Eurovision : des bons sentiments avec du miel dedans

Eurovision : des bons sentiments avec du miel dedans

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eurovision
Capture d'écran du clip de Madame Monsieur, "Mercy".
Samedi 12 mai au soir s’est tenu à Lisbonne la 63e édition du concours Eurovision de la chanson. Un concours qui s’est avéré, les années précédentes, un concentré lénifiant de bons sentiments et de propagande progressiste.

Cette année rien ne change. Le concours Eurovision de la Chanson a encore été écœurant. Et dire que ce radio-crochet, à la base, était autrefois l’occasion de découvrir la musique populaire de nos voisins, leurs cultures musicales traditionnelles respectives. Mais ça c’était avant. Aujourd’hui, ils deviennent rares, ceux qui chantent encore dans leur langue maternelle. Si bien que, depuis 1999, les vainqueurs du concours chantaient tous, à deux ou trois exceptions près, en anglais. Tout est lissé, formaté, pour ne plus produire finalement que de la « culture » mondialisée, globalisée… De la culture Mc Donalds en somme, soit de la musique réduite à sa pure dimension fonctionnelle : remuer le derrière sur un tempo qui fait « boum-boum » (le burger), avec une mélodie pas trop inventive (le soda), et des paroles en anglobish tellement creuses que tout le monde peut les comprendre (« I’m not your toy, you stupid boy« , les frites). Une vraie tour de Babel en somme, l’Eurovision ! On sait comment se termine l’histoire de la tour de Babel… Ah, qu’il est loin le temps de Marie Myriam…

Bon, ne soyons pas trop mauvaise langue, on a eu droit à Lordi en 2006, un groupe de hard rock finlandais qui sortait du lot malgré des paroles (encore) en anglais.

Mais ce qui saute le plus aux yeux depuis quelques années avec ce concours, c’est son côté politico-lénifiant. Le glissement sémantique du concours, de la diversité européenne vers la mondialisation culturelle a été le même que celui de l’Union Européenne, passant de l’Europe des Nations a cet espèce de « machin » supranational, cheval de Troie du mondialisme, destiné à faire du vieux continent la chasse gardée des États-Unis. L’exemple le plus criant de ce phénomène a été la nomination de Thomas Neuwirth, alias Conchita Wurst (« Conchita Saucisse » en allemand), où l’Europe progressiste s’est auto-congratulée de sa largesse d’esprit d’avoir fait gagner une femme à barbe. Quelle ouverture d’esprit, c’est beau ! Une victoire qui ne doit plus nous faire douter que les lobbys LGBT européens ont bel et bien pignon sur rue dans tous les événements culturo-mondains du vieux continent.

Mais l’Eurovision n’est pas seulement la vitrine de l’idéologie LGBT, le concours transporte aussi tout le bagage euro-mondialiste. C’est ainsi qu’en 2016, c’est l’Ukrainienne Jamala qui l’emporte, avec une chanson en hommage à son arrière-grand-mère, Tatare de Crimée déportée en 1944 par l’Union soviétique… Une chanson qui, selon le propre aveu de l’artiste, est inspirée de l’annexion de la Crimée à la Russie en 2014. Un épisode politique que l’Union européenne a très mal vécu, secouée qu’elle est de sentiments antirusses depuis des années. Une manière de nous arracher les larmes en usant des morts d’hier…

La France aussi voulait sa médaille de bien-pensance

C’est dans cette même logique de sentiments mielleux qu’ont été sélectionnés Madame Monsieur, le duo d’Emilie Satt (fille de la vice-présidente du département des Alpes-Maritime, Anne Sattonet) et Jean-Karl Lucas. Leur spot de propagande, enfin plutôt leur chanson, Mercy, est l’histoire d’une petite fille nigérienne qui naît à bord de l’Aquarius, un bateau humanitaire qui aide les migrants à traverser la Méditerranée. Une belle chanson avec des paillettes pour bien nous faire comprendre que les migrants fuient la guerre, la misère, et que rejoindre l’Europe est pour eux une question de vie ou de mort. Que ce serait vraiment inhumain de ne pas les laisser entrer chez nous. Le tout enrobé dans une musique qui ne fait aucune vague, de la soupe bien calibrée pour le grand public… On pourrait se réjouir que le texte, pour une fois, soit en français, mais qu’on ne s’y trompe pas : c’est uniquement pour que le message passe mieux.

Avec une telle chanson, porteuse d’un message allant tellement à l’encontre de l’intérêt national, on hésite franchement à être chauvin au point de soutenir son pays à ce concours (si tant est que l’on s’inflige ce spectacle). Un spectacle avec des moyens, du gros budget, des lumières, du maquillage… Une merveille d’entertainment à des années-lumières de la réalité décrite dans la chanson, mais c’est le propre du bobo, de parler sur un ton moralisateur de ce qu’il ne voit pas. D’ailleurs, la chanson met la focale sur une petite fille, ce qui est finalement très loin d’être représentatif de la réalité migratoire, essentiellement composée de troupes de jeunes hommes célibataires…

#NonMercy

Cette chanson a d’ailleurs fait réagir un certain nombre d’internautes, notamment sur Twitter, avec le #NonMercy. Encore des râleurs sans cœur et jamais contents.

Pas de bol, le soir du 12 mai 2018, date de diffusion de la finale de l’Eurovision, était aussi la date choisie par un jeune fiché S d’origine tchétchène pour commettre une attaque au couteau en plein Paris, laissant derrière lui un mort et quatre blessés. Ce n’était visiblement pas le bon soir pour appuyer un message en faveur de l’immigration (le terroriste avait été naturalisé Français en 2010), ce que n’ont pas manqué de souligner certains cadres du Front National.

On aura beau se cacher les yeux, le lien entre immigration, délinquance et terrorisme devient évident pour tout le monde. En cas de référendum sur l’immigration massive, le peuple serait plus enclin à voter « non mercy », comme dirait Julien Sanchez. Un parallèle qui visiblement ne plaît pas à tout le monde. Rien ne fait plus mal à entendre que la vérité, et le bobo n’aime pas qu’on lui rappelle la réalité qui se cache derrière ses discours plein de miel.

Bah quoi, on nous propose un peu plus d’immigration à l’Eurovision, on répond juste « non mercy », c’est plutôt poli comme réponse, non?

Madame Monsieur, en retard d’un wagon

Tout ce tintamarre autour de Mercy aura finalement été vain. Madame Monsieur sera classé 13e sur le podium. Comme si ce mauvais calendrier, ce mauvais alignement des astres qui a fait qu’une attaque survienne au même moment à Paris, était un signe du destin. La première place a, quant à elle, été attribuée à l’Israélienne Netta pour sa chanson Toy, inspirée… du mouvement #MeToo.

Bah oui, Madame Monsieur, vous êtes en retard d’un wagon! Les migrants, le petit Aylan, la Méditerranée, c’est beaucoup trop 2015! #MeToo, voilà une cause plus actuelle, pour cette époque de l’instantanéité! Voilà ce que vous auriez dû faire pour faire pleurer dans les chaumières de ceux qui ont le cœur comme un fil d’actualité Twitter!

Bon après, c’est un conseil que je donne, vous le prenez ou pas, hein, mais si vous voulez cartonner à l’Eurovision, vous savez ce qui vous reste à faire.

Mathieu Vergez.


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