Trois mois ferme pour avoir refusé d’enlever son niqab

Trois mois ferme pour avoir refusé d’enlever son niqab

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niqab
Capture d'écran du reportage de France 3.
La femme qui avait refusé de retirer son niqab lors d’un contrôle d’identité qui aurait déclenché une série de violence urbaine dans le quartier du Mirail, vient d’être condamnée, jeudi 17 mai, à 6 mois de prison dont 3 mois fermes. Elle fait appel de cette décision.

Dimanche 15 avril, à la veille des émeutes qui ont secoué le quartier du Mirail durant 4 jours, une femme, vêtue d’un niqab, est contrôlée par la police sur une place du quartier Bellefontaine, alors qu’elle utilise des agrès de sport en plein air. Les policiers lui auraient demandé de dévoiler son visage et de présenter une pièce d’identité. Celle-ci n’aurait présenté qu’une photocopie en mauvais état, et refusé de dévoiler son visage. L’intervention, filmée par des badauds, se fait alors plus mouvementée. La femme se rebelle contre les policiers. Les riverains, qui commencent à s’approcher de la scène, sont éloignés par les policiers qui usent de bombes lacrymogènes. La femme, plaquée au sol et menottée, est ensuite placée en garde à vue.

Bien que n’ayant peu de lien, selon des sources policières, les faits sont suivis, quelques heures plus tard, par des émeutes qui séviront dans le quartier durant quatre jours.

Une semaine plus tard, l’association Baraka City accuse une bavure policière en faisant témoigner anonymement la jeune femme dans un reportage, où celle-ci est nommée « Madame M. ».

« Madame M. » fait appel de la décision des magistrats

La femme de 37 ans comparaissait ce jeudi 17 mai au Tribunal correctionnel de Toulouse. Elle était poursuivie pour outrage, rébellion et menace de mort envers les policiers. Le procureur de la République a requis, lors de l’audience, une peine de 6 mois de prison dont 2 fermes. Les magistrats ont cependant prononcés une peine plus lourde: 6 mois de prisons dont 3 fermes, accompagné d’une amende de 100 euros et de 500 euros de dommages et intérêts aux deux policiers parties civiles.

La prévenue a d’ores et déjà décidé de faire appel de cette décision. L’avocat de « Madame M. », Me Samim Bolaky (qui est également l’avocat de l’association Baraka City) se dit « extrêmement en colère de cette décision« . « Nous avions fait une demande d’information supplémentaire qui a été rejetée. Car des éléments ne sont pas dans l’enquête, il y a des vidéos claires qui montrent qu’elle a été tirée par les pieds« , abonde-t-il au journal 20 Minutes.

Reportage de France 3 Occitanie :