10 avril 1814 : pas de capitulation de Soult à Toulouse

10 avril 1814 : pas de capitulation de Soult à Toulouse

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10 avril 1814 Soult Wellington
Il y a 204 ans, le 10 avril 1814, Toulouse était le théâtre d’une bataille entre les forces napoléoniennes et la coalition anglo-hispano-portugaise. Une bataille à l’issue incertaine, puisque malgré la prise de la ville, les Anglais, commandés par le maréchal duc de Wellington, enregistrent presque deux fois plus de pertes que les Français, et n’obtiendront pas de capitulation de la part du Maréchal Soult.

Après cinq ans de guerre d’Espagne (1808-1813), l’armée française est obligée de se replier au nord des Pyrénées. Le maréchal Jean-de-Dieu Soult, duc de Dalmatie, arrive à Toulouse le 24 Mars pour attendre des renforts italiens. Toulouse devait alors servir de point stratégique pour défendre le sud de la France.

Ce que Soult ne sait pas encore, c’est que le reste des troupes de Napoléon 1er a essuyé une défaite au sud, et que l’armée de coalition dirigée par le maréchal duc de Wellington est sur ses talons, et s’apprête à prendre la ville.

Soult tente de mettre la ville rose en état de défense, mais il ne reçoit malheureusement pas l’appui de la population, majoritairement anti-bonapartistes, qui refusent de fortifier la ville et de donner de la nourriture aux soldats.

Wellington atteint Toulouse quelques jours plus tard, et fait contourner la ville pour interdire aux troupes françaises de se replier vers Narbonne. Il laisse un corps d’armée vers l’actuel Saint-Cyprien et le reste ira traverser la Garonne à Merville.

Pâques sanglantes

Le dimanche 10 Avril 1814, jour de Pâques, Wellington lance l’assaut. L’armée britannique attaque Saint-Cyprien, mais est stoppée aux Allées Charles-de-Fitte. Aux Ponts-Jumeaux, ce sont les troupes écossaises qui sont repoussées par 5 canons et quelques 300 hommes. Les Espagnols sont mis en déroute également au pont Matabiau et à Jolimont. Mais malgré une défense vigoureuse, les forces impériales françaises ne parviennent pas à défendre la Cépière, et Wellington finit par occuper Jolimont après la chute du général Taupin.

Le lendemain, le maréchal Soult décide d’évacuer Toulouse vers le Lauragais pour éviter des morts inutiles, ce qui permet à Wellington de marcher sur la ville rose, acclamé par les royalistes comme un libérateur. À l’issue d’une bataille qui aura fait un millier de victime, dont 321 du côté français, le maréchal Soult recevra un courrier signé du gouvernement provisoire une semaine plus tard, daté du 9 Avril, donnant l’ordre d’arrêter les combats, après la déroute de Napoléon.

Le bilan de la bataille de Toulouse est de 321 morts et 2 369 blessés côté français, et de 593 morts et 5 024 blessés du côté de la coalition anglo-hispano-portugaise, et ne s’est pas soldée par la capitulation du maréchal Soult, ce qui autorise les historiens à relativiser la thèse de la victoire anglaise.

 

 

D’où vient la colonne de Jolimont ?

Bâtie par Urbain Vitry en 1835, il s’agit d’une obélisque commémorant cette fameuse bataille de 1814, défaite napoléonienne, la ville de Toulouse ayant été perdue. C’est à son pied que s’est déroulée dimanche une cérémonie de commémorations, organisée par France Bonapartiste, en présence d’autorités civiles et militaires.