700 personnes pour Mireille Knoll et contre l’antisémitisme

700 personnes pour Mireille Knoll et contre l’antisémitisme

401
PARTAGER
rassemblement contre l'antisémitisme
Rassemblement du 29 mars 2018 à Toulouse, en hommage à Mireille Knoll. © Mathieu Vergez
Mercredi soir, vers 19h30, s’est tenue une cérémonie en hommage à Mireille Knoll, une octogénaire de confession juive assassinée de onze coups de couteau. La cérémonie, qui a eu lieu sur l’esplanade Alain Savary, a attiré une foule importante sensible au nouvel antisémitisme.

C’est devant le mémorial de la Shoah de l’architecte Mikaël Seban que se sont rassemblées, mercredi soir, plusieurs centaines de personnes, pour entendre l’hommage des différents représentants de la communauté juive de Toulouse à Mireille Knoll. Se sont succédés à la tribune les représentants de la section locale de l’Union des Étudiants Juifs de France (UEJF), Gérard Folus de la LICRA, Yves Bounan de l’ACIT31, et Doron Naïm, le grand rabbin de Toulouse, qui a entamé, à la fin de son discours, une prière juive en hébreu. La cérémonie s’est clôturée par une Marseillaise solennelle.

Étaient également présents les élus locaux : le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, le président du département de Haute-Garonne George Méric, et la présidente de région Carole Delga. Les représentants du Front National, plus discrets, étaient aussi présents, en la personne de Julien Leonardelli et Quentin Lamotte.

« L’islamisme tue, l’islamisme est un fléau »

Malgré l’avis de Francis Kalifat, président du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF), qui avait déclaré mardi soir que Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et leurs mouvements respectifs ne seraient pas les bienvenus lors des cérémonies, les représentants du Front National de Haute-Garonne étaient tout de même présents au rassemblement à l’esplanade Alain Savary. Pour Julien Leonardelli, délégué départemental de Haute-Garonne du parti, il était important de venir « pour rendre hommage à cette personne lâchement assassinée parce que juive ». Le responsable départemental a notamment fait le parallèle avec ce qu’il s’est passé à Trèbes, le même jour : « Je ne supporte plus, en 2018, qu’on vive encore des atrocités, des drames comme ceux-là. Il en est assez. »

Lire aussi : Au tour de la Gauche de faire le ménage dans ses rangs !

« Je conseille aux responsables politiques présents d’écouter et de méditer certains mots qui ont été prononcés, notamment le principal responsable qui a été désigné ce soir : l’islamisme. L’islamisme tue, l’islamisme est un fléau. Il est temps de s’en rendre compte. Il faut que les politiques qui sont aux responsabilités aujourd’hui s’en rendent compte. Cela fait quarante ans que le mouvement politique dont je fais partie dénonce ce fléau qui, malheureusement, est grandissant. Il faut l’éradiquer, tout simplement. », ajoute Julien Leonardelli.

« C’est un antisémitisme qui est importé par l’immigration »

Mireille Knoll, octogénaire de confession juive, a été retrouvée morte à son domicile parisien du XIe arrondissement par les pompiers, lardée de onze coups de couteau et le corps à moitié calciné, le 23 Mars dernier, le même jour que les attentats de Trèbes. Cette rescapée de la Rafle du Vel d’Hiv’ aurait été assassinée par un voisin, un jeune homme de 27 ans, déjà condamné pour des faits d’agressions sexuelles. Il a d’ailleurs été condamné en 2017 pour avoir agressé sexuellement la fille de l’aide à domicile de Mme Knoll, alors âgée de 12 ans. Un SDF, lui aussi connu des services de police pour des faits de violences et de vols avec effraction, est également suspecté d’avoir été présent sur les lieux au moment du drame.

Lundi, le parquet de Paris en charge de l’enquête a retenu le caractère antisémite de l’assassinat. Une affaire Mireille Knoll que déjà, tout le monde compare à l’affaire Sarah Halimi d’avril 2017.

Lire aussi : Entretien exceptionnel avec Alexandre Mendel : Toulouse djihadiste !

Une affaire dont s’est penchée Noémie Halioua, auteur de L’Affaire Sarah Halimi (éditions du Cerf), contactée par la rédaction, qualifie ce crime d’ « agression extrêmement violente ». Pour elle, ce drame est symptomatique d’un nouvel antisémitisme importé par l’immigration :

« Ce nouvel antisémitisme, cela fait vingt ans qu’il est déjà structurel. Le nouvel antisémitisme, Georges Bensoussan l’a extrêmement bien décrit. Quand on parle de nouvel antisémitisme, cela ne signifie pas qu’il est nouveau. Ce qu’il veut dire par là, c’est que c’est un antisémitisme d’une nouvelle nature. Ce n’est pas dans le temps qu’il est nouveau, c’est dans sa nature. Il n’est pas en lien avec l’histoire de France. Il n’a rien à voir avec l’histoire de France. C’est un antisémitisme qui est importé par l’immigration, et qui est porté principalement par la branche radicale de la culture arabo-musulmane, et c’est en cela que c’est un nouvel antisémitisme. C’est Georges Bensoussan qui l’explique le mieux. C’est un antisémitisme qui est très différent de celui de l’extrême-droite. C’est un antisémitisme islamiste et c’est celui qui se développe en France depuis déjà vingt ans. Ça a commencé à exploser au moment de la seconde Intifada, jusqu’aux meurtres de Mohammed Merah, l’Hyper Casher et tout ce qui s’en est suivi. Ce qui est intéressant, avec ce nouvel antisémitisme, c’est qu’il est en corrélation avec la haine de la France. Je l’explique un peu dans mon livre : finalement, on déteste les Juifs comme on déteste la France, ils sont un peu dans le même panier. Et c’est tout à fait singulier, parce qu’à une époque, celui de l’ancien antisémitisme, on détestait les Juifs parce qu’on les considérait comme l’Anti-France, et c’était par patriotisme. Aujourd’hui, c’est tout à fait l’inverse. »

L'affaire sarah Halimi antisémitisme Noemie Haoulia
Éditions du Cerf

L’affaire Sarah Halimi, Noémie Halioua, éditions du Cerf, mars 2018, 144 pages, 16 euros.

Mathieu Vergez.