EHPAD : la colère des aides-soignants

EHPAD : la colère des aides-soignants

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Manifestation EHPAD Toulouse 30 01 18
Manifestation du personnel des EHPAD à Toulouse, le 30 janvier 2018. © M.V / Infos-Toulouse
Les aides-soignants des EHPAD et les syndicats se sont réunis mardi après-midi, devant le Conseil départemental de Haute-Garonne, à Toulouse. Les membres du personnels des établissements réclament plus de moyens et plus d’embauches, afin de pouvoir prendre en charge « dignement » leurs résidents.

Une forte mobilisation

Ce n’est pas moins de cinq syndicats d’aides-soignants qui étaient attendus, mardi 30 Janvier, à 14h. La CGT, FO, la CFDT, l’UNSA et la CFTC ont réussi à mobiliser une foule de syndiqués, de non-syndiqués, de familles, de retraités et de personnel de santé devant le Conseil départemental de la Haute-Garonne. Les personnels d’aides-soignants dénoncent une situation de sous-effectif entraînant des situations de maltraitance, les contraignant à ne plus pouvoir assurer la sécurité et la dignité de leurs patients. « La situation n’est plus tenable dans les EHPAD, confie Christelle, aide-soignante à l’EHPAD La Chênaie-Rouffiac. Le personnel est en souffrance, nos aînés sont maltraités, c’est une réalité. »

Sylvie Pons, infirmière syndiquée CGT, raconte : « La nuit, dans les EHPAD, il n’y a pas d’infirmières, que des aides-soignants. Il n’y a pas très longtemps, une dame a décompensé à 21 heures, l’heure à laquelle j’étais censée partir, pour laquelle il a fallu que je demande une prise en charge médicale. Mais le temps que le SAMU se mette en marche, et que les médecins répondent, je suis resté jusqu’à 23h30, parce que la dame, je ne pouvais pas la laisser sans accompagnement. Les arrêts de travail du personnel ne sont pas remplacés, faute de moyens. »

Les syndicats réclament plus de moyens

Au centre des revendications, une augmentation des moyens alloués aux centres publics et privés est fermement exigée par les syndicats. Selon Céline Astugue, délégué syndical CGT, explique : « Nous demandons que certaines choses soient mises en application, c’est-à-dire, un soignant pour un résident. Le problème, c’est que les finances ne suivent pas, puisque actuellement, dans le service public, on nous enlève 200 millions d’euros de budget. C’est équivalant, dans le service public, à 15 000 euros par an sur cinq ans. Cela fait de 90 à 100 000 euros de perte dans les établissements publics. Comment voulez-vous que l’on prenne en charge le résident dans de bonnes conditions ? »

Ces moyens supplémentaires seraient nécessaires, selon les syndicats, pour embaucher du personnel en plus, et ainsi arriver à un aide-soignant pour un résident, qui correspond au quota d’aides-soignants dans les pays scandinaves comme la Suède.

Le cortège a quitté le Boulevard de la Marquette vers 14h30, et a marché jusqu’à la place Arnaud Bernard.

Mathieu Vergez