Le Saint Suaire de Cadouin : un rayonnement temporaire de la sénéchaussée toulousaine

Le Saint Suaire de Cadouin : un rayonnement temporaire de la sénéchaussée toulousaine

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Saint-Suaire_de Cadouin
© Wikipedia
Cadouin, dans le Périgord accueille une relique hautement populaire au cours du Moyen-âge. Mais elle a séjourné durant plusieurs décennies à Toulouse.

Rapportée par la première croisade la relique du Saint Suaire de Cadouin était destinée à l’origine à la cathédrale du Puy. Bien que plus tard la science démontre que ce suaire ne pouvait être celui du Christ, il aurait été à l’origine de plusieurs miracles et sera toujours épargné malgré les aléas de l’Histoire.

Mobilisant de nombreuses pérégrinations de fidèles et une profonde vénération, une telle relique est une richesse, richesse dont aura pu bénéficier « Toulouse la Sainte ».

Toulouse lui offre la protection…

En 1117, la relique est récupérée par les cisterciens de Cadouin elle connaîtra une réelle réputation au XIIIe siècle. Éclate alors le Guerre de Cent Ans, la relique de la Passion doit être protégée : en 1392, Dumoulin la transporte lui-même jusqu’à Toulouse, elle est déposée à l’abris dans l’église du Taur ; malgré l’évêque de Périgueux, opposé à ce transfert qui lui était évidemment défavorable.

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« Les Capitouls et la ville l’entourèrent d’honneur, pourvurent à son entretien, et pour le conserver, en écartant tout danger de le perdre, ils le firent enfermer dans un coffre sous plusieurs clefs » (ref : archives du Midi). Cependant la vigilance n’est jamais de trop, ainsi les consuls exigèrent des religieux de Cadouin, chargés de la garde du Saint Suaire, le serment de ne faire aucune tentative de ravir la relique pour la transporter. Charles VII confirmera ces arrangements, la précieuse relique devra rester à perpétuité à Toulouse.

…Avant de voir la relique lui échapper

Mais le Suaire de Cadouin était destiné à une histoire plus rocambolesque : en 1456, les religieux osent l’enlever après une laborieuse organisation : s’étant procurés un moule des clefs. Un grand émoi s’ensuivi à Toulouse, un objet de dévotion ravi pour les uns, un apport économique attirant les foules perdu pour d’autres. Un long procès est engagé, l’affaire est plaidée au Parlement de Toulouse, est évoquée jusqu’au Parlement de Paris, rien n’est trop important pour récupérer la relique. Un arrêt de 1468 déboutera les toulousains de leurs prétentions. Toulouse perd définitivement cet outil de rayonnement par la Charte de Louis XI édictée 1482 en faveur de Cadouin « pour la grant et singuliere devocion que nous avons toujours eue et encore avons à l’eglise et abbaye de Cadouyn ».

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Constance Pinatel