Le blocus du Mirail perdure, les étudiants sous pression

Le blocus du Mirail perdure, les étudiants sous pression

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Assemblée générale Université Mirail Blocus
© Infos-Toulouse
Après un blocus d’une semaine supplémentaire, étudiants et grévistes de la faculté du Mirail se sont à nouveau réunis en assemblée générale, mardi 13 mars pour décider de l’éventuelle reconduction de la grève et du blocus.

Après de longues heures d’interventions, les quelques 2000 personnes réunies ont finalement voté en faveur de la reconduction de la grève et du blocus, à 1300 voix pour, contre 650. La prochaine assemblée générale se tiendra le 15 mars, date à laquelle le président de l’Université soumettra sa candidature pour le label Idex auquel s’opposent les étudiants.

Les grévistes présents ont voté un rassemblement au Capitole le 19 mars ainsi qu’une action de blocage du périphérique, dont la date du jeudi 15 mars a été retenue mais doit encore être confirmée par un vote

L’annulation du projet, obsession des syndicalistes

La faculté est régulièrement sujette à diverses grèves et blocus depuis le passage en force du projet IDEX au mois de décembre et aucune solution ne semble émerger. Cependant, le mouvement ne semble pas vouloir abandonner leurs revendications, votant systématiquement la persistance de leurs actions.

Les étudiants rejettent formellement ce projet qui nuirait à leurs études, renforçant la sélection déjà pratiquée, augmentant considérablement le coût d’inscription à l’Université et entraînant la détérioration des conditions de travail du personnel de la faculté.

Quand on questionne Quentin Ventelon, étudiant en histoire bilingue anglais sur son engagement, il nous affirme : « Je continuerai à me mobiliser tant que le projet ne sera pas retiré ». Pourtant Guillaume* qui apporte son soutien au blocus et qui aimerait faire plier la hiérarchie, doute qu’une solution en faveur des grévistes soit trouvée : « J’espérais une contagion dans toutes les facs mais bon, je pense que l’on finira par abandonner, le Gouvernement Macron est plus inébranlable que les autres ».

Une démocratie à géométrie variable ?

Le fonctionnement de l’assemblée générale présente de nombreuses lacunes entre une structure ne permettant pas d’accueillir les 30 425 élèves et l’intolérance dont certains font preuve à l’égard d’éventuels opposants au blocus.

Lire aussi : Université Toulouse-II : un blocus devenu impopulaire

Ces opposants subissent une forte pression, qu’ils soient simplement désireux de poursuivre une scolarité normale ou qu’ils soient en faveur du projet de fusion. Sifflements, hurlements et cornes de brume se font alors entendre, perturbant quiconque souhaiterait défendre une telle cause.

Au sujet des intimidations, Quentin Ventelon, qui siégeait à l’assemblée générale du 13 mars, répond : « Non, je ne suis absolument pas d’accord, les débats sont houleux mais je n’ai jamais vu de menaces prononcées à l’encontre d’anti-blocus. Si d’éventuels comportement désobligeants il y a pu y avoir, ils ne sont pas représentatifs du mouvement en soi ».

Des sympathisants FN pris à partie

Infos-Toulouse a retrouvé en exclusivité la trace de Valentin Chery, étudiant à l’Université Toulouse-II, qui avait fait l’objet d’une polémique suite à sa vaine tentative d’intervention au cours de l’assemblée générale du 6 février. Il avait souhaité exprimer son opinion en défaveur du blocus. Pour introduire son discours, il a voulu imiter de nombreux autres intervenants qui revendiquaient leur appartenance politique à la France insoumise ou encore au NPA. Il a alors fait part de son engagement au Front national. Les plus vindicatifs de l’assemblée l’ont aussitôt hués, sifflés et insultés. Valentin, encore choqué, nous raconte la scène : « Une syndicaliste m’a alors parlé et m’a proposé de mettre en place un vote pour savoir si quelqu’un rattaché au Front National avait le droit à la parole. »

Le lendemain de son intervention avortée, un tract était diffusé au sein de la faculté, présentant Valentin comme agressif et prétendant que celui-ci avait tenu des propos haineux et menaçants à l’encontre de l’ensemble de l’assemblée. Celui-ci nous affirme pourtant avoir quitté rapidement la salle, comprenant qu’il ne serait pas écouté.

Par ailleurs, un groupe Facebook en faveur du blocage, « Info Lutte Université Mirail » proscrit formellement toute intervention de la part d’étudiants et militants du FN.

Capture d’écran Facebook

Une nouvelle scène de violence s’est à nouveau déroulée au cours de l’assemblée générale du 13 mars. François*, en reprise d’étude, s’est fait violemment prendre à parti alors qu’il était accompagné de Valentin pour assister à l’assemblée générale. Après avoir subi diverses provocations, il a été asséné de plusieurs coups et s’est rapidement retrouvé au sol. Ils ont une nouvelle fois dû évacuer la salle.

L’assemblée générale qui se porte garante d’éventuels débordements au début de chaque session n’a pas encore réagit à ces agressions.

*Les noms ont été modifiés par soucis d’anonymat.

Audrey Bibollet.