Déblocage de l’Université Jean Jaurès par les forces de l’ordre

Déblocage de l’Université Jean Jaurès par les forces de l’ordre

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L'entrée du campus de l'Université Toulouse II-Jean Jaurès, le 9 mai 2018. ©M.V / Infos-Toulouse
Suite et fin du feuilleton de la mobilisation étudiante à Toulouse? L’université de Toulouse II-Jean Jaurès a finalement été évacuée par les CRS dans la nuit du 8 au 9 mai, après plusieurs mois de blocage et d’occupation.

Depuis le 6 mars 2018, des étudiants opposés à la réforme gouvernementale d’accès à l’université bloquait et occupait les locaux de l’Université Toulouse II-Jean Jaurès. Une situation telle que la ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal avait déclaré l’université « ingouvernable » avant de la mettre sous tutelle et sous administration provisoire.

Le 23 avril, le syndicat étudiant UNI, a déposé un référé auprès du Tribunal Administratif de Toulouse afin que celui-ci statue sur une éventuelle évacuation. Après une audience qui a eu lieu trois jours plus tard, le Tribunal a finalement enjoint Richard Laganier, l’administrateur provisoire, à faire appel aux forces de l’ordre pour mettre fin aux blocages, le 2 mai.

Forces de l’ordre qui sont finalement intervenus dans la nuit du 8 au 9 mai, à 3h45, et ont procédé à l’évacuation de l’Université.

Une évacuation dans le calme

Selon Frédéric Rose, directeur de cabinet du préfet de Haute-Garonne, présent sur les lieux, « Il n’y a eu aucun incident, il n’y a pas eu de blessé » pendant l’intervention policière. Les étudiants sont sortis par groupe du bâtiment de l’Arche, encadrés par les policiers, en scandant des slogans.

Une heure après la fin de l’intervention, vers 6h, une personne identifiée comme faisant partie des étudiants évacués a été interpellée près de la gare Matabiau. Cette personne s’est violemment rebellée lors de son interpellation, au point qu’une grenade de désencerclement s’est accidentellement enclenchée, blessant la personne et deux policiers.

Un rassemblement a par ailleurs été prévu pour 12h30 à la gare Matabiau par les étudiants grévistes afin d’y tenir une Assemblée Générale. Suite à une autre intervention policière à la gare, l’Assemblée Générale s’est finalement tenue sur la place du Capitole. L’occupation d’un site d’Airbus y a été décidé. Un autre rassemblement est également prévu à 18h, devant la préfecture.

400 000 euros de dégradations

L’administrateur Richard Laganier a ainsi pu effectuer une première inspection des lieux, dont les dégradations sont estimées à 400 000 euros. Nombreux tags, portes en verre brisées, matelas dans l’amphithéâtre… dans des locaux qui venaient d’être rénovés. « La situation est alarmante, on va fermer [l’amphithéâtre, ndlr] jusqu’à nouvel ordre, ça va prendre du temps, il y a des chances qu’il soit fermé jusqu’en septembre » a déclaré Richard Laganier en aparté. Il a annoncé un dépôt de plainte pour dégradations et la fermeture administrative de l’université « pour quelques jours, de manière à pouvoir reprendre dans le calme« .

La sécurité devrait être renforcée sur le campus pour éviter un nouveau blocage. Les examens devraient également débuter le 11 juin à l’université, même si une délocalisation n’est pas exclue.

Mathieu Vergez