La colère des instituteurs des écoles de Toulouse Nord

La colère des instituteurs des écoles de Toulouse Nord

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Manifestation des instituteurs de Toulouse-Nord à Borderouge, le 4 avril 2018. © Infos Toulouse / M.V
Les instituteurs et les parents d’élèves des écoles de Toulouse Nord se sont réunis mercredi, en fin d’après-midi sur la place de Borderouge. Ils sont venus pointer du doigt le manque de moyens alloués à leurs établissements en parallèle des difficultés grandissantes que ces derniers rencontrent.

Les drapeaux du SNUipp-FSU et de Force Ouvrière (FO) flottants, les banderoles déroulées confectionnées à l’aide de règles en bois, ils se sont réunis sur la place Borderouge, à la sortie du métro. Instituteurs et parents d’élèves des écoles maternelles et primaires du nord toulousain sont présents afin d’attirer l’attention sur le peu de moyens mis à leur disposition, face aux problèmes grandissants auxquels ils sont confrontés. Étaient représentées sur le rassemblement, les établissements Borderouge, Niboul, Michoun, Lapujade, Jean Zay, Dieuzaide, Alphand, Olympe de Gouges, et Grand Selve.

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Le syndicat national des instituteurs, le SNUipp-FSU évoque des situations scolaires très proches, voire de l’ordre de situations d’ « éducation prioritaire ». Pour la plupart des établissements de Toulouse-Nord, notamment pour Borderouge, Niboul et Lapujade, la communauté scolaire demande l’entrée dans le réseau d’éducation prioritaire (REP). «  On est dans cette démarche-là, de demander une classification », confirme Guy-Eric Jacquet, représentant SNUipp-FSU présent sur les lieux. « Les prochaines attributions sont prévues pour la rentrée 2019. Effectivement, cela fait partie des possibilités de revendication, avec les moyens qui vont avec, évidemment, en terme de postes, d’effectifs… ».

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© Infos Toulouse / M.V

« Les moyens donnés au REP sont tout à fait légitimes, il ne s’agit pas de demander à ce qu’il y en ait moins. Mais les écoles qui sont très proches en termes de difficultés sociales devraient avoir des moyens très proches de ça, et ce n’est pas le cas. » confirme le directeur de l’école élémentaire Michoun, dans le quartier de la Roseraie. Lui évoque la difficulté que rencontre son établissement face à la pression démographique : « Nous avons des locaux qui se réduisent d’année en année parce qu’il y a de plus en plus d’élèves dans l’école. Chaque fois ce sont des salles qui sont récupérés, qui étaient utilisées pour des activités comme les arts visuels, l’informatique… La cour de récréation, du coup, qui est toujours la même, a tendance à diminuer. Il y a une cantine scolaire aussi qui a été déplacée où ils ont du mal à faire manger tous les élèves. »

Des violences dès l’école élémentaire

Toulouse connaissait déjà le mauvais exemple du lycée Gallieni, au sud de la ville, en ce qui concerne les violences en milieu scolaire. Des violences scolaires qui n’épargneraient pas les écoles élémentaires, comme la démontré l’exemple de cette institutrice frappée par trois élèves, il y a une semaine, dans la cour de récréation de l’école Jules Ferry à Colomiers.

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La représentante de l’association des parents d’élèves de l’école Jean Zay à Borderouge, y voit la conséquence de ce qu’elle appelle les « usines à élèves » : « Typiquement, sur Jean Zay, aujourd’hui nous sommes sur un établissement qui était prévu pour 5 maternelles et 6 élémentaires. Le projet de la mairie est de transformer cet ensemble-là en pure maternelle avec 10 classes de maternelles, et de faire un nouveau bâtiment un petit peu plus loin avec 12 classes d’élémentaires. Donc, cela veut dire que ce sont des ensembles à 300 enfants, avec des problématiques, notamment, sur les niveaux d’élémentaires, de violences, de comportements qui sont difficiles chez les enfants. Nous estimons qu’un ensemble à 300 enfants est très très difficilement gérable pour les équipes enseignantes et pour les animateurs. »

Comme l’ensemble des représentants, parents d’élèves et enseignants présents au rassemblement, elle réclame plus d’écoute de la part de la municipalité quant aux difficultés rencontrés en milieu scolaire : « Aujourd’hui, nous avons eu des réunions avec la Mairie, mais le discours est clair : les projets vont se faire tels quels, même si la population et les habitants y sont opposés. C’est quand même un petit peu dommage. »

Mathieu Vergez.