L’IFRI dresse le portrait moyen d’un djihadiste « français »

L’IFRI dresse le portrait moyen d’un djihadiste « français »

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djihadiste islamiste
L’Institut français des Relations internationales (IFRI) vient de sortir un rapport d’études statistiques, analysant les profils et les parcours d’un échantillon de 137 individus condamnés en France dans des affaires d’islamisme.

L’étude statistique mise en avant par le rapport indique des individus qui se distinguent par un niveau d’éducation (47 % sont sans diplômes) et d’intégration plus faibles (36 % sont sans emplois) que la moyenne nationale. Le degré d’engagement dans la criminalité est également plus important (40 % ont déjà eu au moins une condamnation pour délit auparavant) et « un rapport plus étroit au Maghreb et à l’Afrique subsaharienne que la moyenne de la population française » (si 69 % sont français, 59 % ont des parents d’origine maghrébine).

L’étude est accompagnée d’une étude qualitative, dans laquelle sont rapportés des anecdotes significatives du parcours biographique des candidats au djihad. L’enfance maltraitée en est un élément récurrent.

S’ajoute à l’étude sur leur personnalité, un regard sur les processus de radicalisation. Les auteurs de l’étude écartent systématiquement la thèse du « loup solitaire » et soulignent l’importance de la dynamique de groupe dans les embrigadements : « Dans l’échantillon analysé par l’Ifri n’apparaît aucun « loup solitaire ». Cette notion est d’ailleurs de plus en plus contestée. »

« Ainsi, d’après le rapport, un jeune né en France dans une famille d’origine immigrée, qui a grandi dans un quartier défavorisé, a échoué à l’école, n’a pas réussi à s’insérer sur le marché du travail et a sombré dans la délinquance, a bien plus de chances de rejoindre un groupe djihadiste que le reste de la population. […] Bien sûr, rien n’est automatique : l’immense majorité des jeunes correspondant à ce profil ne deviennent pas djihadistes et on ne peut pas expliquer l’engagement dans la voie du terrorisme en se concentrant sur les seuls critères sociaux. »

La prison, principal terreau de formation pour un djihadiste ?

Certains problèmes d’ordre pratique sont soulevés en conclusion du rapport, notamment, celui de l’incarcération. En effet, faut-il laisser les djihadistes avec les autres détenus ou les regrouper entre eux ? Dans le premier cas, il peut y avoir contamination idéologique, dans le second, planifications d’attaques derrière les barreaux.

Une question qui a d’autant plus de sens, à l’heure où certains individus radicalisés incarcérés sont sur le point d’être relâchés.

Les auteurs du rapport soulignent également que la lutte contre le djihadisme est à prendre dans sa globalité : en plus des mesures coercitives, des mesures pour réduire l’échec scolaire, favoriser l’insertion professionnelle et lutter contre la délinquance sont requises.

Des extraits de cette étude sont disponibles sur le site de l’Ifri.