Baraka City accuse la police d’avoir déclenché les émeutes du Mirail

Baraka City accuse la police d’avoir déclenché les émeutes du Mirail

6788
PARTAGER
baraka city mirail
Images amateurs de l'arrestation d'une femme voilée dans le quartier du Mirail. Plusieurs nuits d'émeutes s'ensuivront.
Islam&Info et l’association « humanitaire islamique » Baraka City, présidée par Idriss Sihamedi diffusent un reportage sur l’interpellation d’une femme voilée, dans le quartier du Mirail, à Toulouse. Ce serait cette interpellation qui aurait déclenché les émeutes dans le quartier, dans la soirée du dimanche 15 avril.

Ce lundi 23 avril, la fondation qui se qualifie « humanitaire islamique », Baraka City diffuse un reportage co-réalisé avec Islam&Info, sur l’interpellation d’une femme voilée, dans le quartier du Mirail, à Toulouse. Il s’agirait de l’intervention du dimanche 15 avril qui aurait déclenché les émeutes dans ce quartier plusieurs jours d’affilés.

Le reportage décrit une situation électrique, entre agression physique et insultes. Les témoignages recueillis dans le reportage mettent en doute la version officielle communiquée par les services de police et relayée dans les médias. Ils nient également le fait que la femme (« Madame M. ») interpellée portait un niqab, comme il en était fait état dans la version de la police. Si sur la vidéo de l’arrestation, il semblerait que son visage soit apparent, elle portait bien, en tout cas, une tenue à caractère islamique. Certains éléments correspondent à la version de la police, comme la photocopie de la pièce d’identité présentée aux forces de l’ordre, en dépit de l’originale. Mais la violence présumée de l’interpellation, les éventuelles insultes, présentées dans cette vidéo divergent fortement de la version connue jusqu’alors. Jusqu’à dénoncer une bavure des forces de l’ordre. L’interpellée accuse même les policiers « de sentir l’alcool au moment de l’intervention », ainsi que d’avoir tenu des propos racistes et sexistes.

Lire aussi : Troisième soir d’émeutes dans le quartier de la Reynerie

Un reportage donc, très à charge contre les forces de l’ordre, et qui semble justifier, en filigrane, les scènes de guérilla urbaine qui ont éclaté dans le quartier le soir-même. La vidéo pointe fortement du doigt, en effet, le racisme supposé des policiers. De quoi ne pas apaiser les tensions, déjà vive dans ce quartier sensible.

La vidéo, outre ces révélations choquantes, ne donne pas la parole aux forces de l’ordre, mais uniquement à certains habitants du quartier qui assurent avoir été témoins de la scène.

Baraka City et Islam&Info c’est quoi ? 

Président de Baraka City, Idriss Sihamedi est déjà un personnage controversé. Fiché par les services de renseignements pour ses positions ambiguës sur l’État Islamique, ce musulman qui s’auto-qualifie d’orthodoxe avait suscité la polémique en janvier 2016 en refusant de condamner Daech sur un plateau de télévision: « Je suis gêné de la question« . C’est d’ailleurs à cette occasion, alors qu’il partageait l’écran avec Najat Vallaud-Belkacem, à qui il refusa de serrer la main à la ministre de l’Éducation, se justifiant d’arguments religieux.

Son association, Baraka City, entretient des liens privilégiés avec le Comité Contre l’Islamophobie en France (CCIF). Idriss Sihamedi est un militant acharné contre l’islamophobie, et à fortiori un défenseur des minorités islamiques à travers le monde. Il est en outre, très virulent à l’égard des forces de l’ordre, notamment suite à l’affaire Théo.