Le Tribunal administratif se penche sur la question du déblocage de la...

Le Tribunal administratif se penche sur la question du déblocage de la fac

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Tribunal administratif Toulouse
L’audience s’est tenue à 10h, ce jeudi 26 avril, au Tribunal administratif de Toulouse. La juge des référés a entendu l’avocat de l’UNI, qui a plaidé pour le déblocage de l’université Toulouse-II Jean Jaurès, ainsi qu’une représentante de l’université.

Cette audience fait suite au référé déposé par le syndicat étudiant UNI au tribunal administratif. A la barre, l’avocat de l’UNI, Me Guillaume Brouquières, parle au nom des quelques 30 000 étudiants pour qui « l’avenir est incertain » depuis plus de deux mois. Il a notamment évoqué les commerces et restaurants au sein du campus universitaire et aux alentours que l’absence de fréquentation étudiante a contraint de déposer le bilan. La question des examens a également été abordée. La défense de l’UNI a souligné l’absurdité de les faire se tenir hors des locaux de l’université, au Parc des Expositions, lieu privé qui aurait été loué pour l’occasion. La défense a, en outre, demandé la preuve de cette location, absente du dossier.

Parmi les nuisances rapportées du blocage, la question de sa légitimité a été soulevé, notamment par le fait qu’il était organisé par une minorité d’étudiants et du personnel, et que les AG organisées au sein des amphithéâtres n’étaient que des « simulacres de démocratie« , en témoignent les plaintes déposées pour agression. La présence d’activités en décalage avec la mission première de l’université a elle aussi été évoquée. Festivals avec événements en « non-mixité », installation permanente de personnes, souvent extérieure à l’université, présence supposée de migrants… Me Brouquières a également rappelé l’arrêté du Conseil d’Etat qui interdit aux grévistes d’occuper des locaux administratifs. L’UNI réitère donc sa requête, quant à enjoindre l’administration de l’université d’user de tout moyen, y compris de recourir aux forces publiques, afin de débloquer ses locaux et que les cours puissent reprendre normalement.

Une évacuation rendue délicate par la présence de migrants

La représentante de l’université, a quant à elle rappelé la position de M. Richard Laganier, administrateur provisoire de l’université. Ce dernier ne juge « pas opportune » l’intervention des forces de l’ordre au sein de l’université. Le site de l’université mesurant 23 hectares, il serait difficile, une fois le blocage levé, de maintenir l’ordre dans la durée. La représentante a en outre souligné la présence d’enfants dans l’Arche, qui rendrait plus délicate une intervention des forces de l’ordre.

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« Je suis plutôt satisfaite de la plaidoirie de notre avocat« , confie Marie Glinel, représentante toulousaine de l’UNI 31, à la sortie de l’audience. « [Il] a su défendre avec brio nos propositions, et qui n’a pas démérité face à une défense, à mon sens, assez médiocre, qui éludait la plupart des questions, notamment juridiques. » Elle revient sur la question des migrants et sur les moyens à mettre en oeuvre pour le déblocage. « Comme l’a rappelé Me Brouquières, évidemment, la question des migrants nous touche, nous sommes tous humains. Nous avons tout intérêt à considérer cette question. Mais l’université n’est pas le lieu qui doit accueillir de manière aussi prononcée « la misère du monde ». D’autant que je trouve assez dangereux de la part du président d’avouer que nous avons des migrants, des personnes en situation irrégulière sur son territoire. Il les met en danger devant la justice. Nous avons eu la décence de ne pas le rappeler pour ne pas les mettre en danger, justement. Il le fait. Vouloir les défendre, et ne pas vouloir que les forces de l’ordre interviennent les met en danger. D’autant que je tiens à rappeler que lorsque nous demandons toutes mesures utiles pour le rétablissement de l’ordre dans l’université, ça passe au besoin par la force publique. Le fait est qu’aujourd’hui, si la police n’intervient pas, ce sont des étudiants épuisés, excédés, des groupuscules présents à Toulouse, plutôt extrémistes comme ça a pu être le cas à Montpellier qui interviendront. Je pense sincèrement que ce serait beaucoup plus dommageable que ce soit des groupuscules ou des personnes privées qui viennent débloquer l’université violemment, plutôt que les forces de l’ordre, qui le feraient de manière propre comme ça a été le cas à Tolbiac, à Montpellier, à Nancy et j’en passe. »

L’ordonnance du Tribunal Administratif de Toulouse doit être prononcée lundi sur le dossier. « Si la décision n’est pas forcément favorable à notre demande, nous ferons soit appel, soit nous nous dirigerons vers le préfet » précise encore Marie Glinel.

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