Nicolas Bay : « Notre place au second tour nous a placés naturellement comme...

Nicolas Bay : « Notre place au second tour nous a placés naturellement comme la seule force politique d’opposition. »

452
PARTAGER
Nicolas Bay et Julien Leonardelli, 20 janvier 2018

Nicolas Bay, vice-président du Front National, était présent à Toulouse ce samedi 20 janvier afin de partager la galette des rois organisée par la section départementale de Haute-Garonne. L’occasion pour lui de revenir sur les grandes lignes du parti.

C’est en compagnie du secrétaire départemental du Front National de Haute-Garonne, Julien Leonardelli, que le vice-président du parti, Nicolas Bay, s’est présenté ce samedi 20 janvier à la galette des rois des adhérents toulousains et de la région. A l’occasion de la conférence de presse qui a précédé l’évènement, il a pu clarifier nombre de positions du Front National en ce début d’année.

2018 : une année sans échéance électorale

L’année qui vient sera l’occasion de refonder le parti sur la base de la consultation des adhérents, toujours en cours de dépouillement. Cette refondation servira à relancer le Front National en vue des élections européennes de 2019, et des municipales de 2020. Le parti est d’ores et déjà disposé à s’allier aux côtés du mouvement Europe des Nations et des Libertés (ENL), afin de prôner une Europe respectueuse des souverainetés nationales. « Nous faisons le constat que l’Union Européenne ne fonctionne pas sous sa forme actuelle, dit-il. Nous voulons une Europe des Nations, une Europe des coopérations. C’est ce modèle que nous allons défendre [avec ENL], pour la construction de l’Europe de demain, une Europe de l’identité, une Europe de la sécurité, une Europe de la liberté économique retrouvée. »

Lire aussi : Julien Leonardelli nommé ambassadeur de la refondation du Front National

La constitution de ce groupe de souverainistes au Parlement Européen est aussi l’occasion de réviser la position du Front National sur le Frexit, idée insufflée à la base par Florian Phillippot : « Nous ne sommes pas favorables au Frexit. Nous pensons en revanche qu’il y a beaucoup de pays en Europe qui souhaitent une Europe différente. Ils l’expriment parfois en opposition frontale avec la Commission Européenne. Je pense que nous pouvons organiser une renégociation en profondeur des traités européens, mais il faut se mettre à la table des négociations. Les négociations, soit elles aboutissent, soit elles n’aboutissent pas, et peut-être que la question se posera alors de savoir s’il faut sortir des traités actuels pour en créer de nouveaux. Mais à ce stade, nous privilégions la discussion, et nous souhaitons une négociation en profondeur, qui peut prendre quelques mois ou quelques années si c’est nécessaire. »

Le Front National : seule véritable opposition et seule véritable alternative

En attendant le congrès du Front National, qui se tiendra à Lille, les 10 et 11 Mars prochain, Nicolas Bay affirme à nouveau que son mouvement est bel et bien la seule force d’opposition crédible à la politique d’Emmanuel Macron. « Cette affiche du second tour de la présidentielle a été un changement de dimension de notre mouvement, et place le Front National dans une grande responsabilité. »

« Pendant l’été, Emmanuel Macron a baissé le budget de la police et de la gendarmerie, il effondre d’un milliard d’euros le budget de la défense en provoquant la démission du chef d’Etat-major des armées, et dans le même temps, il augmente de 300 millions le budget d’accueil des migrants. Aujourd’hui, il est dans une opération de communication quand il dit qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Mais dans la pratique, dans les actes et dans les chiffres, il fait exactement le contraire. »

Une affirmation qui laisse le mouvement de Jean-Luc Mélenchon en second plan, malgré le nombre de sièges à l’Assemblée Nationale : « Je ne pense pas que le poids numérique dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale détermine qui est l’opposition ou pas. […] Je crois que ce qui détermine une vraie opposition, c’est de porter un vrai projet alternatif. Or, Jean-Luc Mélenchon a du mal à sortir de ce vieux logiciel de l’extrême-gauche, attaché qu’il est à de vieux modèles politiques qui sont datés et dont les Français ne veulent pas. »

Et quant à savoir si le Front National tendait toujours la main aux électeurs de la France Insoumise, le vice-président tranche, sans oublier de tacler son prédécesseur : « Nous nous adressons d’abord à nos compatriotes, pas à des appareils partisans. Je suis convaincu que parmi les électeurs de la France Insoumise, il y en a un certain nombre qui pourraient nous rejoindre sur un certain nombre de nos propositions. Nous tendons la main à tous les Français, pas spécialement à Jean-Luc Mélenchon ou à la France Insoumise. Il y en a un qui faisait ça, mais il nous a quittés récemment… (rires) »