décision bonne pour la France, mais qui est de  droite, alors nous la prendrons et vice versa, si une décision bonne pour la France est de gauche, alors nous la prendrons également. Donc nous nous classons en dehors du clivage gauche-droite.

Quels sont les projets et objectifs des Patriotes en 2018 ?

L’année 2018 sera l’année du développement, puisque nous avons les élections municipales en 2020, nous avons cette idée derrière la tête. On pense également aux élections européennes de 2019. Mais 2018 sera une année d’implantation, une année où l’on essaiera de se faire connaître un maximum, puisque beaucoup de personnes ne connaissent pas le mouvement de Floriant Philippot. Pour cela nous devons créer des réseaux avec d’autres mouvements, même si ils n’adhèrent pas totalement à nos idées.

Préparez-vous déjà des listes pour les municipales de 2020 ? 

Alors on y a pas encore réfléchi car c’est encore très loin. Mais forcément on a cette idée derrière la tête, et je pense qu’il y’aura une liste sans aucun soucis pour la mairie de Toulouse.

« Les Patriotes » tiennent leur congrès le 18 février prochain, qu’attendez-vous de ce rendez-vous ?

Effectivement il y’aura le premier congrès à Arras. On attend une superbe réussite, car forcément notre mouvement dépend de ce congrès. Si l’on ne réussit pas ce congrès, l’image derrière va être désastreuse. Beaucoup de personnes sont intéressées. Durant ce congrès on compte organiser un « village des territoires ». Il y’aura quinze stands qui représenteront toutes les régions, avec des produits qui seront proposés aux visiteurs. Ça sera l’occasion pour ceux qui viennent du nord, de retrouver des produits du sud. Petite précision : on se base sur l’ancienne version des régions : on parle de Midi-pyrénées et Languedoc-Rousillon plutôt que d’Occitanie.

Pensez vous que le FN est capable de se refonder comme il le laisse penser ?

Je pense qu’il est capable de se refonder, mais est-ce qu’il sera capable de se refonder sur de bonnes bases, ça je ne pense pas, car il y’a un repli identitaire qui fait que le FN retournera systématiquement au sujet de l’immigration, et ils constateront l’échec dans quelques mois, c’est certain.

Pensez vous que le projet de changement de nom du FN sert à quelque chose ?

Alors à l’époque on nous avait déjà parlé de changer de nom, on était censé être consultés, cela fait presque deux ans que nous n’avons pas été consultés sur ce sujet là. Qu’est-ce que ça sera après ? On n’en sait pas grand chose. De toute façon je ne pense pas que ça changera quelque chose. On l’a déjà constaté à l’université Capitole 1, nous avons demandé aux gens ce qu’ils pensaient d’un nouveau nom. Et pour eux, ça sera toujours Marine Le Pen la présidente, qu’importe le nom du parti. Si le président ou la présidente ne change pas, alors rien ne changera. D’ailleurs ils se rendront vite compte que c’est Philippot qui avait apporté une énorme majorité de militants au FN.

 

Propos recueillis par Baron et M.V