La police charge les supporters à la sortie du Stadium

La police charge les supporters à la sortie du Stadium

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Les policiers évacuent manu militari le parvis du Stadium de Toulouse.
La fin du match entre Toulouse et Lille, comptant pour la 36e journée du championnat de Ligue 1, a été marqué par des incidents entre supporters du TFC et forces de l’ordre sur le parvis du Stadium. 

Il est 18h50 quand l’arbitre siffle la fin de la rencontre entre le Toulouse FC et Lille. Un match particulièrement décisif pour les deux formations jouant leur avenir dans l’élite professionnel. Et pour faire comprendre l’enjeu de cette rencontre, les supporters s’étaient donné rendez-vous dès 15 heures pour accueillir les violets sous les encouragements. Ne possédant que deux points d’avances sur les relégables Lille et Troyes, le TFC devait impérativement s’imposer pour aborder les deux derniers matchs avec toutes leurs cartes en main. Mais c’est bien le LOSC qui a ramené les trois points dans le Nord, en s’imposant 3-2 sur la pelouse toulousaine.

A la fin de la rencontre, plusieurs centaines de supporters du TFC se sont retrouvés sur le parvis du Stadium. Les Indians Tolosa, principal groupe d’inconditionnels ont demandé à la sécurité du club de pouvoir dialoguer avec Olivier Sadran ou Jean-François Soucasse pour obtenir des explications sur la situation du club. Aucun membre de la direction n’a daigné se présenter devant les fans.

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Du côté des joueurs, Christopher Jullien a été le premier à sortir des vestiaires. Entouré de gardes du corps, il a pris le temps de s’expliquer avec les responsables du groupe ultra toulousains. Mais c’est quand Andy Delort est sorti à son tour que l’ambiance a radicalement changé. Faisant références à ses déboires extra-sportifs, quelques supporters l’ont chahuté en entonnant « Andy Delort alcoolique ». Les policiers de la SIR (Section d’intervention rapide), sont immédiatement intervenus pour repousser tout le monde et encercler les Indians.

Après une première charge de cette « brigade anti-hooligan », une seconde s’en est suivie quelques minutes plus tard alors que la tension commençait à redescendre. D’après des témoins, c’est cette seconde charge qui aurait été la plus violente. Les membres du kop ont été chassés du parvis à coups de matraques et « de coups de poing envoyés par la police », d’après d’autres témoins. Des hommes munis de flash-balls étaient positionnés à la sortie du Stadium, sans que l’on ait à signaler leur utilisation.

Trois personnes ont été interpellés, tous membres des Indians Tolosa. Selon un troisième témoin, l’un d’entre eux aurait « été mis au sol violemment (il affichait un hématome au visage quelques instants après), menotté et emmené au poste ».

Black Bloc/supporters : deux poids, deux mesures ? 

Présente sur place, la sécurité du TFC n’est pas intervenue. A l’équipe de LesViolets.com, un fonctionnaire de la SIR a donné une explication en aparté : « Nous n’avons fait que respecter les ordres. C’est le commissaire qui a donné le top départ, car il craignait des débordements. » 

L’intervention musclée des policiers seraient donc une anticipation à d’éventuels débordements. Exactement l’inverse des justifications donnés par les pouvoirs publics pour justifier la passivité des forces de l’ordre lorsque 1200 militants Black blocs ont saccagé une partie de la ville de Paris, le 1er mai dernier. Sur les plateaux télé, les principaux responsables de la sécurité publique nous expliquaient « qu’on ne pouvait pas intervenir sans que le délit ne soit commis ». Dimanche au Stadium, c’est bien a priori, que l’intervention des forces de l’ordre a été déclenchée, alors que « l’ambiance n’était pas propice à quelconque violence ou émeute », selon plusieurs pères de famille présents sur place.