Danièle Obono ou le sabotage de l’unité nationale

Danièle Obono ou le sabotage de l’unité nationale

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Danièle Obono, Culture Pop
Capture d'écran de l'émission "Culture Pop" présentée par Danièle Obono.
Le 4 avril dernier était postée, sur la chaîne YouTube de la députée France Insoumise Danièle Obono, une émission portant sur la représentativité des personnages noirs dans le cinéma (américain). Un propos impopulaire, comme en témoigne la barre de notation du site d’hébergement de vidéos.

Dans un précédent édito, nous avons déjà parlé de la gauche française, et des parasites qu’elle abrite et qui la rendent méprisable. Nous avions déjà exhorté celle-ci de passer un coup de balai dans ses rangs, afin de se défaire de ses extrémistes, au nom d’une unité nationale plus que nécessaire. Il n’a pas fallu longtemps à l’actualité pour nous donner l’exemple parfait d’une future licenciée de l’extrême-gauche (du moins, il faudrait). Il s’agit d’une personne qui a déjà fait parler d’elle, il s’agit de la députée de la France Insoumise, madame Danièle Obono.

Dans la vidéo ci-dessus, le Lapin Taquin compare l’extrême-gauche à une boutique comportant une vitrine (Jean-Luc Mélenchon), une arrière-boutique (Edwy Plenel, Médiapart, Usul) et une cave. Danièle Obono se situerait dans la cave. Pourtant Danièle Obono porte bien l’étiquette France Insoumise. Un parti présidé par un certain Jean-Luc Mélenchon, toujours décrit comme un républicain forcené, et qui l’affirme lui-même lorsqu’il parle de « communauté nationale » ou de laïcité.

« Le peuple français, quelle que soit sa religion, ses « racines », et ainsi de suite comme on le dit dans la novlangue obscurantiste de notre temps, n’aime pas le sectarisme communautariste. »

« Quoiqu’en pense le CRIF et Kalifat, les personnes de religion ou de culture juive en France sont des citoyens de la République commune et sont unis par la loi comme à tous les autres Français. Ils ne doivent en être distingués d’aucune façon […] ils n’ont pas d’autre patrie, d’autres députés, d’autre gouvernement ni d’autre drapeau que celui du peuple français tout entier auquel ils participent. »

Extrait du billet de Jean-Luc Mélenchon datant du lundi 2 avril sur son blog, faisant suite à la marche blanche pour Mireille Knoll.

Jean-Luc Mélenchon schizophrène ? 

Ces extraits démontrent l’attachement d’un Mélenchon à l’idée d’une République une et indivisible, qui ne reconnaît aucune communauté, sinon la communauté nationale réunie autour de la patrie française. Il ose pour défendre cette idée s’en prendre au CRIF.

Mais pourtant, il défile avec madame Obono. Cette même Obono qui avait mordicus défendu le droit, en France, de chanter « Nique la France », alors que celle-ci rechignait à dire « Vive la France ». Pour l’unité de la communauté nationale (et la cohérence des Insoumis), on repassera…

Danièle Obono, « Nique la France » sans hésitation, « Vive la France », mouais bof.

Une telle distance entre les positions républicaines du chef de parti et celles de sa lieutenante est déjà déconcertante en soi, elle l’est encore plus lorsqu’on voit Jean-Luc Mélenchon, malgré tout, défendre sa députée au lieu de lui asséner le savon qu’il se devrait. Une défense qui n’est pas de façade, qui ne sert pas uniquement à sauver la face médiatiquement, puisque cette même Danièle Obono suivra Mélenchon quasiment partout, y compris dans la marche blanche à la mémoire de Mireille Knoll. Aussi louables que peuvent être les positions de Jean-Luc Mélenchon sur la République, on a les soutiens que l’on mérite, après tout.

Danièle Obono à nouveau dans la lumière

Mais cette semaine, Danièle Obono s’est à nouveau illustrée au chapitre du communautarisme anti-républicain. Car au cas où vous ne l’auriez pas remarquée, cette députée France Insoumise franco-gabonaise est noire. Elle est même très très noire, et ce n’est pas être raciste que de le faire remarquer, puisqu’elle se revendique comme telle dans la vidéo ci-dessous, datée du 4 Avril (2 jours après les grands mots républicains de son chef de parti). Comprenez bien : la couleur de peau, nous aimerions nous en foutre, nous adorerions parler d’elle uniquement par ses actes et ses propos, mais que voulez-vous, malheureusement, ses propos nous ramènent continuellement à cet état de fait : Danièle Obono a la peau NOIRE, et elle le revendique.

Rien que le titre nous alerte sur le contenu anti-républicain d’extrême-gauche : « le cinéma de masse serait-il devenu intersectionnel ? ». Rien que l’emploi du mot « intersectionnel » est lourd de sens : ce concept sociologique fumeux et partial (développé par une universitaire féministe, donc idéologisée, à savoir Kimberlé Crenshaw) ne sert à l’extrême-gauche contemporaine qu’à segmenter tranquillement la population sur des critères raciaux et sexuels sous couvert de lutte contre l’oppression de la majorité (la masse des mâles blancs hétéros cis-genre, pour faire court) sur les minorités (tous les autres).

Danièle Obono, accompagnée de ces deux intervenantes Mélanie Wanga et Adiaratou Diarrassouba, nous propose donc une réflexion sur deux films américains de divertissement populaire : Star Wars VIII et Black Panther. On pourrait aussi se demander pourquoi une députée française lance une réflexion sur le cinéma américain et non pas sur le cinéma français, mais ne soyons pas trop taquins.

« J’ai beaucoup aimé le premier [Star Wars, ndlr], un peu moins le deuxième parce qu’il y avait dans le scénario des choses très problématiques… Et puis en fait, je trouve que ce qu’il y avait d’intéressant dans le premier a reculé dans le deuxième. C’est-à-dire : la dynamique des trois, ça reprend un peu le même schéma, et où il y avait cette diversité-là, et chacun avait vraiment une identité. Et après, on est revenu dans le deuxième, — c’est peut-être là qu’on voit, bah, que c’est pas acquis — à, bah, la centralité du héros blanc, c’est euh, c’est Kylo Ren, quoi. »

« Une industrie de masse aussi cadenassée, qui continue à reproduire, quand même, des modèles d’oppression… voilà, il y a quelques exceptions, là, mais en fait, voilà, tous les héros, on reste dans un univers culturel où tous les héros sont des hommes blancs d’un certain âge avec, hétéros etc. Même s’il y a quelques exceptions… »

Mélanie Wanga : « En fait, la science-fiction a souvent été écrite par des personnes blanches qui, en fait, ont complètement évacué le sujet de la race, en fait. Dans le futur, tout le monde est bon [blond ? ndlr], tout le monde s’entend bien, tout le monde est métissé, et tout… »

Danièle Obono : «[…] Disney sent aussi cette nouvelle génération. Alors, ils ont pas les moyens de contrôle alors Disney, ça reste contrôlé par une poignée de vieux mecs blancs… »

On vous épargne une retranscription complète de la vidéo, seuls quelques passages significatifs ont été relevés.

Tout le discours soi-disant anti-raciste dans sa version intersectionnelle et néo-puritaine est présent. Dans les films qui sont « analysés » par ces trois femmes, l’identité des personnages est réduite à deux choses : leur couleur de peau (nous n’osons même pas reprendre le terme de « race » qui a été pourtant employé par ces championnes de l’antiracisme), et leur sexe (parfois leur orientation sexuelle). Quarante-six minutes pour nous dire qu’il n’y a pas assez de noirs dans le cinéma occidental… Pas un mot (ou si peu) sur la réelle qualité de ces films au-delà de leur casting, et encore moins sur l’hégémonie culturelle américaine sur les salles de cinéma françaises (mais ne rêvons pas trop). Le seul discours simili-anti-capitaliste qui ressort de cette vidéo est que l’industrie du cinéma est tenue par des hommes blancs… Des hommes blancs qui véhiculeraient forcément des clichés racistes, des hommes blancs forcément racistes parce que Blancs…

Le racisme « deux poids, deux mesures »

Pour quelqu’un qui se prétend républicaine, Danièle Obono est incroyablement ethnocentrée. Pourrait-on imaginer un seul instant un groupe de trois Blancs discuter entre eux dans une vidéo, pour dire que, quand même, il y a décidément trop de Noirs dans le cinéma africain ? Le problème de l’anti-racisme de Danièle Obono, c’est qu’il se conçoit tel une contre-attaque contre le Blanc, coupable de tout parce que Blanc (même s’il n’y est pour rien), et cette posture se justifie par une vieille perception néo-puritaine véhiculée à l’extrême-gauche, comme quoi le Noir est systématiquement opprimé par le Blanc, que la minorité est systématiquement opprimée par la majorité, et que ces représentations sont indépassables (puisque systémiques), à moins de créer de la solidarité raciale… et donc du séparatisme et du communautarisme. Mais le plus douteux avec ce genre d’idéologie dite « intersectionnelle », c’est qu’il justifie des vidéos comme celle-ci, où des personnes noires parce que se définissant comme telles, se donnent à cœur joie de déverser tout le mépris qu’ils ont pour le Blanc, ce dernier étant bien évidemment le seul à être privé de ce privilège (une chouette conception de la « justice sociale », n’est-ce pas?).

Nous sommes bien loin de l’anti-racisme inhérent à la proposition républicaine des droits de l’homme et du citoyen, si souvent prôné par Mélenchon lui-même… A moins que Jean-Luc Mélenchon ne mente ? Ou bien est-ce son parti qui est incohérent ? Que Mélenchon assume pleinement le discours de Danièle Obono au lieu d’entretenir la contradiction, ou bien qu’il fasse le ménage dans ses rangs !

Heureusement, nous pouvons terminer sur une note d’espoir : ce genre de posture communautaristo-séparatiste basé sur la race ne prend pas en France, signe que les Français restent profondément anti-racistes, mais sans recourir à des concepts idéologiques scabreux, eux. La preuve en image :

Conseillons tout de même à Danièle Obono de réfléchir à son combat, d’arrêter de se réduire à une posture de femme noire victime de l’oppression blanche (elle a quand même été élue par les Français ! Ils ne sont pas tous noirs…), et de redevenir dans l’arc républicain en tant que Française, peu importe son sexe et sa couleur de peau… C’est tout le mal qu’on lui souhaite !

Sinon, elle ne vaudra pas mieux que son amie Houria Bouteldja, du PIR de qui elle semble proche, et dans ce cas-là, il faudra se poser sérieusement des questions quant à la présence d’anti-français au sein de l’Assemblée Nationale (qu’ils soient noirs ou blancs, cela va de soi).

Mathieu Vergez.


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