Université Toulouse-II : un blocus devenu impopulaire

Université Toulouse-II : un blocus devenu impopulaire

11016
PARTAGER
Blocage université Toulouse-II
© Union des ÉtudiantEs de Toulouse
Bloquée depuis plusieurs mois, l’Université Toulouse-II Jean-Jaurès tourne désormais au ralenti. Sans cours, ni partiels, les étudiants s’inquiètent pour leur avenir, mis en péril par une minorité de syndicalistes. Un nouveau blocage a été voté jusqu’au 13 mars. 

[UNIVERSITÉ] En raison du mouvement local et du blocage des bâtiments, les activités d’enseignement et administratives…

Publié par Université Toulouse – Jean Jaurès sur mardi 6 mars 2018

 

Début décembre, les étudiants de la faculté Toulouse-II Jean Jaurès se sont opposés au projet de fusion IDEX lors d’un vote consultatif organisé par le Président de l’Université. Ce projet devrait à terme permettre de regagner le label IDEX et de retrouver des subventions annuelles de 20 à 30 millions d’euros. Le projet a finalement été adopté à une seule voix, celle du Président de l’Université Toulouse-II Jean Jaurès.

Depuis, l’Université est prise en otage par les étudiants avec une reconduction systématique du blocus. Les étudiants s’opposent à la fusion qui risquerait selon eux d’augmenter les frais d’inscriptions et la sélection à l’Université. Ils jugent également l’adoption de la fusion antidémocratique puisque cette dernière s’est faite à une seule voix, en dépit du vote étudiant.

Démocratie despotique ? 

Pourtant, malgré l’écrasante majorité exprimée en défaveur du projet (94% des votants), le vote consultatif n’avait rassemblé que 15% des quelques 30 425 étudiants. Il en va de même pour les assemblées générales au cours desquelles les blocus sont votés, qui réunissent moins de 1 000 personnes.

Sur Facebook, nombreux jugent la manœuvre bien orchestrée par les syndicalistes étudiants. En effet, le vote est retardé jusqu’à la reprise des cours l’après-midi, ce qui entraine le départ de la majorité des opposants au blocus.

Le 6 mars, l’assemblée générale a de nouveau adopté un blocus total pour une semaine. Cependant ce vote ne figurait pas à l’ordre du jour. Seul le bâtiment de la Présidence demeurera partiellement ouvert pour permettre la rémunération du personnel. Qu’ils soient pour ou contre le blocus, tous les étudiants se retrouvent ainsi une nouvelle fois dans l’impossibilité de suivre leurs cours. Chaises, tables et cadenas obstruent toujours les entrées des bâtiments lors de chaque blocus. Il en va de même pour les professeurs, qui ne peuvent toujours pas accéder à la Maison de la Recherche.

Inquiétudes chez les étudiants de Toulouse-II

Chez les étudiants, personne ne sait quand une situation stable pourra enfin être retrouvée et la peur commence à se faire ressentir. « J’ai peur, je ne veux pas redoubler. J’ai déjà redoublé et si cela arrive à nouveau, ma bourse sera suspendue », confie Léa, étudiante en psychologie. Pour Nicolas, « venir à l’AG devant une salle remplie de 800 personnes ce n’est pas chose aisée, surtout devant une audience qui siffle et insulte le moindre opposant », il qualifie ces méthodes de « démocratie sélective ».

https://twitter.com/ThomasDucados/status/971291269891751936

Plusieurs autres étudiants témoignent également sur les réseaux sociaux de la montée en puissance de la pression : virés de force de leurs salles de cours une fois le blocus voté, chaises et tables embarquées,… Un autre étudiant expliquait, hier soir, comment il avait été pris à parti dans la soirée par des jeunes qui surveillaient les bâtiments alors qu’il prenait des photos par curiosité.

Lire aussi : Agriculteurs en colère : « Nous sommes déterminés »

Aucune issue ne semble se dégager pour le moment. Cours et partiels annulés, l’avenir des étudiants de Toulouse-II Jean Jaurès est pour le moment incertain. Une réaction se fait attendre de la part des autorités compétentes pour permettre aux étudiants de finir leur année.

Audrey Bibollet.