Grève à Tisséo : les chauffeurs de bus face à l’insécurité

Grève à Tisséo : les chauffeurs de bus face à l’insécurité

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Toulouse Tisséo
Jeudi 12 avril, les chauffeurs de bus Tisséo ont planté le piquet de grève, afin de protester contre « l’insécurité grandissante ». Les syndicats CGT et SUD-Transports Urbains qui ont déposé le préavis réclament les moyens nécessaires d’assurer la sécurité du personnel et des passagers.

Un rassemblement avait lieu jeudi matin au siège de Tisséo, à Basso Cambo, et des tracts étaient distribués. 30% des bus étaient immobilisés. Les conducteurs de bus et leurs syndicats dénoncent l’accentuation des incivilités qui sévissent sur les lignes du réseau Tisséo et le manque de moyens sécuritaires alloués à la protection des usagers et des salariés.

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« Il y a au minimum deux à trois agressions par jour. On veut plus de
moyens humains car nous sommes le troisième
 réseau de France et on a même pas un effectif de 100 personnes pour la sécurité. A Lille, ils sont 450. », a déclaré notamment Grégoire Gambier, le secrétaire adjoint du syndicat Sud à France Bleu Occitanie.

Les conducteurs face à la violence

Le site de la CGT des transports urbains toulousains répertorie un florilège inquiétant des incidents survenus sur les lignes du réseau Tisséo. On peut y lire notamment le cas d’une bagarre qui a éclaté dans un bus le vendredi 12 janvier, après qu’une quinzaine d’individus armés de pieds de biche soient montés dans un bus. Ou encore ce bus de la ligne 60 pris pour cible par des tirs sur le pare brise avant, en novembre 2017.

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Le jour de l’an, ce sont 5 plaintes qui ont été enregistrées : une agression violente, un vol de carte bleue dans le métro, deux caillassages de bus Linéo 7 et une bagarre dans le tramway.

« C’est vrai qu’en tant que conducteur, on est souvent confrontés à des situations sensibles », confie à Infos-Toulouse, un chauffeur de la ligne 1. « Heureusement, on a le plus souvent affaire qu’à des fraudeurs, mais les samedis soirs par exemple, en sortie de boîte, ça peut devenir plus chaud. Dans ces cas-là, on est souvent un peu livrés à nous-mêmes, le personnel chargé de la sécurité et la police peuvent mettre du temps avant d’arriver. »

Des salariés pointés du doigt

La mobilisation fait également suite à la mise en cause de deux salariés Tisséo. Le syndicat Sud conteste le licenciement d’une conductrice condamnée par le tribunal pour avoir percuté et tué une passante en Septembre 2016. La CGT, quant à elle, défend le conducteur de bus mis en cause dans le cas d’une agression sexuelle survenue dans son véhicule. La jeune fille de 16 ans, agressée le 9 Mars dernier par un homme éméché dans un bus de la ligne 1 a reproché au conducteur de ne pas l’avoir protégée. Jean-Michel Lattes, premier adjoint au Maire de Toulouse, a réagi à cette affaire sur Twitter en indiquant que l’attitude du chauffeur était « contraire aux formations qu’il a reçues ». La CGT assure que le conducteur a au contraire bien fait son travail en orientant la jeune fille vers un dépôt de plainte, et appelle parallèlement que soit « défini le métier de chacun ».