Ils seront là le 24 mars : Jordi Vives

Ils seront là le 24 mars : Jordi Vives

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visuel anniversaire infos-toulouse alexandre mendel hervé grandchamp
Ils seront quatre autour de la table ronde organisée à l’occasion du deuxième anniversaire d’Infos-Toulouse. Quatre à débattre de la question du journalisme et à émettre des pistes de réflexion pour renouveler un univers médiatique malade. Nous vous présentons ces intervenants avant de pouvoir les découvrir, samedi 24 mars à partir de 18 heures. Aujourd’hui, Jordi Vives. 
Fondateur de Lengadoc Info, Jordi Vives s’est installé dans le paysage médiatique du Languedoc-Roussillon. Aujourd’hui le site revendique 35 000 visiteurs par mois. Il est à l’origine de la démission du vice-président de la région Occitanie, Béatrice Négrier, en 2016.
Jordi Vives, bonjour. Quel regard portez-vous sur les médias aujourd’hui ?

C’est un regard très critique que je porte aujourd’hui sur les médias. Le travail de journaliste demande la plus grande objectivité car c’est un faiseur d’opinion. Or l’argent a aujourd’hui pris le dessus sur l’objectivité. Il ne s’agit plus d’informer mais de vendre de l’information. Pour cela les médias n’hésitent pas à transformer un fait en une histoire, avec des gentils et des méchants, comme dans un conte pour enfant. Les médias, aujourd’hui, participent à l’infantilisation de la population, dictent ce que l’on doit penser ou non et détruisent, finalement, toute capacité de réflexion et d’analyse chez l’individu.

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Quelle serait, selon vous, la marge de progression des médias aujourd’hui ? 

Internet et les réseaux sociaux ont révolutionné le mode d’information des citoyens. Il me semble évident qu’un média qui ne comprend pas cela est amené à disparaître. Mais même en faisant ce choix, la situation semble compliquée pour les médias, les modèles économiques ont été bousculés et le monde médiatique est aujourd’hui instable.

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L’occasion est peut être arrivée de repenser la machine médiatique. Il faudrait plus de transparence, d’objectivité et de pluralisme. À l’inverse, la collusion entre médias et politique, la pression des financiers et l’imposition d’un discours dominant, notamment dans les écoles de journalisme, sont des choses qui doivent disparaître.

Pourquoi venir participer à l’anniversaire d’Infos-Toulouse ? Les médias alternatifs vous semblent-ils salutaires ?

Si je participe à l’anniversaire d’Infos-Toulouse c’est avant tout pour soutenir une équipe de journalistes qui a osé franchir le Rubicon et qui, aujourd’hui, produit un travail de qualité en rupture avec les médias du système et cela au cœur même de la capitale de l’empire de Jean-Michel Baylet.

couverture lengadoc info jordi vives

Mais je serais également présent pour expliquer que dans ce combat, Infos-Toulouse n’est pas seul. Dans toutes les régions de France et dans le monde entier, une presse alternative voit le jour. C’est un combat qui ne fait que commencer, mais déjà les premières victoires commencent à apparaître !