« Rassemblement national » : qu’en pensent les militants ?

« Rassemblement national » : qu’en pensent les militants ?

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Nicolas Bay et Julien Leonardelli, 20 janvier 2018
© Mathieu Vergez
Le FN va changer de nom. Marine Le Pen a proposé à ses militants le terme de Rassemblement national. Les adhérents devront donner leur accord au cours d’un vote dans les prochaines semaines. Infos-Toulouse est parti à la rencontre des militants du mouvement patriote pour demander leur avis sur ce nouveau nom. 

Il n’y avait pas que les élections ce week end. L’autre actualité marquante de la vie politique c’est l’imminent changement de nom du Front national. C’est ce qu’a annoncé sans surprise sa présidente Marine Le Pen, fraîchement reconduite dans ses fonctions, lors du 16e congrès du mouvement, dimanche 11 mars à Lille. Du Front national, le parti patriote devrait désormais s’appeler Rassemblement National. Un changement sans grand bouleversement donc, mais qui fait déjà beaucoup parler.

Rassemblement national : un nom déjà pris ? 

Aussitôt l’annonce de Marine Le Pen faite, sur la scène du Grand-Palais à Lille, que Igor Kurek, qui se prétend président du Rassemblement national a publié une lettre ouverte à son homologue du Front National. « le RN est de droite gaulliste et républicaine, le FN est d’extrême droite. Le FN ne sera jamais le RN et le RN ne sera jamais le nouveau FN », a t-il prévenu, soulevant l’amateurisme du Front National. La marque « Rassemblement national » a en effet été déposée en 2013 auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI), non pas par Igor Kurek mais par Frédérick Bigrat. Ce dernier a publié un communiqué, lundi 12 mars, diffusé par L’Incorrect, dans lequel il indique que « les droits de la marque Rassemblement national ont été cédés par acte sous seing privé le 22 février 2018Je tiens à préciser que les propos tenus par Igor Kurek, sur la base d’un communiqué rédigé par lui seul, sont parfaitement inexacts » écrit-il.

Des militants fidèles à la ligne de Marine Le Pen

L’imbroglio judiciaire dissipé, il était temps de demander l’avis aux militants du Front National de Haute-Garonne sur le changement de nom de leur mouvement.

Laure Anirépoque, militante au sein du FNJ :  » Je suis plutôt contente du choix, même si je préférerais garder le sempiternel “Front national” qui est porteur d’une histoire. Je pense que le changement de nom n’était pas utile, j’étais contre à la base ! Après, je suis satisfaite du fait qu’on garde quand même le terme National. »

Nicolas Grigner, jeune militant : « C’est dans la suite logique du rassemblement qui a été fait avec Nicolas Dupont-Aignan et qui peut se prolonger avec Thierry Mariani et d’autres en vu des élections européennes et surtout municipales. C’est l’aboutissement de la refondationIl faut donc que le rassemblement et la refondation soit réelle, ce qui a l’air d’être fait. Apres je reste nostalgique un peu du FN, pour tous les militants qui en ont porté fièrement le nom. Mais on ne peut rester juste nostalgique, il faut rassembler et arriver au pouvoir, donc Si ca doit passer par cela, je suis pour. »

Stéphanie, militante au FNJ : « J’aime bien le nouveau nom, je trouve qu’il est très symbolique de notre parti politique il rassemble les personnes aimant la France et son histoire. Mais je reste ouverte à d’autres noms qui pourraient être mieux. J’espère qu’il y aura d’autres propositions soumises aux adhérents. »

Michèle Pelizzon, conseillère municipale de Tournefeuille : « J’ai combattu des années en tant que patriotes pour défendre le pays. Compte tenu des batailles menées, j’étais attachée au FN. Mais tout évolue. Le changement peut amener quelque chose de positif. L’importance est de conserver notre identité pour arriver au pouvoir avec l’alliance d’autres groupes politiques qui partagent nos convictions. En cela, le Rassemblement national peut être utile. »

Marie-Alice Bertholdot, secrétaire administratif de la fédération : « Je pars du principe que changer de nom c’est changer d’identité. Le nom Rassemblement national ne me choque pas parce qu’on l’a déjà connu lors des cantonales de 1985 et aux européennes de 1986. Mais je ne suis pas forcément pour le changement de nom. Mais je serai bien obligé de l’accepter, je ne me vois pas quitter les rangs. »

Nicolas Raymond.