Au tour de la Gauche de faire le ménage dans ses rangs...

Au tour de la Gauche de faire le ménage dans ses rangs !

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act up gauche antifa
Une douzaine de militants Act Up ont vandalisé la salle où devait se tenir une réunion de la Manif Pour Tous. Ils sont restés dans la rue pour intimider les participants.
Les évènements dramatiques de Trèbes nous auraient presque fait oublier que la France, jeudi encore, était secouée par d’importantes mobilisations de la Gauche pour le maintien du statut de cheminot, et la sauvegarde des services publics.

Jeudi 22 Mars, la gauche et les cheminots étaient dans la rue pour protester contre les réformes du gouvernement Macron. Même si certains y voient un succès mitigé à cause de la division des syndicats et des secteurs, les rangs de la manifestation ont été grossis par les étudiants, notamment à Toulouse, avec les étudiants de la faculté Jean Jaurès. À Toulouse, la situation à la Université Jean-Jaurès s’enlise, avec un blocus reconduit jusqu’à jeudi.

Pourquoi ces mouvements ne sont-ils pas plus rassembleurs ?

Voilà une question que doivent se poser nombre de syndicats, qu’ils soient affiliés à l’UT2J, aux cheminots ou à n’importe quel autre secteur. Pourtant, la réponse leur pend au nez. À Jean-Jaurès, la rhétorique est simple : les pro-blocages font face aux anti-blocages, ces derniers étant des « égoïstes » au mieux, des « collabos » au pire. Pour une mobilisation censée lutter verticalement contre une administration prédatrice, elle semble pourtant cristalliser des tensions bien horizontales entre étudiants.

La raison de ces tensions n’est pas à aller chercher bien loin. Pour l’étudiant de base, qui est dépolitisé mais toujours doté de son libre-arbitre, le blocage de son université est déjà une forme de violence qui est faite à son encontre. Une violence qu’il pourra toujours relativiser par la suite, en fonction de la légitimité de la lutte en question. Un relativisme qui devient déjà plus difficile lorsqu’il fait face à l’extrémisme de ses camarades, qui occasionnent des dégradations importantes que l’étudiant dépolitisé, lui, constate et déplore :

Le respect des opinions divergentes aux AG de l’UT2J.
Tu te lèves tôt le matin, fais une heure de trajet, tu es crevé, et tu découvres ça…

Les exemples de l’extrémisme des étudiants bloqueurs sont légion, nul besoin d’encombrer cet édito pour constater qu’à l’UT2J, on ne se mobilise qu’entre convaincus, et ceux qui restent à convaincre, ou tout simplement ceux qui émettent toute critique, sont ostracisés. Quelques anti-blocages arrivent à se faire entendre en AG, sauf s’ils sont du FN (faudrait pas déconner…).

Ce qui nous emmène naturellement à parler d’antifascisme. L’antifascisme prend la forme de groupuscules type Union Antifasciste Toulousaine ou La Horde, mais est aussi présent idéologiquement dans la plupart des syndicats et autres mouvements marqués à gauche. Quel est le but de l’antifascisme ? Débarrasser, « purifier » les luttes sociales, tel un puissant insecticide, de la présence de ceux considérés comme des « fachos ». Mais qui sont les « fachos » ? Les admirateurs de Mussolini étant plutôt difficiles à trouver par les temps qui courent, les « antifas » s’évertuent plutôt à chasser tous ceux qui ne sont pas « de gauche », la gauche telle que eux la conçoivent bien entendu. En fait, si vous êtes de droite, même un peu, vous êtes susceptibles de vous faire passer à tabac. Si vous êtes affiliés à un mouvement dit d’ « extrême-droite », n’en parlons même pas.

Vous êtes une cible privilégiée pour les Antifas si vous avez déjà été d’accord avec l’un des abjects personnages présents ci-dessus.

Analysons les méthodes antifascistes de nettoyage idéologique des manifestations avec ce document tout fraîchement sorti (cela vient de Paris à la manifestation des cheminots, mais ne nous leurrons pas, nous avons les mêmes à l’UT2J) :

Les violences des Antifas ne sont pas les seules à pourrir les mobilisations. La grève du 22 mars dernier a (encore) vu des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants à la marge du cortège. Des violences dont on peut se douter qu’elles ont été causées par les manifestants les plus extrémistes, avec parmi eux, des Antifas. Une hypothèse loin d’être ridicule quand on pense à ces enragés qui ont mis le feu à une voiture de police, lors des manifestations contre la loi Travail, il y a deux ans.

Dans les rues ou dans les facs, ce sont les mêmes tensions horizontales qui se mettent en place, perpétrés par des individus tous autant radicalisés que les autres. À tel point que nous en venons à nous poser une question qui fâche : à quoi cela sert-il ?

La question est légitime, puisque de ces violences résultent bien souvent un rejet des mobilisations pour le Français moyen (le dépolitisé), qui ne veut pas se solidariser avec cet amas de brutalité. Les Français ne sont pas différents des autres peuples : il veut que les choses changent et se règlent, mais le plus en douceur possible. L’extrémisme, l’idéalisme révolutionnaire est en soi très minoritaire. Mais surtout, pourquoi refuser de manifester avec des militants FN, ou d’autres militants patriotes ? Sont-ils pour la destruction du service public, eux ? Bien moins que la bande à Macron et ses affiliés de droite comme de gauche ! Alors pourquoi les virer manu militari dès que l’un d’entre eux est repéré ? Ah, oui, c’est vrai, le clivage gauche-droite…

Il faut d’abord s’imaginer une France réconciliée, loin des clivages gauche-droite traditionnels, et réclamant d’une seule voix la sauvegarde des services publics, qu’ils soient au nom des valeurs syndicalistes ou du conservatisme patriote, pour trouver ces tensions horizontales regrettables. Elles sont d’autant plus regrettables qu’en divisant la France et les Français de la sorte, elles font le jeu du pouvoir qui, lui, entend bien privatiser à tour de bras.

Les Antifas, dans ce cortège, agissent tels des femmes de ménage du Système pour empêcher toute union sacrée et maintenir tout mouvement de protestation en état de division nationale.

Le commando de Montpellier ou l’indignation sélective

Bien sûr, les Antifas n’ont pas le monopole de la violence à gauche. Il y a aussi des adeptes de la bagarre à l’extrême-droite. La différence entre les deux — mise à part l’orientation politique — est que lorsqu’il s’agit de casseurs d’extrême-droite, ils font les gros titres (à ce propos, lire l’excellent papier de François-Xavier Lucas dans le Figaro). Les violences qui ont eu lieu à Montpellier sont évidemment condamnables, bien sûr, mais que dire alors des innombrables preuves de la violences des nervis d’extrême-gauche, dans le silence assourdissant des grands médias ? Ce deux poids deux mesures médiatique étant tout ce qu’il y a de plus injuste, tentons brièvement de rétablir quelques faits…

Pas d’indignation générale ? Pas de manif de soutien ?
Silence de mort.

 

Scène de guérilla urbaine causée par les antifasciste contre un congrès du Front National :

Beaucoup de gens se sont indignés de la violence des « fachos » de Montpellier, trop peu s’indignent de la violence des antifas, qui agissent dans l’impunité la plus totale. Pourtant ce sont bien eux qui s’assurent :

– Que la gauche garde le monopole des luttes sociales en créant la division, empêchant les militants patriotes et la droite nationale de se joindre aux cortèges

– Que le mouvement, par son extrémisme (même cantonné à la marge), deviennent détestable pour le Français moyen.

Face à cette situation : le ménage s’impose !

Pour le bien du droit de grève, du droit de manifester, bref, pour le bien de toutes les luttes sociales face au travail de sape du président Macron, il est indispensable que la gauche, la gauche sérieuse, celle qui veut que les choses changent enfin dans ce pays, fasse le ménage. Il est inadmissible qu’il soit constamment demandé à la droite nationale de se dédiaboliser — alors que le Front National est toujours maintenu dans la diabolisation, malgré les efforts effectués par Marine Le Pen en ce sens — alors que perdurent dans l’impunité la plus totale des bandes d’extrémistes de gauche, adeptes de la bagarre et de la violence sur le terrain. La droite a enlevé la paille de son œil, à la Gauche maintenant d’enlever la poutre du sien !

Il est regrettable que tous ces actes sur le terrain restent impunis, que la gauche continue à accepter des extrémistes en son sein, et qu’il faille que l’un d’eux soit exposé pour enfin agir. Le dernier exemple en date ne fait pas état de violence militante de terrain, mais d’une violence verbale sans nom, qui a été remarquée — « dommage » pour lui — ce qui a entraîné son exclusion du parti auquel il été affilié. Il s’agît bien sûr de l’ancien candidat de la France Insoumise aux législatives Stéphane Poussier, qui s’est réjoui publiquement de la mort du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, au nom de la sacro-sainte haine anti-flics qui gangrène l’extrême gauche depuis Mai 68 :

Le genre d’individus qui décrédibilise la gauche, et dont elle doit se débarrasser de toute urgence.

Sur le terrain, nous avons bien entendu parlé des antifas, mais le ménage concerne également les portes-paroles, dont certains confondent visiblement la lutte anti-capitaliste avec la haine de la France (qu’ils sont sensés défendre et représenter). Voici, en cadeau, quelques suggestions pour le « coup de balai » — expression chère à Mélenchon — qui s’impose :

Monsieur Guénolé a fait des études que nous n’avons pas faite.
Julie Le Goïc, élue brestoise d’extrême-gauche, trouve qu’il n’y a pas assez de Noirs en Bretagne.
Gabrielle Teissier, ou le racisme anti-raciste (mais raciste quand même)

Allez, au boulot, les gars !

Mathieu Vergez


Précision : les points de vue exposés n’engagent que l’auteur de ce texte et nullement notre rédaction. Média alternatif, Infos-Toulouse est avant tout attaché à la liberté d’expression. Ce qui implique tout naturellement que des opinions diverses, voire opposées, puissent y trouver leur place.